La Politique
Environnementale
Bilan 2009
La propreté, une priorité renforcée
Le développement durable s'applique à toutes les opérations de maintenance du MIN de Rungis : valorisation des déchets, économies d'énergies, traitement des eaux... Pour le plus grand marché de produits alimentaires frais au monde, la propreté est de loin l'enjeu le plus crucial.
Depuis les Halles de Paris, il était de tradition dans les marchés de gros de jeter tout bonnement les déchets sur la chaussée. En 2008, 15 000 tonnes de déchets ont encore été ramassées au sol, soit près d'un des déchets générés par l'activité du MIN. C'est ainsi qu'avec dix millions d'euros par an, la propreté constitue le premier poste de dépenses de la SEMMARIS, une nécessité absolue pour la capitale mondiale du frais ! Après consultations, trois prestataires ont été choisis en avril 2009 pour mener à bien les trois grandes opérations de propreté inhérentes à l'activité d'un marché comme Rungis : le nettoyage intérieur des bâtiments, le nettoiement extérieur du site, la collecte et le recyclage des déchets.
Des déchets de mieux en mieux traités
Ce dernier axe est devenu prioritaire avec la mise à disposition de bacs spécifiques pour le tri et la valorisation. Cette containérisation a été renforcée par la distribution de 1 600 bacs roulants suivant deux couleurs : vert pour les déchets valorisables, gris pour ceux destinés à l'incinération. Ils doivent être destinés à la quinzaine de compacteurs collectifs répartis sur l'ensemble du site dans des locaux appropriés et dont les horaires d'ouverture ont été étendus. Parallèlement, une nouvelle déchèterie a été ouverte au mois de septembre 2009 dans le prolongement du point E (le centre de recyclage des emballages) : elle peut recevoir les produits en polystyrène, les déchets végétaux ou le petit mobilier de bureau ainsi que les archives papier...
La valorisation concerne déà plus des trois quarts des déchets engendrés par l’activité du Marché. Qu'il s'agisse de carton ou de bois par exemple, 60 % des déchets apportés au Point E font l'objet d'une valorisation matière, c'est-à-dire d’un recyclage. Le reste est valorisé, soit de façon énergétique par l'usine d'incinération implantée sur le MIN, soit en compost. Le centre de Claye-Souilly a ainsi reçu 9 000 tonnes de fruits et légumes non commercialisables en 2009, contre un peu moins de 7 400 tonnes en 2008.
Mais, les déchets ne sont pas le seul enjeu environnemental auquel doive faire face le Marché de Rungis. Ainsi, le contrôle des rejets d’eaux usées est devenu une obligation. 35 conventions de rejet ont été rédigées avec les établissements dont l’activité a un fort potentiel de risque polluant, les obligeant à respecter les normes et les obligations de contrôle régulier. Cette mesure se poursuivra en 2010. De plus, mise en place en 2007, la collecte des huiles alimentaires touche 80 % du marché et atteindra les 100 % en 2010.
Le Service Hivernal comprend un plan Neige et verglas qui définit, parmi les 232 hectares du MIN, deux circuits prioritaires représentant 60 kilomètres de voirie. Grâce à un suivi météo réalisé trois fois par jour, un épandage de saumure contenant 21 % de sel (à la fois plus efficace et plus respectueux de l'environnement) peut y être effectué de manière préventive. Ce dispositif est renforcé par la mise à disposition aux usagers de 80 bacs à sels répartis sur le MIN permettant à chacun de faire des traitements d'appoint si nécessaire...
Des économies d'énergie
Autre enjeu : l'énergie. Cette année, la modernisation de certains postes électriques a été réalisée dans le cadre de renouvellement des installations, notamment deux postes à haute tension et un groupe électrogène. A noter que ce remplacement progressif des équipements - ceux qui remontent à l'origine du Marché le sont désormais quasiment intégralement - s'effectue également dans le but de les harmoniser dans un souci de fiabilité et d’efficacité de maintenance. Par ailleurs, des nouvelles actions d'économies énergétiques sont à l'étude afin notamment de réduire le poste éclairage qui représente le tiers de la consommation électrique du Marché.
Outre l'électricité, le MIN est par nature un site consommateur de chaleur et de froid. Des études de faisabilité ont été réalisées en 2009 pour améliorer les conditions de fonctionnement des installations frigorifiques. Leur consommation énergétique pourrait en effet être diminuée par une optimisation des plages horaires en corrélation avec l'activité réelle des opérateurs et la mise en adéquation des puissances installées par rapport aux besoins réels.
Par ailleurs, 30 % des installations de froid fonctionnant au fluide frigorigène « R22 » ont été rénovés ou remplacés en 2009 dans le cadre de l’évolution des réglementations environnementales (protocoles de Montréal et de Kyoto). La part des installations traitées sera portée à 70 % en 2010.
Côté chaleur, le réseau de distribution s’étend sur 60 kilomètres de tuyauterie dont le remplacement s'effectue progressivement, afin de fiabiliser l’installation en limitant les risques de fuites. Parallèlement, la SEMMARIS a procédé au remplacement du système d'adoucissement d’eau de la chaufferie, permettant de garantir la pérennité de l’installation.
Favoriser la lutte contre l'incendie
Enfin, l'intégralité du site est également soumise à des impératifs de sécurité, au premier rang desquels la prévention et la lutte contre l'incendie. Le dispositif de détection incendie a été optimisé, permettant de réduire considérablement les interventions dont le nombre est passé de 1 153 en 2005 à 586 en 2009. Outre l'interdiction de fumer dans les bâtiments qui permet de réduire leur encrassement, les 6 500 têtes de détection ont été intégralement reconditionnées à la fin de l'année, leur emplacement a éventuellement été amélioré et leur maintenance est désormais permanente sur le site, grâce à une personne dédiée. Au final, la diminution des alertes non justifiées rend les installations de détection incendie beaucoup plus performantes.