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Enquêtes Rungis Actualités

La manutention : Un marché porteur

La manutention reste un marché dont le développement est fortement lié à l’innovation technologique car les constructeurs se doivent de répondre aux besoins des utilisateurs et aux nouveaux défis logistiques. Les grandes évolutions portent notamment sur l’ergonomie et la sécurité afin de favoriser une meilleure productivité...

Au cours de l’année 2007, le marché de la manutention est resté attractif, indépendamment d’une conjoncture économique peu favorable.

Un marché en hausse…

Le marché reste lié au renouvellement des parcs et à l’augmentation des ventes destinées à la location, soit près de 60% du secteur. Dans ce marché en hausse, le service tient une place de plus en plus grande et le full service est devenu un classique. L’évolution des engins de manutention porte davantage sur l’ergonomie et la sécurité, sans oublier une forte tendance pour l’électronique embarquée. Concernant les systèmes de charges isolées, le marché a beaucoup augmenté en 2007. L’automatisation s’accroît en France et de gros efforts ont été réalisés concernant le développement durable, notamment pour le recyclage des accessoires en fin de vie (batteries, pneus...). Trois secteurs ont progressé au cours du dernier exercice : les chariots (+10%), les appareils de levage (+5%), les systèmes (+15%). A l’inverse, un secteur a régressé : les rayonnages (-5%).

La production de la manutention s’est élevée en 2006 à 3,4 Md€ et ce sont les chariots et le levage industriel qui ont le plus contribué à l’embellie. Pour leur part, les chariots frontaux électriques ont progressé de 15,5%. Par ailleurs, l’activité services a connu une évolution comprise entre 3 et 6% et entre 4 et 12% pour l’activité pièces détachées. Les exportations de matériels de manutention ont fortement progressé, en particulier dans l’UE. Les chariots n’ont enregistré qu’une faible performance (+7,6%) comparés au levage et aux systèmes (33 et 31%). En termes de chiffres d’affaires, les thermiques ont participé à la croissance alors que les électriques ont marqué un léger recul. Au sein de l’UE, le marché français se situe en deuxième position (19% du marché) derrière l’Allemagne, principal partenaire économique (23% du marché). En 2007, les ventes de chariots neufs ont atteint un niveau record avec 60 000 unités vendues (+7% pour les électriques, +10% pour les industriels).

Des évolutions constantes…

Le marché de l’occasion se porte également très bien. Il se justifie surtout dans des entreprises de moins de cinq ans d’existence qui ont besoin de démarrer leur activité ou pour qui la manutention n’est pas le cœur de métier. Par ailleurs, la parité euro/dollar permet de commercialiser sur des pays de la zone dollar des matériels d’occasion relativement récents, entrainant un renouvellement plus rapide du parc. Une tendance se dégage fortement, à savoir la prévention et la sécurité, au travers de la visibilité, l’accessibilité du matériel, le respect du confort de l’utilisateur. La manutention connaît des évolutions techniques et technologiques dictées par le développement de l’activité, la réglementation, la sécurité et le développement durable (près de 70% des entreprises en tiennent compte).

Parmi ces évolutions, on peut citer les chariots automatiques, l’aide à la conduite, la motorisation à hydrogène, les piles à combustibles, la gestion des parcs de chariots à distance. Dans les trois ans à venir, 28% d’entre elles acquerront des machines et des équipements éco-conçus. Aujourd’hui, 40% des utilisateurs et acheteurs ont signé un contrat de location longue durée dans lequel le recyclage est inclus et assuré par le fournisseur. La location longue durée représente plus de 50% des chariots neufs, mais à peine 30% du parc existant. L’évolution la plus flagrante est sans doute l’hypothèse de la disparition du cariste pour certaines applications définies. Par exemple, un système de navigation automatique rendra la présence du cariste inutile, ou encore des systèmes d’assistance guideront le cariste dont le rôle se réduira à appuyer sur un bouton.

Chez les constructeurs…

Dans ce marché fortement concurrentiel, les constructeurs innovent et proposent des modèles toujours plus perfectionnés. Voici une liste non exhaustive de leurs dernières nouveautés… Aprolis commercialise des chariots élévateurs électriques à mâts rétractables de la série « RB-N » de différentes capacités : 1400kg, 1600kg, 2000kg, 2500kg. Ils sont équipés d’un système de réduction de la vitesse automatique et progressif et d’un mât à large vision. Atlet a lancé un chariot à mât rétractable, le Forte (UNS Tergo), disponible en trois capacités (1400kg, 1600kg, 2000kg), plus silencieux, plus robuste, équipé d’un ordinateur de bord et du système « S3 » permettant de contrôler la vitesse et l’accélération de l’engin… BT France propose le SWE080L, un transpalette-gerbeur électrique (capacité 1600kg ou 2000kg), polyvalent et ergonomique (prix de l’Innovation Préventica 2008). Avec son mât poutre intégré au châssis et ses bras-supports «élevables », il est transpalette ou gerbeur ou préparateur de commandes. BT lance également le « Cargo E4 », chariot frontal électrique équipé du « BT Safetronix » pour une sécurité maximale et du CBM (gestion des caractéristiques de l’engin)… Fenwick Linde dispose d’une nouvelle gamme de chariots électriques (E12, E14, E15, E16, .E18, E20) équipés de la transmission « tout en un » (tous les composants regroupés sur l’axe de traction), d’un chargeur embarqué haute fréquence, d’un indicateur de décharge de batterie, d’un changeur de batterie universel, d’un FDA (Fenwick driver assistant), d’une motorisation asynchrone… Hyster présente le K1.0M, un nouveau préparateur électrique de commandes (capacité de 1000kg, 3 modèles de châssis) à hautes levées, pour assurer le « picking » sur bas, moyens et hauts niveaux. Toutes les motorisations sont en courant alternatif avec récupération d’énergie sur la fonction descente. Hyundaï développe une gamme de six élévateurs à fourche Dash-7 alimentés par des batteries CA : trois modèles à quatre roues (16,18, 20B-7, de 1,6t, 1,8t et 2,0t de capacité) et trois modèles à trois roues (15, 18, 20BT-7, de 1,5t, 1,8t, 2,0t de capacité). Les qualités des moteurs CA sont : contrôle supérieur, conduite plus douce, meilleur rendement énergétique, meilleures capacités de freinage… Jungheinrich commercialise l’ERE 225, un nouveau transpalette à timon électrique et plateforme de travail fixe. Doté de la technologie asynchrone triphasée, il possède une capacité de 2500kg et peut atteindre 12,5 km/h. La plateforme et l’engin entier sont protégés des vibrations et des chocs par le système « Shockprotect ». Avec son timon électrique, les mouvements de direction sont transmis rapidement et en toute sécurité. LOC propose trois nouveaux préparateurs de commandes confortables : le C20 (2000kg), le C10LC (1000kg) avec une levée complémentaire de 800mm pour la préparation de commandes au premier niveau et le C12 PF (1200kg) porte à faux.

Nissan a conçu une gamme de chariots électriques à trois roues de sept modèles différents : 2 modèles compacts TX13C (capacité 1250kg) et TX15c (1500kg) ; 2 modèles standards TX15 (1500kg) et TX18 (1750kg) ; 3 modèles hautes performances TX16L (1600kg), TX18L (1800kg), TX20L (2000kg). Still a mis sur le marché un transpalette électrique, le EXU-H, conciliant productivité et santé. Lors de la mise en rayon, l’opérateur n’a pas à soulever la charge grâce à une levée auxiliaire de 800mm. De plus, il sert de table de travail. Le FV-X, nouveau gerbeur à conducteur assis (capacité 1600kg) adaptable à la morphologie de celui-ci, compact, polyvalent et maniable, permet de travailler en allées étroites. Toyota a lancé une nouvelle gamme de chariots élévateurs (TRAIGO). Ces 3 roues électriques 24V, disponibles en version 1t, 1.25t et 1.5t, sont plus compacts pour évoluer en allées étroites et zones exiguës. La hauteur de levage atteint 6,50m. Ils sont équipés des dernières technologies Toyota : SAS (système actif de stabilité), OTC (confort total de l’opérateur), système électrique AC2, communication par Can Bus. Yale distribue plusieurs modèles de transpalettes dont le MP20XV, à moteur électrique (courant alternatif) d’une capacité de 2000kg, à freinage électromagnétique. Existe aussi en version plateforme fixe dorsale. (source : CISMA, BG Presse, Manutention Equipements et Systèmes)
Francis Duriez

Quelques réactions de professionnels

Bernard Dannemard
(Gérant de la société Rungis Technologies - Rungis)

« Notre activité concerne la vente, la location et l’entretien d’engins de manutention et notre parc compte un peu plus de 100 machines toutes électriques : chariots élévateurs, transpalettes, tracteurs… Nos matériels sont remis en état deux fois par an. Le chariot élévateur frontal est majoritaire, mais le transpalette électrique (autoporté ou en conducteur accompagnant) progresse. Notre service de maintenance ouvert de 22h à 16h, permet de dépanner un client en moins d’une demi-heure et à 2h du matin, nous sommes les seuls à le faire. En 2007, nous avons créé une activité de régénération de batteries, Accu Régénération (tél. 01 41 80 18 50) avec des prix très attractifs (40% du neuf). Il faut savoir qu’il y a environ 1700 engins électriques (chariots et transpalettes) sur le Marché de Rungis, sans compter un très grand nombre de transpalettes manuels… La location constitue désormais le gros du marché car il y a une plus grande souplesse d’utilisation et des coûts connus. Aujourd’hui, elle représente 75% du chiffre d’affaires des constructeurs. Si Toyota est leader européen et mondial, Fenwick est leader français et représente 60% des engins du Marché de Rungis. Globalement, la manutention reste un marché stable et porteur… ».

Didier Galliot
(Directeur logistique du groupe AFL - Rungis)

« Notre groupe est leader en Ile de France sur le secteur des fruits et légumes. Nous traitons plus de 70 000 tonnes/an de fruits et légumes à Rungis et 30 000 tonnes/an à Mantes-La-Jolie. Pour notre activité, nous disposons de 70 engins de manutention électriques (chariots élévateurs, préparateurs de commandes, transpalettes) sur l’ensemble des sites dont l’utilisation nécessite quelque 120 employés car nos engins tournent 24H/24. Le préparateur de commandes autoporté à simple ou double fourche est l’engin le plus employé et correspond le mieux à nos besoins. Nous avons opté pour la location full service qui nous assure un entretien régulier, un renouvellement triennal des matériels et permet de bénéficier des nouvelles technologies. Nous avons également un bon nombre de chariots à mâts rétractables pour nos opérations de « racking ». Afin d’optimiser la qualité et le volume de nos flux logistiques, nous allons intégrer prochainement le WMS (Warehouse Management System) qui utilise des fonctionnalités (radio fréquence) en reconnaissance vocale et libère l’opérateur d’un certain nombre de contraintes : gain de temps, suppression des documents papier, etc.».

Patrick Lebourg
(Secrétaire général du pôle économique du CISMA)

« L’année 2007 a connu une forte croissance, notamment pour les chariots magasiniers. Cette hausse s’explique par le renouvellement du parc des années 2000 et 2001 qui connurent « un plus haut » important. Par ailleurs, cette hausse est également liée au développement des plateformes logistiques en France, en raison d’une plus grande externalisation des fonctions de manutention d’un certain nombre d’entreprises. De fait, le nombre des chariots s’est accru ainsi que leur diversification. >Le secteur de la manutention reste fortement porté par les innovations technologiques et sa grande polyvalence. Selon les experts, les besoins en matériels de manutention vont s’accroître dans le monde, en raison du développement du commerce mondial et du fait que les lieux de production sont de plus en plus éloignés des lieux de consommation. Enfin, il faut souligner le développement du marché du service chez les constructeurs (full service, location longue ou courte durée, pièces détachées, entretien…).

Philippe Loubière
(Directeur inter-régional de l’AFT-IFTIM)

« Sur le site de Rungis, nous formons 3700 personnes/an aux métiers du transport, de la manutention et de la logistique. Il s’agit de formations longues et courtes. Ainsi, ce sont 2500 conducteurs de chariots ou caristes qui sont formés chez nous, sur des engins électriques et thermiques. Pour conduire un engin de manutention, il faut avoir un CACES (certificat d’aptitude à la conduite des engins en sécurité) correspondant au type d’engin à piloter et à renouveler tous les cinq ans… Le métier de cariste est toujours recherché et la demande permanente de la part des entreprises. D’ailleurs, je rappelle aux entreprises du Marché de Rungis que nous avons mis en place des modules et des actions de formation débutant très tôt le matin et qui leur sont dédiés… Le cariste est de plus en plus confronté aux nouvelles technologies inhérentes au développement de la manutention car c’est un monde qui s’ouvre et qui devient de plus en plus « intelligent ». Les trois grands axes de développement de la manutention sont la sécurité, l’ergonomie et le respect de l’environnement. Ce dernier axe est très prisé chez les constructeurs… ».

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