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Enquêtes Rungis Actualités

Véhicules Utilitaires Légers le marché prend de la vitesse

Les véhicules utilitaires légers tiennent une place essentielle et toujours plus importante dans le transport des marchandises. Les constructeurs français et étrangers rivalisent sur ce marché en proposant des modèles plus fonctionnels et de mieux en mieux adaptés aux besoins des différentes catégories d’utilisateurs professionnels.

Le marché du véhicule utilitaire léger (VUL) se porte bien. Après trois années successives de progression, les immatriculations françaises ne cessent d’augmenter, pour dépasser les 440 000 ventes en 2006 (+4,8%). Un record qui s’explique par une économie relativement performante et en pleine transformation. La hausse des ventes de fourgons s’apprécie grâce au développement des échanges commerciaux et des livraisons rapides et par l’élargissement des gammes et une meilleure adaptation au marché. Cependant, toute augmentation du marché entraîne un accroissement de la concurrence. Si les constructeurs étrangers ont gagné des parts sur le marché français (31,5% en 2006 contre 29,3% en 2005), les marques nationales représentent encore près de 70% des immatriculations, mais en retrait sensible (-12%) par rapport au début des années 80. Quant à l’année 2007, elle a démarré sur les chapeaux de roues avec 77 900 immatriculations au cours des deux premiers mois (+5,7%). En termes d’immatriculations de VUL, la France reste leader en Europe (le taux de croissance des ventes de VUL en Europe a dépassé les 60% au cours des dix dernières années). A la fin de cette année, le parc français (15% du parc total roulant) devrait dépasser les 450 000 unités, grâce à l’arrivée de nouvelles versions de motorisations, mieux adaptées aux nouvelles normes européennes anti-pollution Euro 4. En termes de sécurité et de communication, les dernières technologies (géolocalisation GPS et SIE) sont de plus en plus utilisées par les professionnels pour les livraisons, avec suivi et traçabilité de la chaîne du froid pour l’agroalimentaire.

Des véhicules adaptés

Le VUL est un véhicule à moteur dont le poids total en charge (PTAC) autorisé est égal ou inférieur à 3,5 tonnes. Il est employé par les professionnels du secteur de l’alimentation, notamment pour son faible encombrement et son aptitude aux déplacements urbains, dans les villes à forte densité automobile et à stationnement réduit. Ces véhicules sont utilisés pour des trajets relativement fréquents, de durées et de distances courtes, ainsi que pour des volumes relativement réduits. Plus des deux tiers des VUL sont destinés à un usage professionnel (dont 17% par le commerce de détail). Utilisés par des entreprises individuelles (30%), des sociétés (60%) et des administrations et associations (10%), la moyenne parcourue par ces véhicules est de 16 000 km/an. Sur l’ensemble des volumes transportés, seulement 27% représentent des transports professionnels de marchandises.

Choix des équipements

Le choix d’un VUL se détermine selon plusieurs critères, à savoir : la sécurité (27%), la spécificité du véhicule (24%), son coût d’utilisation, la marque (11%), le carburant (10%), l’équipement (5%), la puissance fiscale (3%)… En ce qui concerne les avancées technologiques, l’utilisateur d’un VUL recherche d’abord la sécurité (75%), le confort de conduite (53%), puis les équipements de communication (42%) dont les GPS, téléphone, ordinateur embarqué… et les appareils antivol (40%). En matière d’équipements, les acheteurs de VUL sollicitent en priorité les airbags (65%), le système de contrôle de stabilité du véhicule ESP (56%) et le système de navigation embarquée GPS (38%), le régulateur de vitesse (37%), le système électronique d’alerte des distances de sécurité (36%), de franchissement de ligne blanche (33%), le témoin de surcharge du VUL (33%) et la boîte automatique (29%). On note une grande disparité entre les équipements des véhicules de société et les VUL. C’est le cas pour l’ABS (système antiblocage de freinage, en série sur les véhicules de société pour 85%, contre 38% sur les VUL), l’airbag conducteur (97% contre 66%) et l’airbag passager (98% contre 6%). Il en est de même pour la climatisation (à l’exception des formules « pack clim »), trop souvent proposée en option sur les VUL et parfois même inexistante.

Des technologies nouvelles

En raison des contraintes nombreuses liées au transport des produits alimentaires, l’introduction de l’électronique et de l’informatique dans les nouveaux modèles de VUL a permis de répondre aux exigences du commerçant (détaillant, restaurateur…) comme l’amélioration du rendement du coût kilométrique, le gain de temps et l’optimisation de la productivité dans le cadre des livraisons… En matière de transport de denrées alimentaires périssables, les VUL doivent être équipés de façon à les protéger contre des sources potentielles de contamination qui pourraient altérer leur qualité. Le professionnel doit être très attentif au respect de la chaîne du froid. Pour ce faire, il peut utiliser un VUL frigorifique réglementairement équipé pour le transport sous température dirigée et se conformer à l’arrêté du 20 juillet 1998 (abrogé par l’arrêté du 21 janvier 2005). Il doit s’équiper de matériels de froid (housses et bacs isothermes, plaques eutectiques…) si le VUL n’est pas isotherme.
Enfin, l’acquisition d’un VUL reste soumise aux capacités financières du professionnel qui doit juger de la formule (achat ou location, achat comptant ou achat à crédit, location longue durée ou leasing…) la mieux adaptée à ses besoins et au meilleur coût. (source : CCFA, OVE, SEVE) .
Francis Duriez

Quelques réactions de professionnels…

Tony Gomes
(p-dg de la société Daumesnil Primeurs à Rungis)

« Pour nos besoins de livraison, nos utilisons une douzaine de VUL (-3,5t) que nous louons. Ce sont des engins équipés d’un système de géo-localisation et du froid positif. Ils nous conviennent parfaitement pour réaliser une grande partie de nos tournées, notamment dans Paris intramuros où la circulation est devenue terriblement difficile. Ces engins sont très confortables, de mieux en mieux équipés, bien étudiés, avec une conduite très souple. Pour nous, le VUL est le bon modèle… ».

Pierre Quintin
(président de la société Quintin SAS à Rungis)

« Nous assurons la fourniture de produits alimentaires aux collectivités d’enfants de la région parisienne et pour cela, nous disposons d’une flotte de 10 VUL de 3,5t classe C de dernière génération et d’un véhicule plus petit de dépannage et d’intervention rapide.
Nous les utilisons en froid positif ou en froid négatif selon les tournées et les produits à livrer. Nous avons choisi des VUL pour des raisons de rapidité, d’efficacité et de commodités de livraison dans les petites rues où il est interdit de passer avec un poids lourd. Nous préférons atomiser nos livraisons pour être plus réactif et répondre au mieux aux cahiers des charges, en optimisant les tournées. Pour cela, nous utilisons un logiciel, Magellan, qui nous fabrique nos tournées (A pour B) en fonction des contraintes relatives aux clients. Nos véhicules sont équipés de la géo-localisation et de la prise de température toutes les 2 minutes et transmise par GPRS pour une traçabilité du froid parfaite. Nous passons par un loueur professionnel qui est un gage de sécurité technique et financière. Pour notre métier, le VUL est l’outil idéal… ».

François Pasteau
(restaurateur à Paris)

« Pour faire mes achats à Rungis, je dispose d’un VUL (-3,5t) de format cubique, non isotherme, avec une grande capacité de chargement (7m3). J’y place mes caisses isothermes de produits frais, équipées de plaques eutectiques pour une conservation à la bonne température. Auparavant, j’avais un véhicule isotherme mais on perd de la place et quand on l’ouvre, les produits frais sont en contact direct avec la chaleur. Etant aux dimensions idéales, il me permet de passer partout. J’en suis d’autant plus satisfait qu’il n’est jamais tombé en panne depuis cinq ans. Il est très fiable et tient vraiment la route… ».

Joaquim Marques
(détaillant fruitier à Paris)

« Pour mes besoins professionnels, j’utilise un petit VUL (-3,5t) de 4 m3 de capacité. Sa hauteur inférieure à 1,80m est particulièrement pratique quand il faut livrer dans des immeubles dont les portes de parking font à peine 1,90m. D’autre part, je peux y charger des europalettes. J’en suis très satisfait et c’est le modèle qui me convient le mieux : maniable, pratique, assez court, ni très haut ni très large… Le VUL est le format le mieux adapté aux métiers de bouche et surtout aux livraisons dans Paris. C’est un modèle en conformité avec mes besoins… »

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