
" La force de Rungis est de répondre aux demandes les plus spécifiques..."
A quand remonte l'entreprise ?
Créée par M. André Wistourky, la société Cedral (Centre de Distribution à Rungis de produits Alimentaires) est présente sur le Marché de Rungis depuis le 16 septembre 1969. D’ailleurs, nous allons fêter les « 40 ans » de Cedral, les 16 et 17 septembre 2009. Spécialisée, au départ, dans la vente en gros et demi-gros de produits B.O.F, elle s’est tournée rapidement et majoritairement dans la volaille, le gibier et les produits tripiers... Je suis entré dans l’entreprise en 1985 - alors rue de Grenoble (pavillon D6a) - et j’en suis devenu p-dg en 1986. J’ai connu Cedral par un proche ami de M. Wistourky. Mais, je connaissais déjà le Marché de Rungis pour avoir débuté en 1982 à la Somavog (au tri des marchandises pour l’export) et avoir travaillé un an plus tard chez Jouhaud, avec l’objectif d’en devenir l’un des actionnaires. Au décès de M. Wistourky, je me suis associé aux deux actionnaires restants et depuis 2000, je suis seul dans le capital de l’entreprise.
Comment a-t-elle évolué ?
Au départ, l’entreprise était partagée entre la crémerie et les BOF d’une part, la volaille et le gibier, d’autre part. Le gibier était alors important et plusieurs grossistes du pavillon de la volaille s’approvisionnaient chez Cedral. D’ailleurs, la volaille et le gibier représentaient 80% du chiffre d’affaires. A cette époque, la société comptait six employés et la vente sur le carreau était majoritaire (70%) via les bouchers détaillants, mais aujourd’hui, le détail a disparu de notre clientèle. On faisait également quelques livraisons pour le compte de collectivités et hôpitaux. Par ailleurs, nous disposions de deux cases servant de laboratoire de découpe et préparations de commandes. Nous avons développé le secteur des collectivités (Armée, Hôpitaux...) et les prestations de services.
En 1996, nous sommes venus nous installer ici, au 2, rue du Poitou, où nous disposons d’un emplacement de 750 m2 adapté à notre activité. Nous sommes les seuls à Rungis à disposer d’un atelier de découpe agréé pour la volaille et notre établissement est également équipé de façon à accueillir du personnel handicapé.
Quelle est votre stratégie de développement ?
Notre stratégie de développement reste orientée sur le créneau des prestations de services. Ici, nous faisons de la découpe fine (tolérance + ou - 5g) pour certains de nos clients dont la Servair. Notre outil de travail et la qualité de nos personnels nous permettent de répondre à des demandes particulières. D’ailleurs, la force du Marché de Rungis est de répondre aux demandes les plus spécifiques...
Aujourd’hui, nous préférons affiner nos prestations en fonction de la demande et en s’y adaptant au mieux. En fait, c’est davantage une stratégie d’adaptation et de fidélisation de la clientèle. Nous faisons également un volume sérieux de négoce pur. Enfin, nous allons développer l’export qui fait actuellement moins de 3%.
Quelle est votre gamme de produits ?
Globalement, notre gamme se compose du poulet (40%), de la dinde et d’autres produits. Concernant le gibier entier, les ventes baissent en raison de contrôles de plus en plus draconiens qui découragent bon nombre de professionnels. De fait, on voit apparaître de plus en plus de découpes de gibier. Par ailleurs, à la demande de nos clients confrontés aux différentes épizooties, nous nous sommes tournés vers les produits de charcuterie, pour la réalisation de petits déjeuners hôteliers. Cette activité de pur négoce compte désormais pour 8% à 10% de notre chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nos volumes concernent la volaille (80%), les BOF (10%) et le reste (gibier, charcuterie, viande et triperie) pour 10%, soit 1100 références. Néanmoins, nous restons attentifs aux nouvelles références de volaille, comme les marinades, et nous les testons avant commercialisation. Quant à notre clientèle, elle se compose de la restauration collective (60%), de la restauration commerciale (20%) et de la préparation de commandes avec enlèvement sur notre poste pour différentes chaînes de magasins (20%).
Aujourd’hui, le marché de la volaille et du gibier est de plus en plus difficile en raison des différentes épizooties qui le frappent (- 40% avec la grippe aviaire) et de la baisse de la consommation. Il faut faire preuve d’une plus grande sagesse concernant la mise en marché des produits.
Que pensez-vous du Marché de Rungis ?
Le Marché de Rungis convient parfaitement à notre activité et il faut souligner le développement de la logistique et ses performances technologiques. Avec la largeur de gamme des produits commercialisés, cela participe à l’image de marque du marché. Rungis est une référence et nous sommes confiants en son avenir...
Parcours
Bernard Schmalland (57 ans) est né à Ferrières-en-Brie (77) et son père, Richard, était chef de dépôt dans une grande entreprise du bâtiment. Après un CAP de dessin industriel, il entre dans un bureau d’études de la société SKF. Parallèlement, il obtient un BTS de mécanique industrielle en cours du soir et suit une formation d’ingénieur. Après avoir travaillé pour la Régie Renault, il monte un bureau d’études spécialisé en outillage de presse avec deux associés dont les mauvaises décisions entrainent sa fermeture en 1982. C’est à cette époque que Bernard Schmalland rejoint le Marché de Rungis...