Comment avez-vous débuté ?
J’ai démarré dans le métier de l’imprimerie et du papier d’emballage en 1994, avec la reprise d’une imprimerie spécialisée dans la flexographie et la production d’emballage floral. Quand je l’ai revendue dix ans plus tard pour raison de santé, elle était numéro un français de l’emballage floral. Après quelques années comme consultant dans l’acquisition de sociétés pour le compte de tiers, je suis revenu vers le papier d’emballage, avec le rachat en mai 2005, d’une société située à Brie-Comte-Robert (77), scindée en trois entités - Papeterie d’Ormesson, Beaulieu Emballage, Lesmayoux - et possédant un magasin d’articles destinés aux métiers de bouche, sur le Marché de Rungis. La dirigeante de cette société créée en 1946, fille du fondateur, cessait ses activités. Pour des raisons économiques et stratégiques, j’ai fusionné l’ensemble sous l’enseigne Alsys…
Quelle est votre activité ?
Notre activité se développe sur deux sites : Brie-Comte-Robert et Rungis. A Brie-Comte-Robert, nous réalisons l’impression et la transformation de tous supports (papiers, polypropylènes, polyéthylènes) destinés à l’emballage de produits alimentaires et globalement à l’emballage de tous produits du commerce et de l’industrie agroalimentaire ou non. Disposant de 10 000 m2 dont un bâtiment de 8 000 m2 (parc machines, stocks produits finis, stocks matières premières, bureaux…), nous traitons un peu plus de 4 000 tonnes de papier par an pour le compte de quelque 250 clients institutionnels. Après des débuts plutôt difficiles, l’année 2009 a été positive (+4%). Actuellement, notre CA est à l’équilibre avec le développement de l’emballage floral (création de « l'aquacub », réserve d’eau) et les boites pour petits suisses, alors que l’emballage alimentaire a légèrement baissé. Nos produits phares sont tous les emballages alimentaires en contact direct pour les métiers de bouche. Notre force tient à notre réactivité immédiate et à notre capacité d’innovation et de production dont font preuve nos équipes à tout niveau…
A Rungis, notre magasin est dédié à nos 3 000 clients détaillants des métiers de bouche et compte plus de 700 références (papiers d’emballage, films et sacs alimentaires, barquettes, pots, articles de table, cartonnages, contenants…). Animé par une équipe de cinq personnes maitrisant parfaitement ce secteur, il réalise un CA de plus de 2 millions d’euros…
Avez-vous une stratégie de développement ?
L’axe majeur de notre stratégie est de développer davantage la qualité, la traçabilité et le suivi de nos clients car nous sommes fabricant de produits en contact direct alimentaire. A cet effet, nous avons renforcé notre équipe de contrôle qualité.
La qualité paie car même en étant un peu plus cher que nos concurrents, nos parts de marché progressent. D’autre part, nous allons développer notre activité dans le commerce de détail en Ile de France où nous détenons 8% de part de marché.
Quel est votre avis sur le marché du papier d’emballage ?
Le marché du papier d’emballage va se scinder en deux parties : d’une part, des professionnels qui amènent un service, qui proposent des produits de qualité et qui ont une bonne image… d’autre part, des professionnels de « passage » proposant des produits au moindre coût, en rognant sur la qualité, la traçabilité, la technicité, le suivi… Le métier évolue vers plus de qualité et de traçabilité car le consommateur veut savoir ce qu’il mange et dans quoi il mange. Tout cela se mettra en place avec l’étiquette intelligente, la loi carbone… Le marché va se repositionner avec la réduction du suremballage. Il s’agit d’un marché durable qui évolue positivement, en particulier pour l’emballage de contact direct.
Que pensez-vous du Marché de Rungis ?
Le Marché de Rungis est intéressant pour nous, à deux niveaux. D’une part, ce sont les clients qui viennent nous voir et il y a un retour permanent. D’autre part, notre clientèle a augmenté en dépit de la crise. Rungis est un marché performant et emballant, une large vitrine, un lieu stratégique incontournable qui doit conserver son identité de marché destiné aux professionnels…
Parcours
De parents limousins, Christian Peyramaure (59 ans) est né à Taza (Maroc) où son père (officier d’artillerie) était affecté. A cinq ans, il suit sa famille en Allemagne avant de revenir en France, dans différentes villes de garnison.
Après des études secondaires à Orléans (bac d’économie) et un diplôme de l’ESC de Saint-Etienne (42), il est engagé chez John Deere (machines agricoles), puis dans une entreprise multi-industrielle (offshore, avionique…). Il exerce ensuite en qualité de consultant indépendant, avant de reprendre en 1994, une imprimerie (à Thizy - 69) qu’il revendra dix ans plus tard… En mai 2005, il acquiert l’entreprise Papeterie d’Ormesson – Beaulieu Emballage – Lesmayoux, située à Brie-Comte-Robert (77) dont il fusionne les trois entités sous l’enseigne Alsys… Christian Peyramaure est également juge consulaire au tribunal de Commerce de Lyon.