A quand remonte la société ?
L’entreprise remonte aux Halles de Paris et s’appelait Mottier. Créée par les parents de Xavier, spécialistes de la rose française, elle devint ensuite Maxi-Fleurs. Avec Xavier dont j’étais client et ami, nous nous sommes associés en mai 95 pour faire l’importation de roses d’Equateur, une « niche » à prendre, car il n’y avait plus de roses en France… Peu avant, j’avais rencontré le vice-président de l’Equateur dans un grand hôtel parisien dont j’avais fait la décoration florale qui m’avait parlé de la rose de son pays, alors inconnue en France, et j’ai compris qu’il y avait un marché potentiel… Nous sommes donc partis en Equateur visiter les producteurs.
Comment s'est développée l'entreprise ?
Nous avons d’abord ouvert un bureau (Maxi-Flor) à Quito, puis nous avons monté un réseau commercial international dont je me suis occupé, Xavier se chargeant de la logistique et des commandes. Dès 98, nous avons développé le produit en Europe avec un certain succès et nous avons été les premiers à le commercialiser à Rungis. Nous fournissons de gros clients comme la chaîne « Au nom de la Rose » (7 millions de tiges/an), spécialiste européen de la rose. Notre notoriété est portée par la rose d’Equateur. Elle a une excellente tenue en vase (28 jours) et elle est très résistante car elle pousse en atmosphère quasi naturelle et n’est pas forcée. Les conditions sont requises pour une importante production en volume sans variations de prix…
En 2002, nous avons pris des accords avec Alain Meilland (obtenteur de roses) pour cultiver la rose de jardin en Equateur et ne pas rester sur la rose hybride de thé. Nous avons produit dès 2005, la fameuse variété « Yves Piaget » pour « Au nom de la Rose ». Nous disposons de 5 ha de culture avec serres et nous employons 60 personnes… Puis, nous sommes allés produire en Ethiopie, à Menagesha (à 40 km d’Addis-Abeba) à 2 400 m d’altitude, où les conditions sont idéales pour la rose. Il s’agit d’une ferme de 12 ha regroupant 200 employés dont 85% de femmes avec 5 ha à venir. Nous y produisons plus d’une centaine de variétés. Nous participons également à la vie sociale de la ville avec la construction de classes d’école et d’un restaurant gratuit pour le personnel.
Entre l’Equateur et l’Ethiopie, nous sommes à plus de 250 variétés. Nous produisons 1 million de tiges/ha/an en Ethiopie et 900 000 en Equateur, notamment la rose de jardin. Nos variétés phares sont « Espérance » (rose/blanc), « Red Paris » (rouge), « Forever Young » (rouge). La rose rouge représente 30% de notre production.
Dans les prochaines années, nous allons développer des variétés plus rondes, plus larges, plus généreuses, plus parfumées, tendant vers la rose pivoine, et des variétés doubles. Nous commercialisons aussi la rose « stabilisée » (dépositaire de la « Rose Amor » dont une partie des ventes va à l’Unicef). Très prisée de la clientèle asiatique, elle peut durer huit ans. Elle représente 4% de notre C. A. et la demande progresse…
Quelle est votre clientèle ?
En France, notre clientèle est composée à 95% de détaillants fleuristes haut de gamme et de 3% de grossistes et nous assurons la livraison. Nous livrons également des grossistes dans le monde entier depuis notre société « Gallica Flowers » basée en Ethiopie (USA et UE) et « Maxi-Roses » basée en Equateur (Russie et UE) pour un chiffre d’affaires global de 12 M€. De plus, nous avons une antenne à La Louvière (Belgique) tenue par Sylvie qui compte environ 250 clients…
Que pensez-vous du Marché de Rungis ?
Le marché de Rungis est une belle et grande vitrine, une pépinière de talents, de savoir-faire et de produits de qualité… et le monopole néerlandais tend à diminuer, concurrencé par d’autres pays pratiquant des prix plus intéressants. Cependant, il doit être plus dynamisé. Avec le concours de la Semmaris, nous allons organiser un salon au C1 dans le but d’amener de nouveaux clients et sensibiliser les fleuristes à son potentiel très important. De plus, il faudrait amener davantage d’opérateurs sous le C1 et pour cela, baisser le montant de nos loyers, les plus élevés au mètre carré de Rungis. Enfin, il faut mettre en place des services de livraison mutualisée afin d’abaisser les coûts de revient des opérateurs…
Parcours
Originaire de Paris et fils d’un staffeur, Alain Jeannot (62 ans) est diplômé d’électrotechnique (BTS). Après deux ans dans une imprimerie « offset », en 1969, il épouse une fleuriste et la profession… En dix ans, ils créent cinq magasins de fleurs à Paris et en Ile-de-France et une société de décoration florale pour les grands hôtels…
Xavier Mottier (46 ans) est né à Paris. Après l’Ecole de la Chambre de commerce de Paris (BTS commercial), il rejoint ses parents, Michel et Yvette Mottier, grossistes en fleurs à Rungis, spécialistes des roses du Var. Xavier Mottier est la 4e génération de grossistes en fleurs. En 1990, il succède à ses parents et en 1995, il s’associe avec Alain Jeannot, déjà client et ami de la maison, pour développer l’importation de roses d’Equateur. En 2005, ils s’installent comme producteurs en Equateur, puis ensuite en Ethiopie…
Alain Jeannot est président du Syndicat des négociants grossistes du C1 de Rungis (membre d’Unigros) et ancien vice-président de la Chambre syndicale des fleuristes d’Ile-de-France.