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Portrait de Producteur
Bernard Martin

Bernard Martin

Par passion de la chasse, Bernard Martin est devenu un éleveur de gibier reconnu pour la qualité de ses produits...

« Le meilleur gibier d'élevage est français...  »

Chiffres clés

Personnel :
3 employés
Volumes :
1,4 million d'œufs (faisan et perdrix)
170 tonnes de gibier (50% à Rungis)

Comment êtes-vous venu à ce métier ?

Tout gamin, j’étais passionné par la chasse et le gibier. A 16 ans, j’ai commencé à chasser et à 30 ans, j’ai décidé de devenir éleveur de gibier de chasse après une activité de commercial pour la grande distribution. J’ai  suivi une formation spécialisée avant de débuter dans une société qui faisait du négoce de gibier avec les pays d’Europe centrale, notamment la Roumanie... En 1996, j’ai choisi de me mettre à mon compte et je suis parti en Angleterre, à Sharing (Kent) pour monter une société. Avec les ouvertures du marché commun, le marché anglais devenait très porteur pour le gibier de chasse vivant. Puis en 2000, j’ai créé ma société « Gib’Ô », à Milhaud, dans le Gard.

Quelle est l'activité de votre entreprise  ?

Nous produisons quelque 750 000 œufs de perdrix et 700 000 œufs de faisan dont 70% sont vendus sous forme d’œufs et le reste sous forme de poussin d’un jour.
Nous avons un certain nombre de producteurs sous contrat d’intégration représentant une dizaine de fermes d’élevage de gibier auxquels nous fournissons les cages de reproduction, l’alimentation et les reproducteurs sélectionnés. Nous récupérons ensuite leurs œufs que nous plaçons dans nos couvoirs. Une partie des œufs est expédiée en Angleterre et une autre partie chez des éleveurs professionnels sous forme de poussins d’un jour. Il faut savoir que sur 100 œufs en incubation, il y a toujours 30% d’œufs perdus naturellement (l’œuf n’est pas fécondé ou alors le poussin n’arrive pas à sortir)... Nos fournisseurs sont surtout situés dans le grand Sud - Ouest, en bordure de l’Atlantique (le climat est propice à l’élevage) mais aussi dans le Sud - Est. Les professionnels travaillant pour nous sont tous agréés pour l’élevage et des contrôles (prises de sang) sont régulièrement effectués pour détecter les salmonelles et autres pathologies. De même, les œufs non éclos sont aussi analysés. Nous sommes soumis à des contrôles dans le cadre de notre exploitation mais également à l’exportation (qualité, quantité, destination des produits) par les services sanitaires français et les douanes françaises et anglaises...

Quels sont vos débouchés ?

Environ 95% de notre production est destinée au marché anglais, gros consommateur de gibier de chasse. En Angleterre, l’oiseau est lâché à six semaines et les chasses en battues ne débutent que quatorze semaines plus tard, afin que l’animal s’accommode à l’environnement sauvage et retrouve certains réflexes naturels pour être le plus « volant » possible...

Par ailleurs, nous revendons du gibier de chasse abattu en Angleterre, sur le Marché de Rungis (50% des volumes), en Belgique et aux Pays-Bas, soit globalement 170 tonnes/an. Il s’agit de perdrix et de faisan, mais également de chevreuil, de cerf, de biche, de lièvre, de lapin. Des produits de belle qualité et particulièrement goûteux...

Quelle est votre stratégie de développement ?

La législation française permet désormais la vente de gibier mort tout au long de l’année, sous réserve de justifier d’une production d’élevage en amont. Nous avons donc décidé de développer prochainement la transformation de ce gibier en produits préparés (découpes, steaks, saucisses...) et de le valoriser auprès de commerçants détaillants et de particuliers. C’est un débouché auquel nous croyons d’autant plus que notre gamme de prix sera attractive. De plus en plus, le gibier se consomme en dehors des fêtes de fin d’année comme c’est le cas en Belgique, en Allemagne ou aux Pays-Bas où il y a un potentiel de consommation important, ainsi que dans les pays de l’Est...

Quelle est la nature du marché du gibier ?

Si la France est le premier producteur européen de gibier de chasse, la consommation reste relative. Mais, il se vend tout de même entre 20 et 30 millions de faisans et de perdrix sur le marché français. En moyenne, on compte cinq animaux d’élevage pour un animal sauvage. On s’aperçoit que la consommation de gibier n’est plus liée à des périodes ou des occasions particulières et qu’elle se déroule davantage tout au long de l’année. De plus, il y a un retour au produit de qualité goûteux et le gibier est bien placé à ce propos. Je suis confiant dans l’avenir de ce marché et je le vois évoluer favorablement car on va toucher une clientèle plus large que celle de la chasse... Le meilleur gibier d’élevage est français mais c’est encore une niche en France, avec 1300 éleveurs et dix entreprises exportatrices comme la nôtre.

Que pensez-vous du Marché de Rungis ?

C’est un marché exceptionnel que je connais pour y vendre la moitié de ma production et où l’on trouve une large gamme de produits de qualité et d’excellents professionnels qui savent parfaitement valoriser leurs produits...

Parcours

Originaire de Marseille, Bernard Martin (51 ans) est venu dans le Gard tout jeune, à l’occasion de la nomination de son père, fonctionnaire de la Poste. Après des études secondaires, il est entré dans une entreprise de fabrication de fruits au sirop avant de devenir agent commercial pour une enseigne de la grande distribution. Mais poussé par sa passion pour la chasse, il est devenu éleveur de gibier.

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