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Portrait de Producteur

Thibaut Aubergé

Exploitant agricole-maraîcher à La Forêt le Roi (91), Thibaut Aubergé est devenu un spécialiste reconnu de l’oignon en bottes par la grande qualité de ses produits...

“ Le produit maraîcher de belle qualité a toute sa place à Rungis... ”

Chiffres clés

Production moyenne :
2 millions de bottes d’oignon par saison (15 à 20 oignons par botte)
Personnel :
4 permanents et 30 à 60 saisonniers selon la saison

Comment êtes-vous venu à la culture de l’oignon en bottes ?

En fait, cette culture est le fruit d’une opportunité qui s’est présentée, il y a environ sept ans. Fraîchement diplômé de l’ISA de Beauvais, je ne souhaitais pas travailler sur l’exploitation céréalière familiale. D’importants producteurs britanniques d’oignon en bottes ont alors contacté mon père Patrick, exploitant agricole, pour développer une production destinée à la Grande-Bretagne. J’ai démarré par un hectare de culture et aujourd’hui, la production est réalisée sur un peu plus de 60 hectares répartis en trois sites : sur l’exploitation de mon père située à Ablis (78), chez M. Jean-Marc Leluc, à Carbouville (45), un producteur qui nous a rejoints, et ici, à La Forêt le Roi (91) ainsi que sur des terres louées.

Quelles sont les particularités de cette culture ?

Il s’agissait de produire des bottes d’oignons spécifiques de 230 g suivant un cahier des charges précis (une variété particulière dont ils nous fournissent les graines, un conditionnement parfait avec oignons épluchés et racines coupées, une qualité constante, une grande fraîcheur...). Pour cela, nous avons créé notre propre matériel de conditionnement car mon père est également ingénieur en machinisme agricole. Cette culture demande un énorme suivi du personnel car il s’agit d’une culture manuelle. De plus, c’est une plante assez compliquée dans la mesure où il lui faut de la lumière et de la chaleur pour que le bulbe se développe correctement, toujours à l’identique. Le bulbe est un organe de réserve et il faut bien « sentir » la plante pour déterminer le bon moment de récolte. Nous travaillons en culture raisonnée et depuis août 2007, nous avons obtenu la certification EurepGap en fruits et légumes, indispensable pour vendre en Grande-Bretagne. Le cycle de production s’échelonne d’avril à octobre. A côté de l’oignon, nous avons des productions plus marginales comme le persil en botte, le navet en botte, l’épinard...

Comment se présente ce marché ?

Nous avons commencé avec un hectare et nous en sommes à soixante. Cela prouve qu’il y a une demande en progression. Nous avons réussi à prendre des parts de marché grâce à une production suivie et de qualité. Nous fournissons sous notre marque « Oignons Saveurs », la GMS pour 50%, Rungis pour 35% et la Grande-Bretagne pour 15%. Ce produit représente un gros travail et du personnel. Pour ma part, je travaille chaque jour de 6h à 21h. Je m’occupe surtout de la production et du commercial. Mon épouse, Marie, se charge de la partie administrative. L’encadrement du personnel saisonnier (turc, serbe, portugais) est assuré par l’un de mes quatre permanents, Slobodan, d’origine serbe. En Ile de France, nous sommes quelque cinq producteurs à pouvoir fournir le marché de manière significative. Je crois qu’il est nécessaire de faire évoluer ce produit, en particulier dans le prêt à l’emploi (4e gamme).

Quelles sont les qualités de l’oignon ?

Un bon oignon doit être frais, tendre, croquant et peu piquant. L’oignon rouge que nous produisons également, est plus doux et légèrement sucré. Si l’on consomme surtout le bulbe, l’aspect commercial se fait sur la fraîcheur de sa partie verte (le feuillage) essentiellement. L’oignon se consomme frais surtout en salade, avec du taboulé et des légumes. Il présente des qualités évidentes comme antioxydant et anti-cancérigène. L’oignon botte est surtout consommé par les gens âgés. On peut le consommer entier, rissolé avec de petites rattes ou encore caramélisé sur une tranche de foie gras poêlé.

Comment voyez-vous Rungis ?

J’ai connu Rungis en 2000, après une période difficile sur le marché britannique et un surplus de production. J’ai rencontré Gilles Grandjean de la société Cruchaudet Grandjean qui m’a introduit sur le marché et je lui en suis encore reconnaissant. Puis, il m’a présenté à la société BC Prim avec laquelle je travaille également et qui écoule ma production sur Rungis. Ce marché est difficile car la concurrence et la sélection sont fortes. Mais, j’aime Rungis pour le contact humain. Je regrette que Rungis reste sur le produit maraîcher traditionnel et qu’il n’y ait pas davantage d’innovation. D’ailleurs, je souhaiterais m’installer sur le carreau des producteurs pour proposer mes produits issus du terroir d’Ile de France car le produit maraîcher de belle qualité a toute sa place à Rungis…

Parcours

Thibaut Aubergé (30 ans) est exploitant agricole - maraîcher. Fils d’un exploitant agricole céréalier des Yvelines, par ailleurs ingénieur en machinisme agricole, il est ingénieur en agriculture, diplômé de l’ISA de Beauvais. Après ses études, il a pris en charge la production d’oignon en bottes sur l’exploitation familiale qui remonte au XVIIIe siècle.

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