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Portrait de Producteur
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Jean-Pierre Bourven

Maraîcher en agriculture biologique, Jean-Pierre Bourven est un défenseur passionné et opiniâtre de cette pratique culturale en devenir...

“La valeur de l’agriculture biologique tient dans sa diversité… ”

Chiffres clés

Exploitation :
80 hectares en 130 ilots culturaux agréés en agriculture bio.
Personnel :
3 salariés, plusieurs saisonniers et nombreux stagiaires.
Production :
60 références en légumes et céréales.

Comment avez-vous débuté dans ce métier ?

Au fil du temps, j’ai fait l’acquisition d’une multitude de parcelles et nous exploitons, aujourd’hui, environ 80 hectares morcelés en quelque 130 ilots culturaux (répartis sur sept communes et deux départements) agréés en agriculture biologique. Je travaille avec mon épouse Evelyne, trois salariés et un bon nombre d’occasionnels et de stagiaires venus de différents pays. Le travail est intense et j’arrive à faire 80 heures par semaine, un peu moins l’hiver. Ce travail implique de sacrifier sa vie de famille et la relève n’est pas assurée. Il faut vraiment de la passion et de la motivation car l’agriculture bio se fait manuellement. Aujourd’hui, les jeunes des métiers de l’agriculture ne veulent plus faire de production de ce type et 90% s’orientent sur des postes de conseiller en agriculture…

Quelles sont vos productions ?

Je produis principalement des légumes et un peu de céréales, en suivant scrupuleusement le cahier des charges de l’agriculture biologique. Notre production est non intensive et respecte la saisonnalité des produits. Je me bats pour la saisonnalité des produit bio, mais c’est assez difficile de se battre face à des consommateurs qui veulent du bio toute l’année. De fait, on subit la concurrence des productions étrangères d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord, bien moins chères. Je produis de la salade, des radis, des navets, des haricots verts, des petits pois, de la tomate, du poireau, de la pomme de terre… Soit, une soixantaine de produits qui peuvent se décliner eux-mêmes en plusieurs variétés comme les tomates (40% de variétés anciennes). Par exemple, je produis une tomate ancienne, la rose de Berne, qui se mange très mûre… Nos productions sont fortement tributaires du temps et des maladies. Ainsi, j’ai perdu 75% de ma production de tomates l’an dernier à cause du mildiou.

Quels sont vos circuits de distribution ?

Nous écoulons nos produits via trois circuits principaux, à savoir les marchés, les AMAP (Aide au Maintien de l’Agriculture Paysanne traditionnelle avec une pratique en agriculture biologique) et le Marché de Rungis. Nous privilégions les circuits courts car nous ne sommes pas performants économiquement.
Les AMAP sont en forte progression. Une AMAP est une association de consommateurs liée à un producteur local par un contrat qui prévoit une livraison à date fixe de légumes en vrac cultivés selon l’agriculture biologique. La répartition se fait par les consommateurs entre eux. Cette formule se développe avec 1 000 AMAP en 2007 contre 50 AMAP en 2001. Je fournis l’AMAP d’Eragny (95), de Montmartre-la Goutte d’Or à Paris et celle d’Air France à Roissy… et je suis obligé d’en refuser deux nouvelles par semaine.

Sur les marchés, je vends au détail et suivant le concept du panier individuel composé d’un certain nombre de produits et d’un prix donné…. Enfin, je vends sur le Marché de Rungis à un certain nombre d’opérateurs bio. Sur ce marché, mon chiffre d’affaires est passé de 50% à 25% en vingt ans.

Comment se porte le marché du bio ?

La valeur de l’agriculture biologique tient dans sa diversité. Le marché du bio progresse mais il est entre le marteau et l’enclume. On ne peut pas baisser le prix du haricot vert et augmenter les salaires. Pour développer ce créneau, la solution passe par l’emploi aidé. Les consommateurs voudraient du bio au prix du classique, ce n’est pas possible. Par ailleurs, la réglementation française du bio est beaucoup trop rigoureuse comparée à bien d’autres pays qui nous concurrencent et nous pénalisent fortement.

Que pensez-vous du Marché de Rungis ?

Il me paraît trop fluctuant sur les prix et un peu trop porté sur le bio hors saison et étranger, moins cher. Si le marché de Rungis est une belle vitrine, il ne faudrait pas pour autant qu’il devienne un marché de dégagement...

 

Parcours

Fils d’exploitants agricoles, natif de Cergy-Pontoise (95), Jean-Pierre Bourven (59 ans) est diplômé de l’école d’horticulture de Jouy-en-Josas (brevet professionnel horticole). A 19 ans, il reprend l’entreprise familiale. Avec son épouse Evelyne et un salarié, il débute sur une exploitation de 7 hectares pour atteindre 80 hectares aujourd’hui, morcelés en quelque 130 ilots culturaux (répartis sur sept communes) agréés en agriculture biologique.
Très impliqué dans la filière et la défense du « bio », Jean-Pierre Bourven est vice-président du groupement des agriculteurs bio d’Ile de France (GAB), secrétaire de l’Union des producteurs de fruits et légumes d’Ile de France, administrateur de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) d’Ile de France.

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