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Portrait de Producteur
Jacques Meynard

Jacques Meynard

Arboriculteur et viticulteur, Jacques Meynard est toujours en quête de la meilleure qualité.

« La qualité est le fruit d’un savoir faire authentique… »

Chiffres clés

Personnel :
7 employés (permanents) + intérimaires
Exploitation :
30,5 ha (27 en vigne, 3,5 en fruits)
Production :
1200hl/an de vin 80t/an de poires

A quand remonte l’exploitation ?

Située à Saint-Loubès (33), l’exploitation a été créée en 1916, par mon arrière-grand-père, Jules Armand, alors garde-chasse. Je représente, aujourd’hui, la quatrième génération d’exploitant. Au départ, il s’agissait d’une petite exploitation viticole de 8 hectares. Mon grand-père, Félicien Meynard, a pris sa succession et a développé la vigne. Puis, dans les années 50, mon père Fernand, a délaissé la vigne en raison des gelées de printemps qui en ont détruit environ les deux-tiers. Arboriculteur dans l’âme, il a décidé alors, de planter des poiriers. Ensuite, il a acheté des terres voisines pour agrandir l’exploitation. Moi-même, j’ai fait l’acquisition de nouvelles parcelles. Aujourd’hui, l’exploitation compte 27 hectares de vigne et 3,5 hectares en fruits (poires).

Que produisez-vous ?

Quand j’ai repris l’exploitation en 1982, associé à mon père, j’ai redynamisé la production vinicole, œnologique et commerciale de l’exploitation qui comptait alors 18 hectares de vigne et 5 hectares en arboriculture fruitière. Concernant cette dernière, nous cultivons à parité, deux belles variétés de poires, doyenné du comice et passe-crassane... Bien que la comice soit difficile à travailler car assez sensible au froid, elle est la plus demandée. Concernant la passe-crassane, elle doit être cultivée sur le bon terroir, au risque d’avoir une chair acide et pierreuse. Par ailleurs, elle est assez sensible au « feu bactérien », une bactérie redoutable (Erwinia amylovora). Le feu bactérien ne se traite pas, on vit avec.
Pour obtenir un fruit de belle qualité, on la protège du carpocapse par un sachet individuel durant toute la période de maturation qui est supprimé avant le conditionnement. De plus, le fruit est protégé des produits de traitement, de la grêle, des rayons du soleil trop fort. Cela nécessite beaucoup de main d’œuvre… La comice se récolte en septembre pour une mise en vente en octobre et la passe-crassane se récolte fin octobre pour une commercialisation en décembre. La production atteint les 80 tonnes/an, suivant les saisons. On avait essayé d’autres variétés, mais ce fut un fiasco commercial. Concernant le vin, nous produisons trois bordeaux supérieurs AOC qui sont :
• Château Bois Malot (cépage : cabernet sauvignon, 50% de la production),
• Château Valentons Canteloup (cépages : merlot majoritaire, cabernet franc, cabernet sauvignon, 35% de la production),
• Château Thilède Grillon (cépages : merlot et cabernet franc à parité, 15% du vignoble).
Notre production moyenne est d’environ 1 200 hl/an. Elle est écoulée auprès des particuliers (40%, foires et salons, vente directe), des caves et restaurants (20%) et à l’export (40%, U.E, USA et Canada, un peu Océanie). Nous sommes référencés dans plusieurs guides et revues, et nous avons reçu une médaille d’Or au Concours Agricole de Paris 2006 pour un millésime 2004 (Valentons Canteloup).

Quelle est votre stratégie de développement ?

En vin comme en fruit, nous restons sur le qualitatif.
La viticulture prend de plus en plus de temps et de place, et la commercialisation progresse. Nous allons donc nous recentrer sur la clientèle particulière et sur l’export, voire le grand export.
Pour les fruits, nous sommes sur une niche orientée vers le haut de gamme. De fait, nous n’allons pas trop augmenter notre production. La qualité est le fruit d’un savoir faire authentique et elle est financièrement intéressante, mais elle entraîne des coûts d’exploitation (main d’œuvre, pertes…) importants. Nous allons nous recentrer davantage sur le marché français.

Que pensez-vous du Marché du vin ?

En qualité d’administrateur du Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs, on a constaté, ces dernières années, un marasme sur le vin, une crise de la consommation due à plusieurs facteurs importants :
• les contraintes sociétales (alcool au volant, santé…) provoquant une surproduction,
• la « bulle » asiatique (forte demande entre 1996 et 1998) qui a explosé, entraînant l’effondrement du marché,
• les pays vinicoles du Nouveau Monde (Chili…) attirés par ce
marché asiatique qui ont planté à outrance (absence de quotas de plantation, coûts inférieurs à l’U E, prix bas sur les vins d’entrée et de moyenne gamme)… Après s’être endormis sur leurs lauriers, les producteurs français semblent, aujourd’hui, se reprendre qualitativement et commercialement.

Comment voyez-vous le Marché de Rungis ?

Nous sommes présents sur le Marché de Rungis depuis 1983 pour les fruits et il représente environ 50% de notre production. Les autres 50% sont écoulés sur le MIN de Bordeaux et la grande région bordelaise. Récemment, nous avons entrepris d’écouler une petite partie de nos vins sur Rungis. Ce grand marché est un passage obligé et incontournable car on y trouve des produits de grande qualité…

 

Parcours

Jacques Meynard (49 ans) est né à Bordeaux. Représentant la quatrième génération d’arboriculteur - viticulteur, il est ingénieur agricole (diplômé de l’ESA Angers). Après son service militaire effectué au titre de la coopération à Saragosse (Espagne) et plusieurs stages, il reprend l’exploitation familiale en 1982, en association avec son père Fernand (chevalier du Mérite agricole).

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