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Portrait de Producteur
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Bruno Picard

Pépiniériste d’ornement installé à Courtacon (77), Bruno Picard est passionné par son métier et la recherche variétale...

“Ajuster la production à la demande… ”

Chiffres clés

Personnel :
18 permanents et 3 saisonniers équivalent temps plein
Superficie :
110 hectares dont 35 hectares en pépinière
Production :
150 000 plantes expédiées/an et 250 000 en production
Produits phares :
Conifères (grands et nains)
Clients :
Collectivités et paysagistes (45%) Jardineries et grossistes (45%) Particuliers (10%)

Comment est née l’entreprise ?

Exploitant agricole, mon père, Jean-Claude, produisait jusqu’alors des céréales, des betteraves et du colza sur les cent dix hectares de l’exploitation. Puis, il a souhaité se diversifier et en 1967, il a mis en place une pépinière d’ornement qui était limitée à cinq hectares et aux seules plantes pour haies. Par la suite et après quelques tâtonnements, mon père a développé une production fruitière et a engagé en 1968, un chef de culture, M. Georges Urbain, toujours dans l’entreprise. A cette époque, le particulier représentait la majorité de la clientèle avec les paysagistes...

Comment s’est-elle développée ?

Dans les années 75-80, au démarrage des Garden Center et des jardineries, mes parents sont allés aux USA pour étudier la culture hors-sol. Le début de la plante en pot a été une seconde mise en route, cependant avec quelques échecs. L’exploitation s’est réellement développée à partir des années 80. Je suis arrivé dans l’entreprise en 1992 et mon premier travail fut de prospecter une nouvelle clientèle. Cela a porté ses fruits car nous avons doublé notre chiffre d’affaires en dix ans. Ce fut pour nous, un second souffle. La partie commerciale est devenue très importante. J’ai succédé à mon père à la tête de l’entreprise en 2000 et celle-ci représente, aujourd’hui, un peu plus de trente-cinq hectares en pépinière.

Quelles sont vos principales productions ?

Nous sommes surtout spécialistes des conifères nains, conifères de rocailles, et conifères à grand développement, soit plus de deux cents espèces. Nous produisons toute la gamme des conifères avec des variétés particulières de pin et d’if, mais également des arbres et arbustes d’ornement dont une bonne partie de persistants, des arbres fruitiers, des plantes grimpantes, des rosiers, des plantes pour haies… Les conifères sont notre produit phare et comptent pour 25% des ventes, suivis des plantes pour haies, des arbustes et des arbres fruitiers (10%). Ces derniers enregistrent une progression importante. Globalement, nous expédions en moyenne un peu plus de 150 000 plantes par an et en avons 250 000 en production. Notre catalogue regroupe 850 espèces variétales et 5 000 références. Aujourd’hui, il est important de renouveler ses gammes et nous faisons beaucoup d’efforts dans la recherche de nouvelles variétés, en relation avec des obtenteurs.

Comment analysez-vous le marché du jardin ?

Notre métier évolue peu mais progresse. Il est lié au budget du jardinage-bricolage qui est avant tout un budget de loisirs. Comme tel, il reste soumis à un certain nombre de facteurs concurrentiels qui sont, pêle-mêle, les loisirs multimédias, les vacances, les week-ends prolongés, les aléas climatiques… Le jardin, ce n’est pas uniquement des végétaux, c’est aussi de la maçonnerie, des abris de jardin, des pergolas, des caillebotis, des portails, des terrasses, de l’arrosage, du matériel, des outils… autant d’éléments divers qui grèvent la partie achats de végétaux. Par ailleurs, nous sommes soumis directement à la concurrence étrangère avec la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, l’Italie et ses producteurs de plantes méditerranéennes. Néanmoins, les pépiniéristes ont l’avantage d’être moins nombreux que les horticulteurs. Concernant plus spécifiquement le marché de la pépinière, la tendance est aux évolutions de gammes et de variétés et nos plannings de production y sont adaptés. Il faut précéder l’acheteur pour s’imposer à lui. Pour cela, on promeut des nouveautés toujours plus nombreuses au travers de différents canaux (salons et manifestations horticoles, presse spécialisée, questionnaires clients, rencontres professionnelles…). Il y a un gros travail de recherche variétale et de conseil dans le secteur du végétal. Pour rester un acteur de ce marché, il faut être à son écoute, anticiper et ajuster sa production à la demande.

Que pensez-vous du Marché de Rungis ?

Les avantages du Marché de Rungis restent sa largeur de gamme, sa diversité, sa proximité, son fonctionnement permanent, sa communication, sa capacité à promouvoir les tendances. Rungis est un marché de tendances… A l’inverse, il n’est plus un marché de gros mais un gros marché, avec la disparition d’un nombre de professionnels et les difficultés d’accès.

 

Parcours

Né à Courtacon (77), Bruno Picard (39 ans) est fils d’exploitant agricole. Après un BTA agricole au lycée agricole de Sainte-Maure (10), il fait une école de commerce (EAD Paris), obtient un BTS commercial et suit des cours de marketing et finance. Il fait un stage en pépinière en Angleterre avant d’intégrer l’entreprise familiale en 1992 et d’en prendre la direction en 2000.

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