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Nos régions ont du goût

Manche-Cotentin

L’AGNEAU, LA VACHE ET LE BULOT

Ce bras de terre qui se dresse au bout de la Normandie est avant tout un territoire
d’agriculture et d’élevage bordé par une mer omniprésente.

La Manche est un havre de verdure, principalement tourné vers l’agriculture et impacté par le parc naturel régional, les marais du Cotentin et du Bessin, s’étirant entre ses deux côtes, de l’est à l’ouest. Ce secteur économique représente onze mille exploitations agricoles et le dixième chiffre d’affaires de tous les départements français. Il pèse plus de 6% des emplois, deux fois plus que le reste de la Normandie et affiche la plus forte proportion d’établissements. 79% du territoire manchois est consacré aux activités agricoles.
Au delà des chiffres, celles-ci façonnent les paysages du département le plus herbager de Normandie (plus de 60% de prairies dans les surfaces agricoles), créent de l’emploi localisé et constituent l’un des facteurs d’attractivité et de développement pour d’autres activités économiques dans les territoires ruraux telles le tourisme.

LE LAIT A LA MAMELLE DE LA MANCHE

La Manche est avant tout terre d’élevages. Elle occupe la première place nationale en matière de cheptel de vaches laitières et la seconde pour le nombre d’exploitations agricoles, toujours plus grandes (même si elles restent plus petites que le reste de la région) et aux troupeaux croissants en raison de la concentration de l’activité. C’est d’ailleurs l’un des rares départements français où la proportion d’exploitations laitières a augmenté au cours de cette dernière décennie. La production laitière manchoise représente 40% de la production normande, près de 80% des surfaces agricoles. En Manche, c’est la Normande qui est reine des prairies avec plus de 40% de l’effectif national. Elle est la vache la plus représentée derrière la Prim Holstein. La Normande est une race laitière mixte, élevée à la fois pour ses qualités laitières et pour sa viande. Son lait est plutôt mieux rémunéré avec un meilleur rendement fromager, ses carcasses lourdes séduisent les bouchers. D’une bonne rusticité, elle peut s’enorgueillir de belles qualités : elle est fertile, docile, bénéficie d’une bonne longévité et d’une facilité de vêlage. Les Normandes sont particulièrement courtisées pour la production d’AOP comme le camembert de Normandie au lait cru, moulé à la louche, mais aussi pour la crème et le beurre d’Isigny, si onctueux, autour de la baie des Veys.
Le département  est aussi caractérisé par un important troupeau de chevaux et d’ovins, dont le célèbre agneau AOP de prés-salés du Mont Saint-Michel, reconnu pour son goût unique dû à l’herbe des marais salants qui constitue leur alimentation.

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Sur le littoral Ouest, au sud de la baie du Mont-Saint-Michel et dans le Val de Saire s’étendent les terroirs de maraichage : la Manche, premier département légumier normand, au douzième rang des départements français, innove et se diversifie en développant les légumes prêts à consommer. Elle produit notamment en IGP les poireaux des sables de Créances sur le littoral occidental.

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On y trouve également une centaine d’exploitations apicoles, notamment dans le bocage avranchin (au total, 2 300 ruches), et des vergers de pomme à cidre pour les AOP Cidre et Pommeau de Normandie.

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350 KM DE LITTORAL

Cette pointe de France qui pointe effrontément vers le Nord ne porte pas son nom pour rien. La Manche désignant le département et cette mer entre l’Hexagone et l’Angleterre vit aussi des activités de la pêche sur ses 350 km de côtes et à partir des deux grands ports de commerce que sont Cherbourg et Granville.

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La production d’huîtres et de moules émaille la côte Est du Cotentin et l’Ouest entre Carteret et Granville. Les huîtres de Normandie ont la particularité est d’être élevées en pleine mer, bénéficient ainsi des fortes marées, l’estran courant parfois sur plus de six kilomètres et permettant l’élevage sur des surfaces plus étendues. Elles sont protégées dans des sacs de grillage arrimés à des tables à claires. À l’Ouest, entre Granville et Portbail, les huîtres de pleine mer ont un goût plus corsé et iodé ; autour de Saint-Vaast-La-Hougue à l’Est, le plus ancien bassin ostréicole de la région, les huîtres de l’entre-deux développent un bout de noisette ; dans la baie des Veys, abritée et arrosée par les rivières du bocage. Les huîtres spéciales d’Isigny sont plus charnues, à la chair douce et croquante. Elles sont vendues en direct mais également à d’autres bassins de production comme la Charente, le dernier affinage donnant le nom au produit. Granville, premier port coquillier de France, fournit principalement bulots et praires. Quant aux moules de bouchot élevées sur des pieux, elles côtoient les moules de pêche, gisement naturel entre Barfleur et Grandcamp. Immergées en pleine mer et ramassées par des filets trainés entre juin et octobre, elles sont plus charnues que celles de bouchot.

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Cécile Oliveira