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Dossier : la
région Bretagne, le goût de l’authentique
Les avis de professionnels |
La Bretagne a depuis longtemps pris
le chemin de l’exigence et gagné
les cœurs. Terre de marins et de
paysans,
elle propose une gamme de produits aussi
variés que de qualité. Fort
de cet éclectisme, le pays de Chateaubriand
a le don de séduire tous les gastronomes.
Aux confins du goût, le Finistère?
Certainement. Bordée par la Manche
et l’Atlantique, ceinte en ces terres
par les pays de Loire et la Normandie,
la Bretagne conjugue les saveurs de la
mer à celles d’un paysage
bocager propice à la polyculture
et à l’élevage. Animée
par le goût de l’authentique,
elle tient aussi bien sa réputation
de ses fruits de mer que de ses choux-fleurs,
de ses porcs ou de son beurre sans parler
de son cidre. C’est l’histoire
d’une Bretagne aux mille saveurs.
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L’écho
de la criée
Le plateau de fruits de mer est un classique
de la gastronomie bretonne. De la vieille ville
de Saint-Malo à Belle-île, de Port-Louis
à Riec-sur-Belon, il investit salles
de restaurants et terrasses de bistrots. Sur
un lit de glace, ce sont les bigorneaux, les
praires, les palourdes, les huîtres (creuses
ou plates), le tourteau, l’araignée,
langoustines, crevettes, bulots – la liste
est non exhaustive –, et bien sûr
le homard breton qui reste le plus réputé
du monde dans sa catégorie.
La conchyliculture traditionnelle (ostréiculture,
mytiliculture) emploie 4000 personnes.
Ce secteur représente environ 30 % de
la production nationale, soit 54 000 tonnes
expédiées par plus de 1 200 entreprises
de nature artisanale et familiale pour une grande
part. |
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Nous pourrions aussi parler
de la récente aquaculture marine (poissons,
algues, palourdes) mais qui reste encore modeste.
De la pêche industrielle à la pêche
côtière artisanale de « luxe
» (langoustines, baudroies, merlus, coquilles
Saint-Jacques, bars, soles), la
Bretagne propose tous les produits de la mer.
La pêche représente près
de la moitié de l’activité
nationale de la filière. En 2000, le
secteur regroupait 1 700 navires sur lesquels
étaient embarqués plus de 9 000
marins. Avec les activités connexes (commercialisation,
chantiers naval, etc.), l’ensemble génère
près de 5 000 emplois. Il faut se rendre
à la criée de Lorient pour prendre
la mesure de cette industrie. |
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Le porc
et le chou
En quelques décennies, l’agriculture
bretonne est passée d’un système
familial à une agriculture moderne
de marché. Bien que contestée
du point de vue environnemental, la Bretagne
est aujourd’hui la première région
française en matière d’élévage
et la seconde pour la production légumière
(en terme de chiffre d’affaires). En
2000, l’agriculture
employait 7 % de la population active de la
région et contribuait pour 6 % à
son produit intérieur brut (PIB)*.
A titre de comparaison, en France, la population
active agricole représentait cette
même année 3,4 % des actifs et
contribuait pour 2,8 % au PIB.
La grande spécialité est l’élevage
de porcs. En 2001, sa production se trouve
en tête du chiffre d’affaires
agricoles régional et représente
56 % de la production nationale. Les départements
bretons sont de loin les quatre premiers producteurs
de l’Hexagone avec les Côtes d’Armor
et le Finistère comme chefs de file.
L’aviculture (poulets de chair, œufs,
etc.) est la troisième filière
agricole bretonne avec 17 % de la production
régionale, soit une contribution de
31 % au chiffre d’affaires avicoles
national. Les Côtes d’Armor sont
au premier rang national de la production
d’œufs. Enfin, la viande bovine
représente 10 % de la production agricole
bretonne. |
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La région
fournit 15 % de la production nationale. Le
développement de l’élevage
hors-sol (dans des bâtiments et non
en prairie) a participé et participe
toujours à la réussite de la
production animalière bretonne.
Du côté des légumes, le
chou-fleur ou le Camus de Bretagne (une espèce
d’artichaut) sont les fleurons de la
région. Ils assurent chacun plus de
70% de la production nationale. En surface
cultivée (légumes frais et pommes
de terre), la région est la deuxième
après le Nord–Pas-de-Calais.
Les productions de légumes frais se
concentrent sur la façade maritime
nord, essentiellement dans le Finistère,
autour de Saint-Pol-de-Léon et Paimpol.
Les légumes destinés à
la transformation sont, quant à eux,
plutôt produits dans le sud-ouest de
la Bretagne. Il ne faut pas oublier les haricots
verts, les pommes de terre primeurs, les échalotes
et les épinards pour lesquels la Bretagne
tient aussi le haut du pavé. Elle est
au deuxième rang pour les petits pois
et les tomates sous serre.
Parmi la production fruitière, nous
pouvons retenir la fraise. Une célèbre
entreprise de fruits et légumes bretons
en produit environ mille tonnes sur 8 mois
de l’année (de mars à
octobre). La variété la plus
connue est la fraise de Plougastel, ramenée
du Chili par un certain Amédée-François
Frézier (dont l’homonymie avec
le fruit n’est qu’un clin d’œil
fortuit). Avec le lin, la fraise a assuré
la renommée comme la prospérité
de Plougastel qui possède comme il
se doit son musée de la fraise ! |
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Petites folies ordinaires
L’utilisation du beurre salé
est un des secrets de polichinelle de la réussite
de la cuisine bretonne. Car il ne serait pas
permis d’oublier les produits laitiers.
La région fabrique 30% du beurre consommé
en France. En réalisant 21 % de la
production française, la Bretagne est
également la première région
laitière de France et l’Ille-et-Vilaine
le premier département producteur.
De fabrication semi ou entièrement
artisanale, les fromages de Bretagne restent
du domaine de la mini-agriculture. Nous pouvons
citer le chèvre d’Erdeven (Morbihan),
de Restoury (Trébivan ).
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dans les Côtes d’Armor),
de Le Cornou (Trévaluic en Guengat
dans le Finistère), de Keroulep (Belle-Ile-en-mer)
ou les produits de la fromagerie de Lannion
(Côtes d’Armor Il y a aussi le
fromage de l’Abbaye de Campeneac (Morbihan)
au lait de vache à pâte pressée,
non cuite, qui ressemble au Port-salut.
Parmi les pâtisseries les plus célèbres
de Bretagne, il y a le far (fourré
aux pruneaux ou aux raisins), le Kouign-Amann,
les craquelins de Plumaudan ou les galettes
de Pont-Aven. Les alcools les plus courants
sont le chouchenn et les différents
autant qu’excellents cidres fermiers,
mais les bières artisanales de qualité
sont aussi nombreuses (celle de Morlaix est
réputée). |
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La cuisine traditionnelle
Les galettes et crêpes, respectivement
de sarrasin (blé noir) ou de froment,
salées ou sucrées, avec toutes
sortes de garnitures de saisons, sont incontournables
en Bretagne. Croustillant, cuisiné
au beurre salé, parfois surmonté
d’un œuf miroir, ce plat, fêté
à la mi-juillet dans la commune de
Gourin (Morbihan), a fait le tour du monde.
Dans un pays où le cochon est dans
toutes les fermes, il est difficile d’omettre
l’assiette de charcuterie aussi : pâtés,
tripes, boudins, et bien sûr l’andouille
de Guéméné-sur-Scorff
garnissent les belles tables bretonnes pour
le plaisir de tous, des habitants comme des
touristes.
Les plats haut de gamme restent le plateau
de fruits de mer, la galette de blanc de barbue
à l’andouille, les langoustines
à l’armoricaine, le rouget barbet
aux |
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oignons de Roscoff, les
coquilles Saint-Jacques d’Erquy à
la vanille givrée, le Saint-Pierre
cuit vapeur écrasé de pommes
grenailles, turbot rôti à la
cervoise, consommé de langoustines
aux étrilles, etc., que nous concoctent
les chefs cuisiniers jamais en manque d’inspiration.
Dans le but de préserver les ressources
naturelles et la qualité des produits,
l’agriculture bretonne n’échappe
pas à la tendance bio. Actuellement,
plus de 32 000 hectares de surface fournissent
une variété de produits d’une
qualité exceptionnelle. La crêpe,
le cidre, le beurre, mais aussi certains légumes
comme les topinambours possèdent leur
label bio.
La Bretagne est décidément un
pays où il fait bon vivre ou aller
se resourcer. (Sources
: *Chambre régionale d’agriculture
de Bretagne, Bretagne environnement, Produit
en Bretagne, Bretagne nouvelle vague, Ofimer,
recettes-et-terroirs.com, tourismebretagne.com) |
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| Quelques
réactions de professionnels |
Laurent
Auberger,
Directeur de la société «
Cochon de Bretagne » - Plérin |
| « Notre activité
comprend la viande fraîche, la salaison
(en sec et en cuit) et le surgelé.
Aujourd’hui, le contexte commercial
est assez compliqué. On travaille avec
la grande distribution. Le fait d’avoir
un ancrage breton est un argument vis-à-vis
des consommateurs en général
et surtout de la région. |
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Pour autant, le pari n’est
pas gagné. Nous devons toujours être
meilleur et moins cher. Sur le marché
de la viande fraîche, on est confronté
à une concurrence très forte.
Par contre, en innovant, on créé
de la valeur ajoutée. C’est notre
atout car c’est aujourd’hui la
demande des consommateurs. Nous nous adaptons
au marché. » |
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Laurent
Péan
Directeur de l’entreprise Péan
L - Rungis |
| « Nous ne faisons pratiquement
que du poisson français à hauteur
de 96%, soit 50% en provenance de Bretagne.
Parmi les produits bretons, ce sont les bars,
soles, langoustines, lottes, lieus jaunes,
raies, etc. Ce sont tous les produits de pêche
en petits bateaux. |
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Nous avons directement affaire
avec les mareyeurs. L’intérêt
de la Bretagne est sa grande diversité
d’espèces et sa qualité
très intéressante. D’ailleurs,
nos clients ne s’y trompent pas, ils
reconnaissent les produits qui viennent de
Bretagne. C’est pour eux un gage de
qualité. » |
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Hervé
Le Douarec
Directeur-adjoint de la Chambre des métiers
des Côtes d’Armor – Ploufragan |
« Nous cherchons
naturellement à mettre en relation
nos produits avec les formations relatives
aux métiers de la bouche. Et notre
Bretagne est un formidable vivier.
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Elle nous le permet avec ses
poissons, ses moules de bouchots, tous les
produits dérivés du porc, les
fruits (les fraises bien sûr) et notamment
les mini-légumes de plus en plus produits
chez nous. Mais le produit-phare reste l’incontournable
coquille Saint-Jacques. » |
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Jean-Pierre
Guilard
(Directeur du Centre d’Affaires Entreprises
de la Banque de Bretagne Paris / Région
Parisienne / Marché de Rungis) |
| « Créée
en 1909, la banque de Bretagne est la plus
ancienne banque privée bretonne. Avec
un produit net bancaire de 83,9 M€ et
une évolution de 42% de crédits
d’équipements, nous sommes un
partenaire privilégié des entrepreneurs
à chaque étape de leurs projets,
notamment dans le secteur de l’agroalimentaire. |
|
Afin de concrétiser
notre dynamisme commercial et d’accompagner
le développement de l’économie
régionale, nous disposons de six Centres
d’Affaires Entreprises départementaux
(dont Rungis) et de 650 collaborateurs...
». |
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