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Le bœuf mode : d’hier et d’aujourd’hui…

Fleuron de la gastronomie d’antan, il est indémodable au même titre que bien d’autres plats comme la blanquette de veau, le pot-au-feu…

En 1936, Le Bœuf à la mode - célèbre restaurant parisien dont on devine la spécialité - fermait ses portes. Cliente assidue, Colette le regrettait en ces termes : « le bœuf bien lardé, l’excellente mode de sa sauce, de ses carottes, de son lard, de son pied de veau, ont disparu… ».


Fiche d'identité
Pour réaliser un bon bœuf mode, on peut suivre la recette suivante :
« Faire rissoler dans le beurre, de tous côtés, 1,2 kg de viande de bœuf lardée de bâtonnets de couenne. Jeter la graisse et flamber au cognac. Verser un demi-litre de vin blanc et faire réduire de moitié. Ajouter le reste de la couenne, un pied de veau fendu et blanchi ainsi qu’un bouquet garni. Mouiller de bouillon à hauteur, saler, poivrer, couvrir et laisser cuire durant 1h30. Ajouter une trentaine de petits oignons et 500g de carottes coupées en petits dés. Finir doucement la cuisson. Dégraisser. Lier la sauce avec un féculent et servir aussitôt... ».

Dans cette recette, une parmi d’autres, il est mentionné « 1,2 kilogramme de viande de bœuf » sans autre précision. L’explication en est simple : les recettes traditionnelles, notamment celles issues du livre sur la « Gastronomie Pratique » d’Ali Bab, publié pour la première fois en 1907, font mention de la culotte de bœuf. Or, ce morceau n’existant plus, par quoi faut-il le remplacer ? Certains proposent le paleron ou la macreuse, des parties maigres du bœuf situées au niveau de l’épaule de l’animal qui supportent bien les cuissons longues. Mais, pour rester fidèle à la recette originale, on retiendra l’aiguillette baron ou l’aiguillette rumsteck, deux morceaux longs et coniques.


Production et consommation
Comme souvent, il est difficile de connaître les volumes précis des morceaux concernés Notons qu’en moyenne, le paleron et la

macreuse pèsent chacun entre 6 et 8 kg, quand l’aiguillette rumsteck oscille entre 4 et 5 kg et la baronne entre 3 à 4 kg. Cela, pour un poids de carcasse de 500 kg. (source CIV)


Sur le Marché de Rungis
Ravi de voir que le bœuf a retrouvé ses niveaux de consommation d’antan, M. Francis Ochoa, directeur général de GRG, constate que « ces morceaux se vendent surtout l’hiver comme toutes les viandes en
  sauce ou à braiser. Ce marché tend à stagner car les ménagères n’ont plus le temps de cuisiner. Cependant, en été, ces mêmes morceaux servent à élaborer la viande hachée, un produit en pleine croissance…».
Matthieu Noli

 
 
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