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Ils se sont implantés à Rungis

Portraits de grossistes :

Ce mois ci :


Jérôme Desmettre


Dirigeant de la société Desmettre et grand professionnel du secteur des fruits et légumes, Jérôme Desmettre a opté pour la stratégie du « spécialiste-discounter ». Une stratégie gagnante…

« Pareil à notre entreprise, le Marché de Rungis est de plus en plus un marché de professionnels pour les professionnels… ».

A quand remonte l’entreprise ?
D’origine flamande, mon arrière grand-père a créé une société de négoce de fruits et légumes, reprise par son fils Pierre, mon grand-père, après la Première Guerre Mondiale. Celui-ci était présent sur les marchés et les halles de Lille et Valenciennes. L’un de ses fils, Georges, se rendait chaque semaine dans les grands ports (Le Havre, Nantes, Rotterdam…), à l’arrivée des bateaux, pour y acheter des fruits de l’hémisphère sud. La société Desmettre était déjà connue pour ses produits de contre saison.

Comment a-t-elle évolué ?
Mon père, Emile, était responsable de Desmettre à Lomme (59) et ses deux frères aînés sont venus s’installer à Rungis en 1971, sous l’enseigne Pierre Desmettre et Fils. La société comptait alors huit portes de carreau et commercialisait de la tomate et des produits de contre saison par palettes entières…
A 25 ans, je suis arrivé à Rungis et j’ai commencé par vendre les produits de contre saison au téléphone. Ensuite, j’ai vendu sur le carreau avant de devenir commis. Puis, j’ai connu la caisse, le standard et l’administratif...
En 1991, mon oncle Adolphe a pris sa retraite. Mon père est devenu le p-dg de l’enseigne de Rungis et moi, le directeur. En 1998, j’ai racheté les parts de mon père et de mon oncle, dirigeant de Desmettre à Lomme. En 1999, je suis devenu p-dg de l’ensemble de la société.
Puis en 2001, ce fut l’agrandissement de Lomme et le rachat de trois portes à Fauchart, mon voisin de Rungis. Un an plus tard, ce fut l’acquisition de Poujade (huit portes) à Rungis. En 2007, l’extension de l’entreprise est passée par le rachat de Sodepa (trois portes) à Rungis. Soit vingt-deux portes, en totalité, pour Desmettre Rungis. Les activités de Desmettre et Poujade ont été fusionnées en mars 2008.

Quelle est votre stratégie de développement ?
Notre stratégie de développement porte sur deux axes. D’une part, la vente sur le carreau, comme « spécialiste-discounter », un professionnel au service des professionnels. D’autre part, depuis cinq ans, une activité d’importation spécifique et distincte de notre activité de carreau. A cet égard, de nouveaux éléments interviendront prochainement dans notre stratégie de développement.
Nous importons directement nos produits afin d’éviter tous les intermédiaires. Je connais tous mes producteurs répartis dans le monde entier pour les avoir rencontrés et je me déplace souvent pour en trouver d’autres afin d’obtenir de nouvelles origines et variétés, à des tarifs adaptés au marché. Depuis deux ans, on se pose la question d’un rapprochement avec l’amont et la production.

 

Notre gamme de produits est basée sur une qualité standard « plus » (fraîcheur, origine, goût…).

Etes-vous présent à l’export ?

Depuis six mois, nous avons développé une activité à l’export dans la CEE, mais aussi en Europe centrale, bien que le marché y soit encore peu organisé. Nous avons commencé à y expédier nos premiers camions. L’export est un axe de développement commercial à ne pas négliger, d’autant plus que de nouvelles perspectives de marchés s’ouvrent à nous (Asie, Moyen-Orient) en termes de production et de consommation.

Quelle est votre analyse du marché des fruits et légumes ?
Je reste optimiste car ces produits ont une qualité intrinsèque évidente. C’est bon pour la santé et bon au goût. De plus, ces produits entrent dans les « schémas » nutritionnels prônés par les spécialistes de l’alimentation et les autorités médicales… Par ailleurs, le consommateur étant de plus en plus en quête de qualité gustative et de saveurs, les fruits et légumes sont les meilleures réponses à sa demande. Je crois vraiment au commerce de détail, le mieux placé pour proposer une qualité supérieure et bien différente de la GMS.

Quel est votre sentiment du Marché de Rungis ?
Le Marché de Rungis est un marché de compétences où les opérateurs sont groupés et peuvent ainsi proposer une offre large et pertinente. La concurrence et l’émulation sont nécessaires à son développement et à celui des grossistes. Pareil à notre entreprise, le Marché de Rungis est de plus en plus un marché de professionnels pour les professionnels.
Bénéficiant d’une bonne communication, il est reconnu pour la qualité et la fraîcheur de ses produits. Il est important d’en parler car il est une référence qualitative.
Si des efforts ont été réalisés dans plusieurs domaines, on peut regretter le manque de place sur l’arrière des bâtiments, notamment lors des opérations de déchargement. Enfin, il est dommage que les grossistes n’aient pu être partie prenante dans l’ouverture du capital…

Parcours
Né à Lille (59), Jérôme Desmettre (43 ans) y a fait toutes ses études (Bac B, IUT de commerce). Après son service militaire effectué dans la cavalerie, au grade d’aspirant, il est allé en Espagne et en Angleterre pour se perfectionner dans les deux langues. Préalablement à son entrée dans la société familiale, il a suivi un stage de perfectionnement au CFL (Centre des Fruits et Légumes) d’Avignon. Très engagé dans la vie syndicale et professionnelle, Jérôme Desmettre est membre de la CSCGFL et de la CSIF.

Chiffres clés

Personnel : 70 personnes (ensemble du groupe)
Volumes traités : 60 000 tonnes fruits et légumes
C.A. global : 45 millions d’euros (28 Md€ sur carreau et 17 Md€ import/export)
Produits phares : tomates, agrumes, pommes/poires
Clientèle : 70% (détail), 30% (grossistes, demi-grossistes)


Mickael Robart


Gérant avisé de la société Orchidis Jardin, Michael Robart ne déroge pas à sa règle : « faire ce que l’on sait faire et le faire bien… ».

« Convivialité, professionnalisme, diversification : trois raisons d‘acheter à Rungis… »

Comment êtes-vous devenu gérant de la société ?
Après des études de droit, j’envisageais de devenir juriste. Mais, je me suis aperçu que j’étais trop entier et pas assez diplomate pour cette fonction… Alors, j’ai cherché un métier où l’on pouvait aller de l’avant... Après avoir hésité entre la restauration et la grande distribution, j’ai finalement opté pour la seconde et j’y suis resté cinq ans. Il s’agissait d’une grande enseigne du bricolage et du jardinage. Cependant, je cherchais un poste plus mobile, un poste de commercial. C’est ainsi que je suis arrivé chez Orchidis Jardin (ORganisation ChImie DIStribution), une filiale du groupe Brenntag. Cette société spécialisée dans le négoce de produits chimiques avait son siège à Rouen. Elle possédait trois sites (Orléans, Cambrai, Villeneuve le Roi) et le magasin sur le marché de Rungis. Elle avait une activité de gros de produits horticoles et de jardin (phytosanitaires, engrais, fongicides…). J’ai été engagé comme directeur du magasin de Rungis alors que je postulais un poste de commercial. Après un an, le siège m’a proposé de devenir acquéreur du magasin de Rungis car il avait décidé de supprimer certaines de ses activités, à la suite d’un recentrage sur leur métier premier. En mars 99, j’ai donc repris le magasin avec un partenaire et en 2002, je suis resté le seul gérant d’Orchidis Jardin. Mon épouse Yvonne travaille avec moi et se charge du back-office…

Quelle est votre gamme de produits ?
Notre gamme concerne le secteur horticole et plus particulièrement les matériels et produits, à l’exception des plantes et végétaux. Notre gamme comprend entre 5000 et 12 000 références, selon les saisons et les conditions climatiques. Ainsi, nous faisons 70% de notre CA au printemps. Parmi nos produits phares figurent le terreau et les poteries. Il y a ensuite les amendements et les produits de traitement, les contenants en plastique (avec ou sans réserve d’eau), l’outillage, les semences, graines et gazons, les bulbes, l’arrosage… et bien d’autres articles. On ne vend que du manufacturé. On s’aperçoit que les produits sont de moins en moins polluants et que l’on s’oriente davantage vers des produits « bio », des produits plus naturels. Nous sommes entrés dans l’ère du développement durable… Le marché du jardinage se porte bien dans sa globalité car le client est de plus en plus demandeur du produit clé en main. Il ne veut plus de contraintes pour profiter au maximum de son jardin. Pour

 

cette raison et pour d’autres, il est devenu difficile d’être un multi-spécialiste.

Comment travaillez-vous ?

Par principe, on essaie de faire ce que l’on sait faire et de le faire bien. Il y a onze ans encore, on avait une catégorie importante de clients qui était le grainetier. Aujourd’hui, le grainetier est en voie de disparition et c’est bien regrettable. Actuellement, la plus grande partie de notre clientèle (70% à 80%) est composée de fleuristes en boutiques et de paysagistes décorateurs, soit un bon millier de clients actifs et d’un peu de jardineries. Nous sommes sur un secteur plutôt concurrentiel et il nous a fallu adapter notre offre. Nous sommes plus axés sur la « déco » et en particulier la belle poterie d’Italie et d’Asie. On s’aperçoit que les volumes ont tendance à diminuer légèrement, nous obligeant à nous recentrer sur notre cœur de métier. De fait, on pratique une plus grande rotation de nos stocks. Nous travaillons de plus en plus en flux tendus. Nous fonctionnons avec 40% de stock en moins qu’il y a dix ans. Pour cette raison, nos pratiquons le déstockage sur certaines gammes de produits régulièrement. Aujourd’hui, notre activité requiert de plus en plus de recherche et de renouvellement de produits, de gestion et de rigueur.

Quel regard portez-vous sur le Marché de Rungis ?
Je vois le Marché de Rungis comme une plaque tournante très importante. Il faut bien reconnaître que nous profitons du passage des clients grâce aux secteurs de la fleur coupée et des plantes en pots. Je ne conçois pas mon activité sans le pavillon C1 et tous les opérateurs qui m’entourent. Nous sommes dans un ensemble qui fonctionne en synergie, en complémentarité. On travaille en bonne intelligence et on s’envoie des clients. Le but final est de satisfaire le client pour qu’il revienne à Rungis car ce marché est la condition sine qua non de l’existence de mon entreprise et de son développement. Convivialité, professionnalisme, diversification, voilà trois raisons d’acheter à Rungis… ».

Parcours

Michael Robart (39 ans) est né à Béthune (62) dans une famille d’enseignants de l’Alliance Française. Il a vécu jusqu’à l’âge de 18 ans à l’étranger : Canada, Nigéria, Arabie Saoudite, Argentine... C’est dans ce dernier pays qu’il a obtenu son bac (au lycée français). De retour en France, il obtient un BTS de commerce international, avant d’intégrer la « fac » et de passer deux maîtrises de droit et un DEA de sciences politiques. Il renonce à devenir juriste pour s’engager dans le monde du commerce…



Chiffres clés

Personnel : 7 employés
Gamme produits : 5000 à 12 000 références
Clients : un millier (80% fleuristes et paysagistes décorateurs)


Eric Payen

Directeur de la société Sodifrais, Eric Payen est un spécialiste reconnu de l’export et des produits de qualité...

« Rungis offre une forte image de qualité et de terroir... »

Quelle est l’activité et l’origine de la société ?
Société indépendante, notre activité concerne le grand export et plus surtout l’approvisionnement en produits frais haut de gamme de magasins d’épicerie fine et supermarchés du monde entier. Nous sommes prestataire exclusif du groupe Mercure International of Monaco dans son activité de distribution alimentaire en produits frais, sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Congo, Cameroun, Gabon, Côte d’Ivoire), concernant son approvisionnement aérien. Cela représente trois hypermarchés, des supermarchés et des grands magasins (une trentaine). Mercure International of Monaco est un groupe monégasque qui se partage entre la distribution alimentaire et la distribution d’articles de sport.
Nous sous-traitons avec SDV pour la prestation logistique, y compris les enlèvements de marchandises pour mieux nous concentrer sur notre cœur de métier qui est l’achat et la vente de produits frais, ainsi que la communication, pour un large panel de clients qui concerne, outre l’Afrique de l’Ouest, l’Asie - dont les magasins haut de gamme de Hong-Kong, Singapour, Bangkok - le Moyen-Orient, et depuis six ans, le Proche-Orient, en particulier les Emirats Arabes Unis.
Nous sommes aussi contractuellement adossés aux magasins que nous servons dont les anciens magasins de la SCOA, en Afrique de l’Ouest... Nous avons repris l’ancienne structure d’approvisionnement en produits frais d’une filiale du groupe Accor qui était basée alors dans la zone Senia. Par ailleurs, notre activité sur l’hôtellerie-restauration est très limitée.

Quels sont vos produits ?
Il s’agit de produits frais rigoureusement sélectionnés. A la fois des produits courants comme la crèmerie, les fruits et légumes, la charcuterie... mais également haut de gamme (foie gras, caviar, saumon fumé..), sans oublier un certain nombre de produits d’épicerie fine. Notre vocation est le produit frais de qualité (label, terroir, bio, AOC...) français mais aussi européen (fromages, charcuterie, épicerie, mets et desserts...). Nos volumes représentent un peu plus de 100 tonnes/mois réparties pour moitié entre l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde. Les produits sont acheminés à 85% par avion et à 15% par voie maritime. Il s’agit de produits traditionnels dont la volaille, la marée, les fruits et légumes (20%), de fromages (30%), de produits laitiers divers frais comme les yaourts, l’ultra-frais, le beurre, les desserts (20%), de charcuterie et produits traiteurs (20%) et d’épicerie fine (10%)...

Quelle est votre clientèle ?
Il s’agit des supermarchés, magasins et épiceries fines qui ont eux-mêmes pour clients

 

des acheteurs possédant un pouvoir d’achat élevé (familles expatriées, dirigeants, d’hommes d’affaires et de commerçants, haute bourgeoisie locale). Notre politique commerciale est d’apporter tout le service dont nos clients ont besoin en sélectionnant un certain nombre de gammes dans les meilleurs produits, de rechercher des tendances et nouveautés qui puissent intéresser leurs propres clients au travers d’assortiments de produits festifs, labellisés, de terroirs, la saisonnalité des produits, mais aussi d’événements consacrés aux produits comme les foires aux vins et des visites de fabricants, de fournisseurs, comme les grands traiteurs parisiens, les marchés de produits frais, voire des parcs à huîtres et autres lieux de production...

Comment voyez-vous évoluer votre secteur?
L’avenir du métier de transitaire est à plus de professionnalisme. Sans parler de concentration, on peut dire que l’on se dirige vers davantage de spécialisation, au travers de niches. Il y aura peut-être des regroupements, des segmentations, par type d’activité, de destination, de produits, de clientèles. Nous avons choisi la nôtre : être des généralistes. Cependant, le grand export nécessite d’être performant en terme de qualité de produits, de coûts et de livraison, d’être informé sur les pays clients, les produits et surtout les réglementations auxquelles il faut s’adapter en permanence car elles évoluent rapidement et sont diverses d’un pays à l’autre.

Que pensez-vous du Marché de Rungis ?
Pour notre métier, Rungis est une adresse prestigieuse et connue du monde entier. Au plan logistique, c’est un avantage considérable, de même qu’en terme d’approvisionnement en fruits et légumes, marée, crèmerie, spécialités traiteurs et étrangères... Nos achats dépassent les 30% pour tous ces produits avec une prédominance pour les fruits et légumes frais (salades, fruits, fines herbes..). On peut regretter que Rungis soit encore trop tourné vers le marché traditionnel parisien et français...

Parcours
Nantais d’origine, Eric Payen (51 ans) est fils d’un géomètre-expert. Il a vécu une partie de son adolescence en Algérie où il a passé un Bac B, et une maîtrise de gestion. De retour à Aix en Provence, il a obtenu un DESS (spécialité audit interne, finances et gestion). Il a effectué son service militaire à Hong-Kong au titre de la coopération qui lui a permis d’être engagé par la SCOA (Société commerciale de l’Ouest africain) spécialisée dans la distribution et la gestion de supermarchés à l’étranger. En 1995, il devient directeur de la société Sodifrais (repreneur des anciens Etablissements Papet passés à cette époque sous le contrôle d’une filiale du groupe Accor).

Chiffres clés
Personnel : 9
Clients : hypermarchés, supermarchés, grands magasins, épiceries fines (Afrique de l’Ouest, Asie, Moyen et Proche-Orient)
Chiffre d’affaires : 9 millions d’euros (+45% en trois ans)

Michel Lemeunier

Dirigeant de la société Perez-Lemeunier, enseigne reconnue du secteur des fruits et légumes, Michel Lemeunier en assure la réputation et la pérennité avec un grand professionnalisme.

« Rungis, le fruit de la qualité… »

Quelle est l’origine de la société ?
Après avoir appris le métier avec ses parents qui étaient commerçants détaillants sur les marchés parisiens, mon père s’est installé aux Halles de Paris avec ma mère Yvonne, elle-même fille de négociants en fruits et légumes des Halles de Paris. Puis, il a racheté la société Pascual, spécialisée en pommes et poires, fraises, cerises, melon... Par la suite, il s’est associé à M. Raymond pour fonder la société Raymond - Lemeunier qui est venue à Rungis en 1969. Séparé de son associé en 1972, mon père a racheté la maison Chastagnier en 1974. A cette époque, j’ai rejoint l’entreprise familiale car mon père avait besoin de moi... En 1987, il a pris sa retraite et j’ai continué seul jusqu’en 1997. A cette date, j’ai fusionné avec mon voisin, M. Jesus Llusar, dirigeant de la société Perez, qui s’apprêtait à partir en retraite. L’entreprise est devenue Perez-Lemeunier et le distributeur exclusif des marques d’agrumes espagnols « Toi et Moi » et « La Violette ».

Comment a-t-elle évolué ?
Esprit assez indépendant, j’avais demandé à mon père de me laisser les mains libres pour monter les rayons et aller vers une expertise de produits haut de gamme et développer une clientèle attachée à ces produits. Mais, nous étions arrivés à un niveau de qualité ne correspondant plus tout à fait à la demande globale. J’ai revu mes fournisseurs en leur demandant de travailler différemment et beaucoup ont accepté de revoir leurs prix. Nous avons conservé une clientèle haut de gamme tout en développant nos volumes.

Quels produits commercialisez-vous ?
Nous écoulons environ 6000 tonnes de fruits, autant français qu’espagnols, dont 4000 tonnes d’agrumes, 1000 tonnes de pommes et poires et 1000 tonnes composées de cerise, raisin, abricot, fraise et autres... Il s’agit d’une gamme homogène toute l’année dont les pommes de la marque Perlim. Nos produits phares sont les agrumes (clémentines, oranges), les cerises, le raisin (chasselas de Moissac et muscat du Ventoux), les pommes et poires... Nous servons les Cours des Halles parisiens, les marchés parisiens et de la grande périphérie, ceux de la petite province et des grossistes de province distribuant les marques « Toi et Moi » et « La Violette ». Cela représente 70% de commerces traditionnels et 30% de grossistes (hors Rungis). Avec le passage à l’euro, nous avons développé des produits que les consommateurs ne regardaient pas auparavant. Les fruits sont au juste prix par rapport à leur qualité...

 

Comment voyez-vous évoluer le marché des fruits et légumes ?
Globalement, on enregistre une diminution de la consommation de 30% à 40% sur les dix dernières années. Mais, faute de moyens, la filière ne communique pas encore assez pour contrecarrer la puissance des groupes agroalimentaires. Il nous faut retrouver un certain dynamisme au niveau de la mise en avant de nos produits. Aujourd’hui, la GMS occupe 70% du marché contre 30% pour le commerce de gros. Je reste optimiste, mais il faut encourager les producteurs à aller vers une expertise du goût. Nos clients sont exigeants parce que le consommateur est exigeant. Il faut éviter la banalisation des produits qui entraîne des baisses de marché. A cet égard, le grossiste fait un véritable métier par son savoir-faire et sa place est indispensable dans le circuit de la distribution par son expertise pour proposer le meilleur produit au meilleur prix. Les kiwis et autres produits exotiques ont été connus et consommés grâce aux grossistes...

Que pensez-vous du Marché de Rungis ?
Il reste le plus grand marché du monde en termes de produits frais. Leur qualité conjuguée aux volumes attire une clientèle qui n’existe pas ailleurs. Cependant, on y travaille de moins en moins en flux tendus et il y a trop de resserre. Il est indispensable de retrouver le dynamisme d’antan. Notre outil de travail nous permet d’avoir des produits de grande fraîcheur et des rotations de stock très rapides. Rungis, le fruit de la qualité... est une réalité qui doit perdurer.

Parcours
Né à Paris 15e, Michel Lemeunier (57 ans) est fils et petit-fils de négociants en fruits et légumes. Diplômé de l’Ecole de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (Advencia), il a débuté dans la vie professionnelle chez IBM avant de rejoindre l’entreprise familiale en 1974, en qualité de gestionnaire du centre de conditionnement des fruits et légumes. Après le rachat de la maison Chastagnier en 1974 et le départ en retraite de son père en 1987, Michel Lemeunier fusionne avec son voisin, M. Jesus Llusar, dirigeant de la société Perez, et en 1997, la société devient Perez-Lemeunier. Aujourd’hui, il en partage la direction avec Isabelle Dalsoglio, la fille de ce dernier.
Administrateur de la CSCGFL depuis de nombreuses années, Michel Lemeunier a reçu en 1995 la Nef d’Or attribuée par la CCIP aux entreprises performantes. Par ailleurs, il est membre de la Confrérie des cerises du Mont-de-Venasque et des melons du Haut-Poitou.

Chiffres clés

Personnel : 10 employés
Offre : 6000 tonnes de fruits/an
Clients :
Commerces de détail et marchés (Paris, région parisienne, petite province), grossistes de province
Chiffre d’affaires :
11 millions d’euros

Philippe Quenedey et Guy Hemmi

Société performante dirigée par Philippe Quenedey et Guy Hemmi, Natoora tisse sa toile sur le e-commerce alimentaire.

« Dans le développement du e-commerce alimentaire frais, Rungis devient incontournable… »

Comment a démarré la société ?
Créée par Philippe et Jean-Patrice Quenedey, la société a démarré vraiment en mars 2001, au Salon International de l’Agriculture où l’on a fait nos premières ventes et notre plateforme était déjà située à Rungis.
On commercialisait environ 150 produits, en majorité des fromages et un peu de fruits et légumes, fournis par quelques producteurs qui voulaient bien jouer le jeu.
Nos premiers clients étaient des proches et des amis. Les quatre premières années, nous étions quatre et l’on faisait tout : sourcer les commandes, les préparer, les livrer…

Comment s’est-elle développée ?
En 2005, nous avons mis en place une plateforme à Londres, dans le New Covent Garden, afin de livrer les résidents français.
Aujourd’hui, nous sommes 32 dont 14 en Angleterre.
Au début, notre fournisseur de viande (Sicaba, à Bourbon l’Archambault - 03) nous expédiait 15 pièces de viande à race et labellisée (charolaise), tranchées, emballées et étiquetées au nom du client, par jour. Aujourd’hui, il nous fournit 20 000 € de viande/mois, soit moins de 1% de son chiffre d’affaires.
Pour les fromages (150 références, second poste en valeur après la viande), nous sommes partenaire d’Eric Lefebvre, affineur et MOF 2004. Suivent les fruits et légumes, les produits de la mer et l’épicerie.
En volumes, les fruits et légumes (150 références) sont le premier poste devant la viande/charcuterie/traiteur, les produits laitiers, les produits de la mer et l’épicerie.
Notre gamme compte 2500 références dont 1900 en frais et 600 en sec. Elle provient de 150 fournisseurs artisans pour l’essentiel. Tous nos produits sont tracés. Seul généraliste alimentaire sur Internet, notre chiffre d’affaires progresse de 40% l’an. Nous avons un site, la boutique gourmande, dédié aux produits gastronomiques haut de gamme.

Quelles sont vos sources d’approvisionnement ?
Pour 70%, des producteurs artisans de qualité et originaux et pour 30%, le marché de Rungis. Nous ne commercialisons aucun produit de marque. Chaque année, une partie (30/40) de nos produits sont « médaille d’Or » au Concours agricole de Paris. Travaillant en flux tendu pour des raisons économiques et de fraîcheur, notre plateforme