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 | Ils
achètent à Rungis | |
Tous
les mois, découvrez les nouveaux zooms
de producteur.
Ce mois ci :
Les précédents portraits
:
- Jean-Pierre
Bourven, maraîcher
en agriculture biologique
- Thibaut
Aubergé, exploitant agricole-maraîcher
à La Forêt le Roi (91),
- Dominique
et Jean-Marc Gaillard, arboriculteurs
aux Alluets Le Roi (78),
- Bruno
Picard,Pépiniériste
d’ornement installé à
Courtacon (77),
- Christophe
Vuillot, éleveur de
volaille de Bresse AOC
- Dominique
Pierru, le « roi »
du caviar d’escargot…
- Thierry
Angsthelm, Producteur de
choucroute alsacienne
- Frédéric
Bonomelli, dirigeant de la
société Salaisons Pyrénéennes
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Eleveur - engraisseur, Dominique Micheneau
participe de belle manière à
la renommée de cette viande haut
de gamme…
« La blonde d’Aquitaine
est l’une des plus belles races bovines
au monde… »
Comment avez-vous
débuté dans ce métier
?
J’ai pris la succession de mon père
Joseph et je me suis installé en
1982. Je dirige l’exploitation avec
mon frère cadet Benoît (42
ans). A l’origine, mon grand-père
Joseph était marchand de bestiaux
et faisait un peu d’élevage,
de la rouge des près, sur son exploitation
d’une quinzaine d’hectares…
Mon père était également
éleveur-engraisseur et ne faisait
que de la charolaise avec environ 80 bêtes.
Aujourd’hui, l’exploitation
s’étend sur 82 hectares de
pâturages et tourne sur un cheptel
composé à 95% de femelles
blonde d’Aquitaine… Toutes les
deux à trois semaines, je descends
acheter des bêtes dans le sud-ouest,
en particulier dans les Hautes-Pyrénées
et les Pyrénées-Atlantiques
mais aussi un peu dans le Gers, berceau
de la race.
Pourquoi avoir choisi cette race
bovine ?
Dans les années 80, nous faisions
uniquement de la charolaise. En 1984, on
m’a parlé de la blonde d’Aquitaine
et de ses qualités et je suis donc
descendu dans le sud-ouest pour juger sur
pièce… J’ai été
séduit par la conformation de cette
race et j’ai acheté plusieurs
bêtes. De suite, il y a eu de la demande
et j’ai alors abandonné la
charolaise… Je travaille presque uniquement
la femelle car la viande est plus rouge
et plus tendre que celle du mâle.
C’est une bête qui produit peu
de déchets et qui satisfait pleinement
les bouchers et le Marché de Rungis.
On choisit les bêtes en fonction du
poids (850/900 kg à 1 tonne), de
l’âge (2 à 7 ans maximum)
et de la conformation. Son poids de carcasse
est un peu supérieur à 500
kg. C’est une viande peu grasse, goûteuse
et finement persillée qui plaît
beaucoup… Si la blonde d’Aquitaine
affiche une bonne aptitude au vêlage,
en revanche, elle est assez fragile et l’élevage
en reste assez difficile. De plus, la population
agricole diminuant, il y a moins d’éleveurs.
Voilà pourquoi on trouve moins de
blonde d’Aquitaine qu’il y a
une quinzaine d’années. Il
faut également préciser que
près de 30 % de blonde d’Aquitaine
(taureau) part à l’étranger
pour la reproduction.
Comment travaillez-vous ?
Nous achetons nos bêtes chez quatre
fournisseurs réguliers (agriculteurs
et commerçants en bestiaux) de la
région de Lourdes et de Pau, que
nous avons sélectionnés pour
la qualité de leurs bêtes.
Nombre d’entre elles pâturent
en moyenne et haute montagne et cela est
un gage de qualité. Pour chaque bête,
la période d’engraissement
varie de cinq à sept mois. Depuis
deux ans, nous produisons une viande blonde
d’Aquitaine à base d’oméga
3 naturels qui est commercialisée
sous la marque « Bœuf d’Anvial
». Nous avons été parmi
les premiers à produire ce type de
viande de grande qualité. Les bêtes
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reçoivent une alimentation
saine composée de graines de lin en
majorité, de pulpe de betterave, de
luzerne et de maïs en grains. Elles consomment
une ration quotidienne de 12 à 15 kg
de ce mélange (représentant
1300 tonnes/an), en plus de l’herbe
qu’elles broutent dans nos pâturages,
de mars à novembre. L’hiver se
passe en stabulation. Les bêtes sont
soumises à des contrôles vétérinaires
réguliers et à plusieurs analyses
de sang afin de vérifier le taux d’oméga
3, sans compter les contrôles vétérinaires
habituels relatifs à l’état
de santé général des
bêtes… Celles-ci sont acheminées
dans un abattoir de qualité proche
de notre exploitation et ainsi, elles ne sont
pas stressées durant ce trajet assez
court. Elles sont abattues le lundi matin
dans des conditions optimales et les carcasses
partent le mardi soir, après un temps
nécessaire de refroidissement, pour
arriver à l’aube à Rungis.
Toutes les conditions sont remplies pour obtenir
une viande de qualité constante. De
l’éleveur au
boucher détaillant, la viande est totalement
et parfaitement tracée. On produit
750 carcasses par an dont 550 sont vendues
au Marché de Rungis et 200 dans les
quinze grandes boucheries de détail
de la région vendéenne.
Comment voyez-vous le marché de la
viande ?
Ce marché est devenu difficile car
la viande est elle-même devenue un produit
relativement cher en raison de la hausse des
matières premières qui composent
l’alimentation du cheptel bovin. De
fait, le consommateur en achète de
moins en moins. Pour cette raison, la
viande de qualité restera recherchée
car le client préfère encore
payer plus cher un produit d’une qualité
parfaite. Il reste que ce marché est
un marché fluctuant avec des prix et
des cours relativement irréguliers…
Que pensez-vous du Marché
de Rungis ?
Le Marché de Rungis est une belle
vitrine et je suis heureux d’y vendre
70 % de ma production sous la marque «
Bœuf d’Anvial » qui approvisionne
la boucherie traditionnelle et la restauration
haut de gamme,
parisienne et francilienne. J’apprécie
de travailler avec des gens sérieux,
aussi bien à l’achat qu’à
la vente, et en parfaite confiance.
| Parcours
Né à Saint-Malo-du-Bois
(85), petite commune de Vendée
proche du Puy du Fou, Dominique Micheneau
(49 ans) est fils d’un éleveur-engraisseur.
Après le collège, il
suit les cours de l’école
d’agriculture de La Roche-sur-Yon
(85) où il obtient son BTA.
En 1982, il reprend l’exploitation
familiale qu’il dirige avec
son frère cadet Benoit, lequel
a suivi le même cursus professionnel.
En mars 2008, Dominique Micheneau
a reçu le prix d’Honneur
du Concours de Bressuire (79) pour
la qualité de ses bêtes.
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Chiffres
clés
Exploitation : 82 hectares.
Personnel : 2 (dirigeants).
Production : 750 à
800 carcasses/an.
Clients : Marché
de Rungis et boucheries de la région
Vendée.
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Maraîcher en agriculture biologique,
Jean-Pierre Bourven est un défenseur
passionné et opiniâtre de cette
pratique culturale en devenir…
« La valeur de l’agriculture
biologique tient dans sa diversité…
»
Comment avez-vous
débuté dans ce métier
?
Après l’école
d’horticulture de Jouy-en-Josas, j’ai
du reprendre l’exploitation familiale
à 19 ans, après le décès
de mon père. Elle couvrait environ
7 hectares, pratiquement en agriculture
raisonnée. Après mon mariage
avec mon épouse Evelyne, nous nous
sommes tournés vers l’agriculture
biologique qui arrivait à grands
pas. A cette époque, on écoulait
notre production sur les marchés
: Cergy, Enghien les Bains et Maisons –
Lafitte… Par la suite, il y a vingt
ans, j’ai vendu aux grossistes spécialisés
en bio du Marché de Rungis, au prix
où je vendais mes produits au détail
!
Comment vous êtes-vous développé
?
Au fil du temps, j’ai fait l’acquisition
d’une multitude de parcelles et nous
exploitons, aujourd’hui, environ 80
hectares morcelés en quelque 130
ilots culturaux (répartis sur sept
communes et deux départements) agréés
en agriculture biologique. Je travaille
avec mon épouse Evelyne, trois salariés
et un bon nombre d’occasionnels et
de stagiaires venus de différents
pays. Le travail est intense et j’arrive
à faire 80 heures par semaine, un
peu moins l’hiver. Ce travail implique
de sacrifier sa vie de famille et la relève
n’est pas assurée. Il faut
vraiment de la passion et de la motivation
car l’agriculture bio se fait manuellement.
Aujourd’hui, les jeunes des métiers
de l’agriculture ne veulent plus faire
de production de ce type et 90% s’orientent
sur des postes de conseiller en agriculture…
Quelles sont vos productions ?
Je produis principalement des légumes
et un peu de céréales, en
suivant scrupuleusement le cahier des charges
de l’agriculture biologique. Notre
production est non intensive et respecte
la saisonnalité des produits. Je
me bats pour la saisonnalité des
produit bio, mais c’est assez difficile
de se battre face à des consommateurs
qui veulent du bio toute l’année.
De fait, on subit la concurrence des productions
étrangères d’Europe
du Sud et d’Afrique du Nord, bien
moins chères.
Je produis de la salade, des radis, des
navets, des haricots verts, des petits pois,
de la tomate, du poireau, de la pomme de
terre… Soit, une soixantaine de produits
qui peuvent se décliner eux-mêmes
en plusieurs variétés comme
les tomates (40% de variétés
anciennes). Par exemple, je produis une
tomate ancienne, la rose de Berne, qui se
mange très . |
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mûre… Nos
productions sont fortement tributaires du
temps et des maladies. Ainsi, j’ai
perdu 75% de ma production de tomates l’an
dernier à cause du mildiou
Quels sont vos circuits de distribution
?
Nous écoulons nos produits via trois
circuits principaux, à savoir les
marchés, les AMAP (Aide au Maintien
de l’Agriculture Paysanne traditionnelle
avec une pratique en agriculture biologique)
et le Marché de Rungis. Nous privilégions
les circuits courts car nous ne sommes pas
performants économiquement.
Les AMAP sont en forte progression. Une
AMAP est une association de consommateurs
liée à un producteur local
par un contrat qui prévoit une livraison
à date fixe de légumes en
vrac cultivés selon l’agriculture
biologique. La répartition se fait
par les consommateurs entre eux. Cette formule
se développe avec 1 000 AMAP en 2007
contre 50 AMAP en 2001. Je fournis l’AMAP
d’Eragny (95), de Montmartre-la Goutte
d’Or à Paris et celle d’Air
France à Roissy… et je suis
obligé d’en refuser deux nouvelles
par semaine.
Sur les marchés, je vends au détail
et suivant le concept du panier individuel
composé d’un certain nombre
de produits et d’un prix donné….
Enfin, je vends sur le Marché de
Rungis à un certain nombre d’opérateurs
bio. Sur ce marché, mon chiffre d’affaires
est passé de 50% à 25% en
vingt ans.
Comment se porte le marché du bio
?
La valeur de l’agriculture biologique
tient dans sa diversité. Le marché
du bio progresse mais il est entre le marteau
et l’enclume. On ne peut pas baisser
le prix du haricot vert et augmenter les
salaires. Pour développer ce créneau,
la solution passe par l’emploi aidé.
Les consommateurs voudraient du bio au prix
du classique, ce n’est pas possible.
Par ailleurs, la réglementation française
du bio est beaucoup trop rigoureuse comparée
à bien d’autres pays qui nous
concurrencent et nous pénalisent
fortement.
| Profil
Fils d’exploitants agricoles,
natif de Cergy-Pontoise (95), Jean-Pierre
Bourven (59 ans) est diplômé
de l’école d’horticulture
de Jouy-en-Josas (brevet professionnel
horticole). A 19 ans, il reprend l’entreprise
familiale. Avec son épouse
Evelyne et un salarié, il débute
sur une exploitation de 7 hectares
pour atteindre 80 hectares aujourd’hui,
morcelés en quelque 130 ilots
culturaux (répartis sur sept
communes) agréés en
agriculture biologique.
Très impliqué dans la
filière et la défense
du « bio », Jean-Pierre
Bourven est vice-président
du groupement des agriculteurs bio
d’Ile de France (GAB), secrétaire
de l’Union des producteurs de
fruits et légumes d’Ile
de France, administrateur de la MSA
(Mutualité Sociale Agricole)
d’Ile de France.
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Chiffres
clés Exploitation
: 80 hectares en 130 ilots culturaux
agréés en agriculture
bio. Personnel
: 3 salariés, plusieurs saisonniers
et nombreux stagiaires. Production
: 60 références en légumes
et céréales. |
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Exploitant
agricole-maraîcher à La Forêt
le Roi (91), Thibaut Aubergé est devenu
un spécialiste reconnu de l’oignon
en bottes par la grande qualité de
ses produits...
« Le produit maraîcher
de belle qualité a toute sa place à
Rungis... »
Comment êtes-vous venu à la culture
de l’oignon en bottes ?
En fait, cette culture est le fruit
d’une opportunité qui s’est
présentée, il y a environ sept
ans. Fraîchement diplômé
de l’ISA de Beauvais, je ne souhaitais
pas travailler sur l’exploitation céréalière
familiale. D’importants producteurs
britanniques d’oignon en bottes ont
alors contacté mon père Patrick,
exploitant agricole, pour développer
une production destinée à la
Grande-Bretagne. J’ai démarré
par un hectare de culture et aujourd’hui,
la production est réalisée sur
un peu plus de 60 hectares répartis
en trois sites : sur l’exploitation
de mon père située à
Ablis (78), chez M. Jean-Marc Leluc, à
Carbouville (45), un producteur qui nous a
rejoints, et ici, à La Forêt
le Roi (91) ainsi que sur des terres louées.
Quelles sont les particularités
de cette culture ?
Il s’agissait de produire des bottes
d’oignons spécifiques de 230
g suivant un cahier des charges précis
(une variété particulière
dont ils nous fournissent les graines, un
conditionnement parfait avec oignons épluchés
et racines coupées, une qualité
constante, une grande fraîcheur...).
Pour cela, nous avons créé
notre propre matériel de conditionnement
car mon père est également
ingénieur en machinisme agricole.
Cette culture demande un énorme suivi
du personnel car il s’agit d’une
culture manuelle. De plus, c’est une
plante assez compliquée dans la mesure
où il lui faut de la lumière
et de la chaleur pour que le bulbe se développe
correctement, toujours à l’identique.
Le bulbe est un organe de réserve
et il faut bien « sentir » la
plante pour déterminer le bon moment
de récolte. Nous travaillons en culture
raisonnée et depuis août 2007,
nous avons obtenu la certification EurepGap
en fruits et légumes, indispensable
pour vendre en Grande-Bretagne. Le cycle
de production s’échelonne d’avril
à octobre. A côté de
l’oignon, nous avons des productions
plus marginales comme le persil en botte,
le navet en botte, l’épinard...
Comment se présente ce marché
?
Nous avons commencé avec un hectare
et nous en sommes à soixante. Cela
prouve qu’il y a une demande en progression.
Nous avons réussi à prendre
des parts de marché grâce à
une production suivie et de qualité.
Nous fournissons sous notre marque «
Oignons Saveurs », la GMS pour |
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50%, Rungis pour 35% et
la Grande-Bretagne pour 15%. Ce produit
représente un gros travail et du
personnel. Pour ma part, je travaille chaque
jour de 6h à 21h. Je m’occupe
surtout de la production et du commercial.
Mon épouse, Marie, se charge de la
partie administrative. L’encadrement
du personnel saisonnier (turc, serbe, portugais)
est assuré par l’un de mes
quatre permanents, Slobodan, d’origine
serbe. En Ile de France, nous sommes quelque
cinq producteurs à pouvoir fournir
le marché de manière significative.
Je crois qu’il est nécessaire
de faire évoluer ce produit, en particulier
dans le prêt à l’emploi
(4e gamme).
Quelles sont les qualités de l’oignon
?
Un bon oignon doit être frais, tendre,
croquant et peu piquant. L’oignon
rouge que nous produisons également,
est plus doux et légèrement
sucré. Si l’on consomme surtout
le bulbe, l’aspect commercial se fait
sur la fraîcheur de sa partie verte
(le feuillage) essentiellement. L’oignon
se consomme frais surtout en salade, avec
du taboulé et des légumes.
Il présente des qualités évidentes
comme antioxydant et anti-cancérigène.
L’oignon botte est surtout consommé
par les gens âgés. On peut
le consommer entier, rissolé avec
de petites rattes ou encore caramélisé
sur une tranche de foie gras poêlé.
Comment voyez-vous Rungis ?
J’ai connu Rungis en 2000, après
une période difficile sur le marché
britannique et un surplus de production.
J’ai rencontré Gilles Grandjean
de la société Cruchaudet Grandjean
qui m’a introduit sur le marché
et je lui en suis encore reconnaissant.
Puis, il m’a présenté
à la société BC Prim
avec laquelle je travaille également
et qui écoule ma production sur Rungis.
Ce marché est difficile car la concurrence
et la sélection sont fortes. Mais,
j’aime Rungis pour le contact humain.
Je regrette que Rungis reste sur le produit
maraîcher traditionnel et qu’il
n’y ait pas davantage d’innovation.
D’ailleurs, je souhaiterais m’installer
sur le carreau des producteurs pour proposer
mes produits issus du terroir d’Ile
de France car le produit maraîcher
de belle qualité a toute sa place
à Rungis...
Parcours
Thibaut Aubergé (30 ans) est
exploitant agricole - maraîcher.
Fils d’un exploitant agricole
céréalier des Yvelines,
par ailleurs ingénieur en machinisme
agricole, il est ingénieur en
agriculture, diplômé de
l’ISA de Beauvais. Après
ses études, il a pris en charge
la production d’oignon en bottes
sur l’exploitation familiale qui
remonte au XVIIIe siècle.
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Chiffres
clés Production
moyenne : 2 millions de bottes
d’oignon par saison (15 à
20 oignons par botte) Personnel
: 4 permanents et 30 à 60 saisonniers
selon la saison
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Arboriculteurs
aux Alluets Le Roi (78), Dominique et Jean-Marc
Gaillard valorisent l’image de l’Ile
de France par une production de fruits de
grande qualité…
« Il faut produire
ce que l’on sait vendre… »
Quelle est l’origine de votre exploitation
?
Située sur un territoire historiquement
fruitier et riche par son sol (limoneux/argileux),
l’exploitation a été créée
en 1964 par notre père, René,
producteur spécialisé en fruits
rouges dont nous avons pris la succession
en 1999. Elle est passée du statut
de société en nom propre à
celui d’EARL (exploitation agricole
à responsabilité limitée)
et dénommée pour l’occasion
« Maison Gaillard ». Nous sommes
dans le prolongement de ce que nos parents
ont fait. Jusqu’en 1999, nous étions
tous deux déjà salariés
dans l’entreprise paternelle.
Que produisez-vous ?
Nous sélectionnons des variétés
à haute valeur gustative. Nous ne
nous positionnons pas sur des variétés
produites par d’autres pays européens
comme l’Espagne ou le Portugal ou
encore le Maroc qui arrivent à produire
des fruits à des prix défiant
toute concurrence. Nous avons pris le parti
de produire des fruits de très belle
qualité et nous pratiquons l’agriculture
raisonnée.
Sur notre exploitation de 34,18 ha, nous
produisons des pommes et poires sur plus
de la moitié de la superficie, soit
13,60 ha en poires et 5,50 ha en pommes.
Le reste se répartit ainsi : 6,83
ha en framboise, 1,10 ha en fraise, 0,50
ha en mûre, 0,40 ha en prunier, 0,15
ha en cerisier, 0,10 ares en groseillier…
Il reste environ 5,50 ha de l’exploitation,
en attente de replantation…
Quelles sont les variétés
travaillées ?
En poires, nous travaillons quatre belles
variétés qui sont la Williams,
la Louise-bonne, la Conférence et
la Comice, la plus produite. Il s’agit
de la production la plus importante en volume.
La poire est un produit fragile mais la
difficulté est surtout d’ordre
concurrentiel avec la Hollande, la Belgique…
qui nous pénalisent beaucoup. Face
à cette exigence du marché,
nous avons un défi à relever
qui est la culture de l’immédiat,
le « mûr à point ».
D’autre part, un même verger
peut fluctuer de façon importante
en volume, d’une année sur
l’autre. Pour limiter cette fluctuation,
on a réalisé des analyses
de sol permettant d’optimiser les
apports nutritifs.
Pour les pommes, ce sont onze variétés
de qualité :Jubilé, Chantecler,
Elstar, Gala, Golden, Jonagored, Breaburn,
Cox orange, Canada, Boskoop et Canada gris…
Cela permet d’avoir une offre bien
étalée dans le temps. Les
plus commercialisées sont Golden
et Gala. Notre principal débouché
pour la pomme est la GMS. Nous produisons
aussi la « pomme marquée »
qui demande un vrai savoir-faire et véhicule
une excellente image de notre savoir-faire…
La production de fruits rouges est importante.
Il y a la framboise avec les variétés
Meeker, la reine des framboises,
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Polka et Héritage. La fraise tourne
autour de cinq variétés : Fraise
des bois, Charlotte, Mara des bois, Gariguette
et Manille. Depuis deux ans, on développe
ces variétés sur des plantations
en terreau et sous abri.
Enfin, nous produisons la mûre et la
groseille (var. Junifer et Rovada)
Quel est l’avenir de l’exploitation
?
La fraise peut être un axe de développement
et nous allons augmenter sa production. En
poire, on est à l’écoute
du marché et on envisage éventuellement
de baisser la production. Concernant la pomme,
on souhaite planter la variété
« reine des reinettes » qui connaît
une demande conséquente. D’ailleurs,
nous faisons découvrir de nouvelles
variétés à nos clients
comme chantecler. Notre objectif est de produire
chaque année 20 à 25 tonnes/ha
de chaque variété. De toute
façon, nous essayons d’adapter
la production à la demande et à
des prix raisonnables. Nous nous intéressons
au développement des associations de
consommateurs (AMAP) et à Internet
par le biais d’une jeune société
de vente. Nous envisageons de nous rapprocher
le plus possible du consommateur final. Le
développement à terme de l’entreprise
est de sélectionner davantage pour
être sur des marchés porteurs.
Il faut produire ce que l’on sait vendre.
Quel est votre réflexion
sur le Marché de Rungis ?
Le Marché de Rungis reste important
et indispensable pour nous, mais il n’est
plus le seul objectif pour nous. Au cours
des dix ans écoulés, notre
chiffre d’affaires à Rungis
est passé de 90% à 30%. On
ne fournit surtout la poire (110 tonnes/an),
voire un peu de fraise et framboise. Rungis
reste un marché de valorisation pour
les produits niche…
Parcours
Dominique Gaillard (46 ans) est licencié
en mathématiques et titulaire
d’une maîtrise en informatique
appliquée à la gestion.
Après avoir exercé une
dizaine d’années dans le
domaine informatique, il décide
de revenir sur l’exploitation
familiale en 1996. Après le départ
à la retraite de leur père,
les deux frères reprennent l’exploitation.
Si ces derniers se partagent l’ensemble
des taches de l’entreprise, Dominique
est davantage chargé de la partie
administrative.
Titulaire d’un BTS action commerciale,
Jean-Marc Gaillard (38 ans) possède
la compétence « terrain
» pour être entré
dans l’entreprise plusieurs années
avant son frère. |
| L’exploitation
en chiffres Superficie
: 34,18 hectares
Personnel : 6 salariés
permanents et 30 saisonniers (soit
6 saisonniers équivalent temps
plein)
Produits phares :
en volume : poires (environ 200 t),
pommes (150 t), framboises (30 t)…
en valeur : fraise (35% du CA), framboise
(25% du CA), pommes (20% du CA)
Marchés :
Rungis (30%), GMS (30%), direct métiers
de bouche (40%) |
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Pépiniériste
d’ornement installé à
Courtacon (77), Bruno Picard est passionné
par son métier et la recherche variétale…
« Ajuster la production
à la demande… »
Comment est née l’entreprise
?
Exploitant agricole, mon père,
Jean-Claude, produisait jusqu’alors
des céréales, des betteraves
et du colza sur les cent dix hectares de l’exploitation.
Puis, il a souhaité se diversifier
et en 1967, il a mis en place une pépinière
d’ornement qui était limitée
à cinq hectares et aux seules plantes
pour haies. Par la suite et après quelques
tâtonnements, mon père a développé
une production fruitière et a engagé
en 1968, un chef de culture, M. Georges Urbain,
toujours dans l’entreprise. A cette
époque, le particulier représentait
la majorité de la clientèle
avec les paysagistes… Comment
s’est-elle développée
?
Dans les années 75-80, au démarrage
des Garden Center et des jardineries, mes
parents sont allés aux USA pour étudier
la culture hors-sol. Le début de
la plante en pot a été une
seconde mise en route, cependant avec quelques
échecs. L’exploitation s’est
réellement développée
à partir des années 80.
Je suis arrivé dans l’entreprise
en 1992 et mon premier travail fut de prospecter
une nouvelle clientèle. Cela a porté
ses fruits car nous avons doublé
notre chiffre d’affaires en dix ans.
Ce fut pour nous, un second souffle. La
partie commerciale est devenue très
importante. J’ai succédé
à mon père à la tête
de l’entreprise en 2000 et celle-ci
représente, aujourd’hui, un
peu plus de trente-cinq hectares en pépinière.
Quelles sont vos principales productions
?
Nous sommes surtout spécialistes
des conifères nains, conifères
de rocailles, et conifères à
grand développement, soit plus de
deux cents espèces. Nous produisons
toute la gamme des conifères avec
des variétés particulières
de pin et d’if, mais également
des arbres et arbustes d’ornement
dont une bonne partie de persistants, des
arbres fruitiers, des plantes grimpantes,
des rosiers, des plantes pour haies…
Les conifères sont notre produit
phare et comptent pour 25% des ventes, suivis
des plantes pour haies, des arbustes et
des arbres fruitiers (10%). Ces derniers
enregistrent une progression importante.
Globalement, nous expédions en moyenne
un peu plus de 150 000 plantes par an et
en avons 250 000 en production. Notre catalogue
regroupe 850 espèces variétales
et 5 000 références. Aujourd’hui,
il est important de renouveler ses gammes
et nous faisons beaucoup d’efforts
dans la recherche de nouvelles variétés,
en relation avec des obtenteurs.
Comment analysez-vous le marché
du jardin ?
Notre métier évolue peu mais
progresse. Il est lié au budget du
jardinage-bricolage qui |
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est avant tout un budget de
loisirs. Comme tel, il reste soumis à
un certain nombre de facteurs concurrentiels
qui sont, pêle-mêle, les loisirs
multimédias, les vacances, les week-ends
prolongés, les aléas climatiques…
Le jardin, ce n’est pas uniquement des
végétaux, c’est aussi
de la maçonnerie, des abris de jardin,
des pergolas, des caillebotis, des portails,
des terrasses, de l’arrosage, du matériel,
des outils… autant d’éléments
divers qui grèvent la partie achats
de végétaux. Par ailleurs, nous
sommes soumis directement à la concurrence
étrangère avec la Belgique,
la Hollande, l’Allemagne, l’Italie
et ses producteurs de plantes méditerranéennes.
Néanmoins, les pépiniéristes
ont l’avantage d’être moins
nombreux que les horticulteurs.
Concernant plus spécifiquement le marché
de la pépinière, la tendance
est aux évolutions de gammes et de
variétés et nos plannings de
production y sont adaptés. Il faut
précéder l’acheteur pour
s’imposer à lui. Pour cela, on
promeut des nouveautés toujours plus
nombreuses au travers de différents
canaux (salons et manifestations horticoles,
presse spécialisée, questionnaires
clients, rencontres professionnelles…).
Il y a un gros travail de recherche variétale
et de conseil dans le secteur du végétal.
Pour rester un acteur de ce marché,
il faut être à son écoute,
anticiper et ajuster sa production à
la demande.
Que pensez-vous du Marché
de Rungis ?
Les avantages du Marché de Rungis
restent sa largeur de gamme, sa diversité,
sa proximité, son fonctionnement
permanent, sa communication, sa capacité
à promouvoir les tendances. Rungis
est un marché de tendances…
A l’inverse, il n’est plus un
marché de gros mais un gros marché,
avec la disparition d’un nombre de
professionnels et les difficultés
d’accès.
Parcours
Né à Courtacon (77), Bruno
Picard (39 ans) est fils d’exploitant
agricole. Après un BTA agricole
au lycée agricole de Sainte-Maure
(10), il fait une école de commerce
(EAD Paris), obtient un BTS commercial
et suit des cours de marketing et finance.
Il fait un stage en pépinière
en Angleterre avant d’intégrer
l’entreprise familiale en 1992
et d’en prendre la direction en
2000.
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| Chiffres
clés Personnel
:
18 salariés permanents et 3
saisonniers (équivalent temps
plein)
Superficie de l’exploitation
:
110 hectares (total) dont 35 hectares
en pépinière
Production :
150 000 plantes expédiées/an
et 250 000 en production
Produits phares :
Conifères (grands et nains)
Clients :
Collectivités et paysagistes
(45%)
Jardineries et grossistes (45%)
Particuliers (10%)< |
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Toujours
en quête du plus haut niveau de
qualité, Christophe Vuillot est
un éleveur de volaille de Bresse
AOC des plus réputés…
« La volaille
de Bresse se nourrit aussi de la passion
et du savoir faire de l’éleveur…
»
Comment êtes-vous devenu éleveur
de volaille ?
En 1992, j’ai repris l’exploitation
de mes grands-parents, à la fois
producteurs de lait et aviculteurs. Ils
produisaient quelque 900 volailles/an.
Je représente la troisième
génération d’éleveur
de volaille. Autrefois, on élevait
des volailles dans toutes les cours de
fermes afin de se constituer un complément
de revenu.
Comment travaillez-vous ?
Mon exploitation couvre 16 hectares dont
10 en céréales pour la nourriture
des volailles et 6 hectares de parc réservés
aux volailles qui vivent ainsi en liberté
« parquée ». Je travaille
uniquement avec mon épouse Adeline.
Je produits 4 000 volailles de Bresse
AOC par an, la seule volaille AOC au monde.
Pour cela, j’achète des poussins
d’un jour - ils savent déjà
boire et manger - et je suis le produit
jusqu’au consommateur. On est obligé
de passer par le centre de sélection
qui gère toute la génétique
du volatile et qui approvisionne les élevages
en poussins, selon notre cahier des charges
très draconien.
Nous avons également 5% de pintades
(non AOC) par lot de poulets afin de protéger
ces derniers des prédateurs (corbeaux,
buses et autres petits rapaces…).
En effet, les pintades se mettant à
criailler à la vue des rapaces,
elles en éloignent un grand nombre.
Si mes pertes sont de 1%, pour certains
de mes collègues, elles dépassent
souvent les 5%, selon l’endroit
où ils se situent…
Quelles sont les spécificités
de l’élevage ?
On produit du poulet de Bresse et des
volailles fines que sont la poularde (femelle
vierge de 20 semaines) et le chapon (mâle
castré à 6/8 semaines pour
développer sa masse musculaire).
Ces trois produits bénéficient
d’une AOC.
On travaille sur de petites unités
de 500 sujets. Chaque bâtiment (50m2)
est attenant à un parcours herbeux
de 5 000m2 et reçoit un lot de
poussins durant quatre mois minimum. Jusqu’à
cinq semaines, ils sont nourris d’un
aliment complet dépourvu de farine
animale et de céréales OGM.
A cinq semaines, en dépit des conditions
météo, les volailles sont
placées en parcours herbeux, comme
le stipule le cahier des charges. Ensuite,
l’alimentation s’effectue
à base de maïs de l’exploitation
et de blé. La traçabilité
est totale. J’y ajoute du petit
lait de chèvre plus digeste que
le lait de vache mais moins onéreux
et moins rare que le lait de jument. Quand
elles sont en épinette (cage en
bois), on termine leur engraissement à
base de farine de maïs, éventuellement
du
riz cuit. Mis en place en février-mars,
le chapon (le plus engraissé) est
sacrifié pour |
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les fêtes de fin d’année.
Pour le poulet, c’est à quatre
mois minimum, et à cinq mois pour
la poularde. Tout éleveur de volaille
de Bresse ne peut faire d’autres
espèces de volailles.
Quelle est la production de volaille de
Bresse ?
La volaille de Bresse est un produit unique.
Elle se distingue par ses pattes bleues,
son plumage blanc et sa crête rouge.
Nous sommes 250 éleveurs et nous
produisons environ 1,2 million de volailles/an.
Toute volaille fine doit être présentée
emmaillotée, c’est-à-dire
enveloppée dans une fibre saine
(toile de lin ou de coton). Le but est
de répartir la couverture graisseuse
de la volaille sur l’ensemble de
ses membres selon une forme oblongue et
de mettre son grain de peau en valeur.
Jadis, cette pratique permettait de mieux
la conserver (8 jours à 17°C)
quand les chambres froides n’existaient
pas. Aujourd’hui, elle se conserve
plus de 15 jours en chambre froide. Toute
volaille de Bresse est présentée
avec une partie de ses plumes pour attester
de son origine.
La volaille de Bresse est un peu la «
Rolls » de la volaille. Il faut
la déguster le plus naturellement
possible si l’on veut apprécier
pleinement sa saveur.
A cet égard, « Les Glorieuses
de Bresse » sont notre plus grande
vitrine et 50 éleveurs participent
chaque année à ce grand
concours créé en 1862.
La volaille de Bresse se nourrit aussi
de la passion et du savoir faire de l’éleveur…et
son prix se justifie pleinement. Mon ambition
est de maintenir le même niveau
de qualité pour le même cheptel.
Que pensez-vous du Marché
de Rungis ?
Il s’agit d’un marché
vaste et impressionnant, un marché
d’excellence. J’écoule
une partie de ma production via le Marché
de Rungis pour un certain nombre de clients
ciblés. D’ailleurs, 40% de
la production de volaille de Bresse est
commercialisée sur la capitale.
Parcours
Natif de Saint-Etienne du Bois (01),
Christophe Vuillot (37 ans) est diplômé
en agriculture (BTA) et cuniculture
(BTS). En 1992, il a repris l’exploitation
de ses grands-parents, ses parents
(un père infirmier psychiatrique,
une mère employée d’une
entreprise horticole) n’ayant
pas repris l’affaire familiale.
Par la qualité de sa production,
Christophe Vuillot (membre du CIVB
– Comité Interprofessionnel
de la Volaille de Bresse) compte parmi
les cinq meilleurs éleveurs
de Bresse. Titulaire de nombreux trophées,
coupes et grands prix, il a reçu
le grand Prix d’Honneur du super
concours organisé sur le Marché
de Rungis par le CIVB, le 8 novembre
2007, à l’occasion du
cinquantenaire de l’AOC…
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| Chiffres
clés Personnel
: 2
Production : 4000
volailles/an
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Avec
un grain de génie, Dominique Pierru
est devenu le « roi » du caviar
d’escargot…
« Le caviar d’escargot,
une exception française… »
Quand avez-vous débuté
dans l’héliciculture ?
Mon épouse Sylvie et moi-même,
avons démarré en 2004, en parallèle
avec notre activité d’artisan
du bâtiment. Souhaitant avoir une profession
plus stable et plus sédentaire, l’héliciculture
s’y prêtait parfaitement. Par
la suite, on s’est intéressé
au caviar d’escargot. Une production
avait été entreprise dans les
années 80 par pasteurisation mais sans
suite par manque de qualité. L’œuf
restait dur sous la dent et le producteur
y ajoutait un arôme d’orgeat ou
d’amande qui « étouffait
» sa saveur.
Faute d’une documentation suffisante,
j’ai tout inventé : la production
et la recette. Avec la pasteurisation, le
goût originel de l’œuf d’escargot
disparaissait. De là, ma recette…
Mon épouse est partie quatre mois en
formation dans le Doubs et a obtenu son diplôme
d’exploitante agricole spécialité
héliciculture. Pour ma part, j’ai
fait un stage court au même endroit.
C’est un métier à temps
plein et très complet, comprenant la
production, la transformation et la commercialisation…
Comment travaillez-vous ?
Pour faire de l’héliciculture,
il faut tout inventer ! Il faut être
bon bricoleur car il n’existe aucun
matériel spécifique, si ce n’est
les clôtures électriques. D’ailleurs,
il n’y a pas deux élevages d’escargot
identiques.
Nous élevons le fameux « gros
gris » (helix aspersa maxima), originaire
d’Afrique du Nord, de la taille du «
bourgogne » et qui s’élève
parfaitement, à la différence
du dernier, un solitaire qui ne survit pas
à l’élevage.
Au départ, on a acheté des naissains
auprès d’éleveurs reproducteurs.
La 1ere année, on les met en parcs
au printemps et au bout de six mois, on en
garde une partie en chambre froide pour repeupler
les parcs.
Il s’agit d’un travail difficile
car tout est manuel : alimentation quotidienne,
surveillance (prédateurs, dératisation…),
entretien (sans désherbants) des parcs,
ramassage, abattage (ébouillantage
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