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L'enquête du mois
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Dossier : métiers de l’Alimentation : formations et compétences nouvelles
Les avis de professionnels

La formation est un facteur essentiel et incontournable d’insertion dans la vie active et professionnelle. Aujourd’hui, de nouveaux besoins et de nouvelles technologies ont vu le jour, obligeant les entreprises à s’adapter par la création de nouveaux métiers et la mise en place de nouvelles compétences…

La formation professionnelle initiale se fait majoritairement par la voie de l’apprentissage. Ce dernier permet de préparer les diplômes et les titres à finalité professionnelle (CAP, BP, BEP, bac professionnel, BTS…) et d’accéder à tous les niveaux de qualification, du secondaire et du supérieur, grâce à des contrats successifs ou à des passerelles avec les formations sous statut scolaire. Fondé sur le transfert de compétences par le tutorat et les maîtres d’apprentissage, il offre un itinéraire garanti afin d’acquérir les connaissances théoriques, les aptitudes pratiques et les savoir-faire indispensables à l’intégration en entreprise.


Apprentissage et modernisation
Basée sur le contrat d’apprentissage entre l’apprenti et l’employeur, la formation en alternance comporte notamment une formation théorique et pratique délivrée dans les CFA (centres de formation d’apprentis) ou les sections d’apprentissage des établissements d’enseignement publics ou privés sous contrat.
Le plan de modernisation de l’apprentissage voulu par l’Etat concerne plusieurs directions : revaloriser l’image et l’intérêt de l’apprentissage et l’adapter au profil du jeune (parcours personnalisé) ; créer un statut de l’apprenti et impliquer davantage l’entreprise par une meilleure qualité de la formation, une meilleure promotion de l’apprentissage et un meilleur accueil de l’apprenti…
  De même, la Région Ile de France a décidé de jouer un rôle plus important en matière de formation : intégration des nouvelles technologies, organisation des filières par la mise en place de nouvelles formations… Elle est ainsi la première à mettre en place les CLIPA (classes d’initiation pré-professionnelle en alternance) destinées aux élèves à partir de 14 ans.
Selon l’UPA (Union professionnelle artisanale), la France compte environ 31 600 apprentis sous contrat dans les métiers de bouche dont 4 200 dans les métiers de la viande, 3 800 dans la poissonnerie, 22 000 dans la boulangerie - pâtisserie et 1 700 dans les autres métiers de la table…

Ecoles professionnelles et nouvelles formations

Les écoles professionnelles ont leur propre mode de gestion et de développement et proposent de nouvelles formations adaptées à leur domaine d’activité :

CFA Poissonnerie de Rungis
1, rue de La Rochelle – 94569 Rungis
tél. 01 46 86 43 73

Référence pour les professionnels du secteur confirmée par un taux de 100% de placement des élèves, le CFA comptera 70 apprentis à la rentrée 2005 dont 40 en formations « vente action marchande » (BEP et CAP A et B) et 30 en CAP poissonnerie. De même, un CAP d’agent d’entreposage et magasinage – préparateur de commandes sera proposé dès cette période.

Ecole Professionnelle de la Boucherie de Paris et Région Parisienne (EPB) – 37, bd Soult – 75012 Paris
tél. 01 43 45 23 72
L’EPB accueille les jeunes – sous statut scolaire – à partir de 14 ans en CLIPA ou 15 ans en CPA (classe de pré - apprentissage). Ensuite, ils ont le choix entre deux sections de CAP, deux sections de BEP et une section de commercialisation, pour terminer éventuellement par un brevet professionnel.
Dès septembre 2005, une partie de l’épreuve finale pratique du CAP consistera en un conseil à la clientèle sur la vente d’un produit adapté à la recette retenue. De plus, les quatre options sont réunies en une seule regroupant le bœuf, le veau, la volaille, les produits tripiers.

Ecole des Fleuristes de Paris
3, rue Hassard – 75019 Paris
tél. 01 53 38 60 60
Créée en 1957, l’Ecole des Fleuristes de Paris est le premier centre de formation de fleuristerie professionnelle de France. Elle prépare au CAP et au BP de fleuriste. Elle compte 450 élèves (318 en CAP et 132 en BP) dont 80% de filles. Elle présente un taux d’insertion de 93%. Dès la rentrée 2005, les élèves de BP effectueront leur formation sous contrat d’apprentissage.

 

Ecoles Grégoire-Ferrandi
28, rue de l’Abbé Grégoire – 75006 Paris
tél. 01 49 54 28 00
Avec 6 BEP, 7 CAP (dont le CAP cuisine nouvelle formule), 5 bacs pro, un BTS et une mention complémentaire « traiteur », les écoles Grégoire-Ferrandi comptent 761 apprentis dans les métiers de la restauration et de l’alimentation dont 668 en apprentissage et 93 en contrat de qualification professionnelle.
L’établissement dispense également des certificats de qualification professionnelle, notamment dans le domaine de la restauration collective (chef-gérant et assistant d’exploitation) agréés par la commission paritaire de la branche professionnelle hôtelière.

CFA des métiers de la gastronomie du CEPROC
19, rue Goubet – 75019 Paris – tél. 01 42 39 19 64
Le CFA accueille environ 1 200 élèves et les diplômes vont du CAP/BEP à traiteur-organisateur de réception (niveau III), en passant par la mention complémentaire, le Brevet Professionnel, le Bac Pro Alimentation et le Brevet de Technicien des Métiers.
Dès septembre 2005, une nouvelle formation sera dispensée : le certificat de qualification professionnelle de fabricant en charcuterie.

Centre Interprofessionnel de Formation du Commerce Alimentaire (CIFCA)
14, rue des Fillettes – 75018 Paris – tél. 01 55 26 39 70
Centre de formation pour les commerces alimentaires de proximité, le CIFCA a accueilli 210 apprentis. Il propose une CPA (classe préparatoire à l’apprentissage), deux CAP (employé vente spécialisé et multispécialités), un BEP et un Bac Pro. 90% des apprentis trouvent un emploi de suite.

AFT-IFTIM
11, place d’Aquitaine – 94152 Rungis cedex
tél. 01 49 78 21 21
Le CFA de Rungis comprend 170 élèves. Les diplômes délivrés sont le CAP déménageur, le CAP agent d’entreposage et de messagerie*, le BEP logistique et commercialisation, le Bac pro logistique, le Bac+2 technicien supérieur en méthode et exploitation logistique et le Bac+4 au titre de l’alternance. Après le CAP ou le BEP, l’apprenti peut aller jusqu’à bac+6 et le diplôme d’ingénieur logisticien (préparé à l’Institut de Management Logistique) en partenariat avec les Ponts et Chaussées.
*Ce diplôme sera assorti de l’option « préparation de commandes en produits frais » en partenariat avec PF Conseil et le CFA Poissonnerie de Rungis.
(source APCM, Conseil Régional Ile de France, ministère de l’Economie et des Finances)

Francis Duriez


Quelques réactions de professionnels
Evelyne Saurin,
(Directrice du CPCF - formation continue)
«CPCF - Commerce de la Poissonnerie et de la Conchyliculture Formation - créé sous l’égide de la Confédération des Poissonniers de France depuis trois ans, propose des modules de formation continue à tous les salariés et non salariés des entreprises de la branche professionnelle. Sanctionnés par une attestation de suivi de formation, ces modules d’un ou deux jours sont consacrés à divers thèmes.
  CPCF assure aussi des formations pour adultes dans le cadre des contrats de professionnalisation (6 à 24 mois) pouvant conduire au CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) de préparateur - vendeur en produits de la mer… » ainsi que l’accès à cette certification par la procédure VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).

Bernard Bellessort
(Chef - cuisinier du restaurant A La Marée - Rungis)
« A mon époque, l’apprentissage se faisait sur le tas, 6 jours / semaine et les cours par correspondance. J’ai débuté à 14 ans et j’ai passé mon CAP à 17 ans, rue Ferrandi à Paris. On apprenait tout à l’époque et les volailles, viandes, poissons, légumes, sauces, pâtisseries… n’avait plus de secret. Aujourd’hui, les jeunes n’apprennent plus l’essentiel et une grande partie arrive sous forme de surgelés ou de prêts-à-cuire.   Longtemps correcteur au CAP de cuisine dans les écoles comme Ferrandi, Médéric et autres, j’ai cessé de l’être car ça ne ressemblait plus à ce que nous faisions auparavant. Il faut absolument conserver les bases fondamentales de la cuisine, en particulier le travail des produits frais ! ».

Bruno Guesdon
(Directeur des enseignements de l’Ecole GRÉGOIRE-FERRANDI)
« L’Ecole GRÉGOIRE-FERRANDI représente treize métiers dont la section « cuisine - restauration » est la plus importante… La rénovation du CAP de cuisinier a été décidée par la Commission paritaire consultative managée par l’Education nationale où siège aussi la branche professionnelle. Il est regrettable de ne plus valider certaines notions fondamentales de base (épluchage du poisson, habillage de la
  volaille…notamment) mais ne plus les vérifier à l’examen ne signifie pas les exclure du programme. C’est notre problème et nous avons décidé de les maintenir dans les acquis du jeune… Il était imaginable de conserver le CAP en l’état et d’y ajouter des formations annexes adaptées à la restauration collective, un secteur très demandeur en matière de formation et de propositions d’emploi… ».

Jean-Luc Dejeans
(directeur du CIFCA et de l’IFOPCA)
« Le CIFCA - Centre Interprofessionnel de Formation des Commerces de l’Alimentation - forme de jeunes apprentis sous contrat d’apprentissage issus de ce secteur, aux différents diplômes commerciaux de l'Education nationale (CAP, BEP, Bac Pro) pour l’alimentation de proximité (fruitier détaillant, crémier - fromager, épicier, spécialiste bio, caviste). Les mêmes fédérations professionnelles ont aussi créé   l’IFOPCA - Institut de FOrmation et de Promotion des Commerces de l’Alimentation – avec une formation plus courte et plus opérationnelle : les CQP (Certificats de Qualification Professionnelle) de vendeur conseil. Concernant les cinq mêmes spécialités professionnelles du CIFCA, ils sont reconnus et délivrés par la profession. Nous sommes les seuls en France à proposer ces formations… ».

Roland Wujek
(Directeur du CFA des métiers de la viande de l’EPB de Paris )
«Le CFA de l’Ecole Professionnelle de la Boucherie de Paris et Région Parisienne délivre différents diplômes : CAP, BEP, BP et un titre homologué de commercialisation et vente au détail de produits carnés.
Par ailleurs, le pré-apprentissage peut s’intégrer à deux niveaux : CLIPA (classe d’insertion pour l’alternance) et CPA (classe de pré-apprentissage)…
Pour le CAP de septembre 2005, une partie de l’épreuve
  finale pratique consistera en un conseil à la clientèle sur la vente d’un produit et l’adaptation à la recette retenue. De plus, les quatre options du CAP seront réunies en une seule obligeant l’apprenti à travailler le bœuf, le veau, la volaille, les produits tripiers, lors de l’examen. Enfin, le Bac pro suscite peu d’intérêt car trop généraliste.
La hausse de 10% d’apprentis est une bonne chose face au déficit d’emplois dans la profession : 6 000 en moins en France… ».

Philippe Gonet
(Directeur régional Ile de France Sud de l’AFT-IFTIM)
« Notre CFA de Rungis délivre plusieurs diplômes (CAP déménageur, CAP agent d’entreposage et messagerie, BEP logistique et commercialisation, Bac pro logistique, Bac +2 Technicien Supérieur en méthode et exploitation logistique, Bac +4) au titre de l’alternance.
En partenariat avec PF Conseil et le CFA Poissonnerie de Rungis, nous allons délivrer sur deux ans, un CAP d’agent d’entreposage et messagerie validé par l’Education nationale
  - notre diplôme actuel - assorti de l’option préparation de commandes en produits frais spécifique aux besoins des professionnels du MIN. Cette dernière sera enseignée par le CFA Poissonnerie.
Nous souhaitons également monter une formation plus courte (300 heures) sur des métiers de préparateurs de commande, pour un public adulte de 25 ans et plus... ».

Gérard Steinbach
(Directeur du CFA Poissonnerie de Rungis)
« Pour la rentrée 2006, nous avons créé un diplôme appelé mention complémentaire poissonnier - écailler - traiteur en produits de la mer sur dix mois. Complément au CAP ou au BEP d’un métier alimentaire, il privilégie la pratique avec une formation au filetage et une grande partie dédiée à l’art culinaire. Pour la partie écailler, une étude approfondie des coquillages et crustacés sera dispensée. . Nous envisageons aussi de créer un BP et un Bac pro spécifique à notre secteur…  
Nous proposons pour septembre 2005 avec l’AFT-IFTIM, un CAP d’agent d’entreposage et messagerie, préparateur de commandes - destiné à pouvoir, dans un premier temps, les entreprises de Rungis.
Enfin, il existe depuis l’an dernier une section vente délivrant un CAP produits frais, un CAP produits non alimentaires et un BEP vente action marchande, débouchant sur le métier de vendeur spécialisé en rayon alimentaire ou non… »

Yannick Lebœuf
(Directeur de PF Conseil)
« Depuis trois ans, nous avons permis l’embauche de 200 candidats dans les entreprises du commerce de gros de Rungis…
Avec l’AFT-IFTIM et le CFA Poissonnerie, nous avons élaboré pour septembre 2005, une formation en alternance sur deux ans au métier de préparateur de commandes en produits frais. Destinée aux jeunes, elle s’appuie sur le CAP d’agent d’entreposage et messagerie de l’AFT-IFTIM validé par l’Education
  Nationale et l’enseignement du CFA pour les produits frais, l’hygiène et la sécurité alimentaire.
Une douzaine d’entreprises de Rungis (secteurs fruits et légumes, volaille et produits laitiers) nous accompagnent en recrutant des jeunes.
Pour combler le déficit annoncé de salariés sur Rungis, notre rôle est de proposer des outils efficaces pour amener des jeunes aux métiers du MIN… ».

 
 
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