
COMMUNIQUE DE PRESSE mardi 25 septembre 2007
Aléas climatiques, ressources halieutiques,
rythme des saisons, économie de cueillette,
diversité de l'offre… Les produits
frais face aux exigences des consommateurs.
FRUITS ET LEGUMES – PRODUITS DE LA MER
La vérité
sur les prix
La SEMMARIS, société gestionnaire
du Marché International de Rungis, a organisé
aujourd'hui ses deuxièmes Entretiens de
Rungis consacrés, cette fois, aux prix
des fruits et légumes ainsi que des produits
de la mer.
Les débats ont été ouverts
par Luc Chatel, secrétaire d’Etat
chargé de la Consommation et du Tourisme,
évoquant notamment la volonté du
gouvernement de créer de nouveaux indicateurs
pour suivre l'évolution réelle du
pouvoir d'achat des Français : "nous
cherchons à identifier des gisements de
pouvoir d'achat et, là où c'est
possible, à intensifier la concurrence"
a-t-il notamment déclaré.
Les échanges se sont tenus durant trois
tables rondes (voir liste des intervenants en
fin de communiqué) à partir d'une
étude exclusive commanditée par
la SEMMARIS et réalisée par le CREDOC
entre fin mai et début juin 2007, auprès
de 1 013 individus représentatifs de la
population, âgés de 18 ans et plus.
Cette étude visait à apporter des
éléments de réponse à
la double question : pourquoi la consommation
de fruits et légumes ainsi que de produits
de la mer baisse-t-elle et cette baisse a-t-elle
un lien avec la perception des prix des produits
frais ?
Prix réel et prix perçu : le grand
écart !
Selon cette étude, 94% des interviewés
considèrent que les prix des fruits et
légumes ont augmenté lors du passage
à l'euro, et 79% pensent de même
pour les poissons et coquillages.
En réalité, les prix des légumes
ont baissé de 1% à cette période,
ceux des fruits de 5% et ceux des poissons et
coquillages de 3%.
Alors que les prix ont réellement augmenté
entre mai 2006 et mai 2007 (de 1,8% pour les fruits,
de 3,4% pour les légumes et de 1% pour
les poissons et coquillages), la proportion d'enquêtés
considérant qu'ils avaient augmenté
descend à 74% pour les fruits et légumes
et 62% pour les poissons et coquillages.
La première raison de non-achat de produits
frais invoquée par les consommateurs est
leur cherté : 26% pour les fruits, 22%
pour les légumes et 28% pour les poissons
et coquillages. Mais cette notion reste souvent
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imprécise : par exemple, 47% des Français
pensent qu’une pomme de 125 grammes est
plus chère qu’un yaourt blanc, ce
qui n'est pasle cas. La seconde raison de non-achat
est la difficulté de conservation du produit
(24% pour les légumes, 19% pour les fruits
et 14% pour le poisson et les coquillages).
Selon le CREDOC, la baisse de
consommation de produits frais (supérieure
à 10% entre 1999 et 2003) s’explique
avant tout par un effet générationnel.
Ainsi, les individus nés entre 1927 et
1946 consacrent aux fruits frais un budget annuel
d'environ 400 euros quand la génération
1957-1966 ne dépense plus que 200 euros
par an, et les 1977-1986, 100 euros… soit
quatre fois moins que leurs aînés.
Robert Rochefort, directeur du Crédoc
: "C'est dans tous les secteurs de la consommation
que les consommateurs trouvent que les prix augmentent
trop. La non-consommation des jeunes est l'enjeu
crucial. Aujourd'hui, le consommateur a besoin
de marketing afin d'accepter le prix qu'on lui
propose. Cela consiste à chercher l'argument
immatériel le plus fort : qualité,
plaisir notamment."
Parallèlement à la difficulté
d’évaluer la valeur d’un bien,
les Français ont une notion assez juste
de la façon dont se forment les prix. 51%
des interviewés répondent que le
prix des produits frais est fixé «
en fonction de la récolte » ou «
par équilibre entre l’offre et la
demande ».
Véronique Declerk, directrice des études
économiques d'Interfel : "Il faut
rappeler que les fruits et légumes frais
représentent moins de 1,5% des dépenses
des ménages. Et peu de Français
savent que la main d'œuvre représente
48% des coûts dans toute la filière
fruits et légumes".
Si la première raison d'achat fréquent
des poissons et coquillages frais est d' «
aimer les poissons et coquillages frais »,
celle qui motive l'achat de fruits et légumes
est : « c’est important de manger
souvent des fruits ou des légumes frais
». A la différence du poisson, le
plaisir de manger ces produits a été
supplanté par les bénéfices
santé …
Marc Spielrein, président de la SEMMARIS
: "Le consommateur utilisera les produits
frais si il y trouve du plaisir. Ce n'est pas
par obligation mais par séduction que les
produits frais doivent conquérir le consommateur".
(*) Les intervenants des Entretiens de Rungis
:
Véronique Declerck (INTERFEL), Philippe
Paquotte (OFIMER), Marie-Jeanne Husset (INC -
60 millions de consommateurs), Robert Rochefort
(CREDOC), Jean-Claude Reverdy (CSCGFL), Cécile
Dhenain (TNS Worldpanel), Pascale Hebel (CREDOC),
Gilles Vignaud (UNFD), Dominique Giraudier (Groupe
FLO), Rodolphe Ziegler (Etablissement DEMARNE
Frères), Laurent Grandin (SicaER), Angélique
Delahaye (FNPL), Magali Bocquet (FCD), Eric Birlouez
(Enseignant), Shaoul Abramczyk (MANDAR), Guillaume
Bapst (ANDES), Laurent Damiens (APRIFEL), Véronique
Looten (OFIMER) , Christian PEPINEAU (UNIGROS),
Marc SPIELREIN (SEMMARIS).
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