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La Belgique

La Belgique, un plat pays qui a la frite !
Productions maraîchères côtoient vastes champs et pâtures à perte de vue, jusqu’en bord de mer.

La Belgique, un plat pays qui a la frite !

Productions maraîchères côtoient vastes champs et pâtures à perte de vue, jusqu’en bord de mer. Dotée de riches terres arables, la Belgique a une agriculture diversifiée et est également une importante zone de pêche.

Ce n’est pas une surprise : la production belge de la pomme de terre, la bintje notamment, est parmi les cinq plus importantes de l’Europe avec plus de 4,5 millions de tonnes, cultivées sur près de cent mille hectares. Et elle est en forte hausse chaque année. Dans la même veine, les Belges sont également les plus gros producteurs et consommateurs de frites puisque selon Fritagri et  Bernard Lefèvre, président de l’Union des frituristes, «Il y a cinq mille friteries et plus de 90 % des Belges y vont au moins une fois par an». Il est vrai que les « fritkot » (baraques à frites) sont une institution et que pas un seul village n’en est dépourvu. Alors loin de la querelle de savoir si la frite est à l’origine parisienne, née sur le Pont Neuf ou namuroise, née sur les bords de la Meuse gelée où faute de poissons, les pêcheurs ont fait frire des languettes de pomme de terre, force est de reconnaître que la frite belge est un plat à part entière, est cuite dans de la graisse végétale et se mange à la main.  Un musée lui est consacré à Bruges et il existe un très sérieux classement type « Michelin » des meilleures friteries.

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De nombreuses cultures

La Belgique ne produit pas que des pommes de terre, loin de là. Si le nombre d’exploitations agricoles ou horticoles baisse chaque année, à contrario, la superficie totale de l’ensemble des exploitations recule beaucoup moins vite. En moyenne, les exploitations ne cessent donc de s’agrandir. En trente-quatre ans, la superficie moyenne des exploitations a presque triplé, tant en Flandre (de 8,4 ha en 1980 à 25,5 ha en 2014) qu’en Wallonie (de 20,8 ha à 55,4 ha). Il y a un phénomène de concentration des moyens de production.
Au rang des fleurons, il y a la production de betteraves sucrières même si les superficies qui lui sont consacrées ont connu une chute importante fort heureusement ralentie depuis quatre ans. La diminution des betteraves a surtout profité à la pomme de terre puisque depuis 1980, cette culture a connu la plus forte progression en termes de valeur de la production. La Belgique cultive également des céréales, dont le fameux houblon pour la bière.

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Une importante activité de maraîchage

Les cultures maraîchères représentent  au total près de 60% des superficies horticoles en Wallonie. On peut distinguer :
• d’une part, les légumes destinés à l’industrie de transformation (conserves et surgelés) : ils prédominent en termes de surfaces et sont cultivés sur base de contrats établis avec les industries. Les cultures principales sont les pois verts, les haricots, les épinards, les carottes et les choux de Bruxelles ;
• d’autre part, les légumes destinés au marché du frais, qui prédominent en termes de valeurs financières. Les principales productions wallonnes, conduites en plein air, sont représentées par les choux (notamment les choux-fleurs), la chicorée Witloof (forçage), les haricots verts, les carottes, les oignons de garde, les oignons-ciboule, le persil et les courges/courgettes.

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Flandria, le label belge

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Flandria est le label de qualité belge par excellence pour les fruits et légumes qui donne une plus-value aux produits frais. Il garantit la culture dans le respect de l’environnement, la qualité et la fraîcheur. Seuls les produits de qualité supérieure, au goût parfait et impeccable entrent en ligne de compte pour le label. L’histoire de Flandria a débuté avec les tomates et les endives. Aujourd’hui, cinquante produits différents composent le panier du label. D’une part, l’assortiment est composé de fruits et légumes de pleine terre typiquement belges tels que l’endive, les choux de Bruxelles et les asperges. D’autre part, le label de qualité est décerné à des produits plus « méridionaux » tels que le poivron, la courgette et l’aubergine qui sont cultivés en serre. Depuis l’an 2000, la surface de culture du poivron Flandria connaît une croissance importante, composée de poivrons verts, rouges, jaunes et orange. Et la France en achète régulièrement plus cinq mille tonnes chaque année.

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Houblon ancestral

La culture du houblon existe depuis des siècles en Belgique. Si auparavant, cette culture était dispersée géographiquement, avec une concentration dans les régions de Aalst-Asse et de Poperinge, aujourd’hui le houblon belge est essentiellement cultivé autour de Poperinge, en Flandre occidentale à hauteur de cent cinquante hectares et une production de l’ordre de deux cent cinquante tonnes, tenus par vingt-trois houblonniers. Le houblon constitue une des matières premières principales dans la production de bière et les variétés les plus utilisées sont les variétés amères. Son utilisation dans le processus de brassage a un impact sur l’acidité, l’arôme, le goût et la conservation.
Afin de promouvoir davantage le houblon cultivé en Belgique, le logo “Houblon belge” a été lancé. Les brasseries utilisant du houblon belge dans la production de leur bière de qualité, peuvent le faire savoir en demandant le logo “Houblon belge” auprès de l’Asbl Houblon. Elles peuvent ensuite apposer ce logo sur l’étiquette de leurs bouteilles de bière.
Belgique en fleurs
Les Flamands sont les plus grands producteurs de bégonias et fournissent 55% de la production mondiale des bégonias tubéreux. La culture occupe quatre-vingts hectares produisant annuellement vingt-cinq millions de bulbes, représentant 55% de la production mondiale. 95 % de leur production est exportée, notamment en Grande-Bretagne (55 %), puis en France pour 10 à 15 % d’entre eux. La Belgique est également une terre horticole même si elle est moins réputée que sa voisine hollandaise. La production horticole wallonne avoisine aujourd’hui les 155 millions d’euros, sans compter le chiffre d’affaires des entreprises de parcs et jardins. En termes de nombre d’entreprises, l’horticulture wallonne compte environ mille deux cents exploitations de production (fruitière, maraîchère et ornementale) et plus de deux mille entreprises d’espaces verts. En région wallonne, plus de dix mille personnes sont concernées par le secteur de l’horticulture. Les productions florales et les productions de pépinières ornementales sont principalement localisées dans le Hainaut et en  floriculture, les seules cultures wallonnes produites en quantités significatives sont les plantes à massifs (pélargoniums, …) et les chrysanthèmes en pots.
Tournée vers l’Europe
L’agriculture en tant que telle (animaux, produits animaux, végétaux et les graisses) représente  5,7% des exportations belges, à laquelle il faut ajouter les 5,5% d’exportations de produits alimentaires, de boissons et de tabac. Les pays de l’UE des 27 représentent sur la période 2010 -2014 pas moins de 85,5 % des exportations belges de produits agroalimentaires, contre 71,1% des exportations totales belges tous produits confondus. La France, les Pays-Bas et l’Allemagne s’adjugent respectivement 25,9%, 23,9% et 17,8 % du total des exportations belges de produits issus de l’industrie agroalimentaire. Pour les exportations belges totales, ces chiffres atteignent 16,0%, 17,5% et 12,1%, indiquant que l’importance des pays voisins est encore plus élevée pour les produits de l’industrie agroalimentaire.
Parmi les pays extérieurs à l’Union européenne, on peut noter l’importance des États-Unis dans la croissance des exportations de la Belgique (12,3% de la progression totale observée vers les pays extra-européens entre 2000 et 2014). La Chine est également un partenaire important représentant 6 % de la progression observée, juste devant le Brésil (5,1%).
Avec 4,7 % des exportations totales du secteur de l’agroalimentaire, la  viande porcine est la troisième activité la plus importante tous secteurs confondus. À elle seule, elle s’adjuge 31,8 % % des exportations du secteur de la viande.

Un pays de coopératives

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Parce que l’union fait la force, de nombreux producteurs sont regroupés au sein de coopératives. Les sociétés coopératives représentent un pouvoir économique important, tant en termes de chiffre d’affaires que d’emplois offerts. Ce statut juridique favorise la démocratie interne (avec le principe un homme, une voix) et la redistribution des bénéfices en fonction de l’activité réalisée avec la coopérative, plutôt qu’en fonction des capitaux investis. Ainsi, par exemple, la Belgische Fruitveiling cvba (BFV) est la plus grande organisation belge de fruiticulteurs, avec une part de marché national de 50%. Implantée à Saint-Trond, dans la province du Limbourg, elle compte plus de mille deux cents membres répartis dans les différentes régions fruiticoles de Belgique. Le siège est implanté à Saint-Trond, au milieu de l’une des principales régions fruitières d’Europe. Ses principaux produits sont les pommes, les poires, les fraises et les cerises et les baies. La coopérative collabore avec des maraîchers limbourgeois, mais aussi avec ceux des autres grandes régions de production belges: notamment le Hageland brabançon, le Waasland de Flandre orientale et la Hesbaye wallonne. BelOrta est également une autre grande coopérative de producteurs de fruits et légumes, labellisés Flandria, qui regroupe plus de cent producteurs locaux sous une même marque. Une vaste offre de plus de cent vingt variétés de légumes et trente variétés de fruits, sans oublier vingt variétés d’herbes fraîches. 55% des produits négociés sont destinés à l’exportation (France, Pays-Bas, Etats-Unis, Japon, etc.), et 45% aux supermarchés et aux grossistes de Belgique.
Sans oublier Reo Veiling, le marché de gros de Roulers, labellisé Flandria, qui propose plus de soixante fruits et légumes de producteurs.

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Le tour de cadran

S’il est habituel en France d’aller aux criées de poissons, en Belgique, les acheteurs professionnels vont aux criées de fruits et légumes. Toutes les criées sont affiliées au label Flandria. Deux sont particulièrement célèbres et hautes en couleurs. La Criée de Wépion est une coopérative de producteurs de fraises principalement qui se sont regroupés pour commercialiser leurs productions. Les fraises sont récoltées le matin et amenées à la criée le soir pour être vendues à l’horloge à des professionnels.La vente se déroule en faisant défiler des prix à la place des heures sur un cadran et l’acheteur assis à un pupitre fixe le prix en arrêtant l’horloge en poussant sur son bouton. La vente a lieu de début mai à fin juillet, du lundi au vendredi à 19h30 et le dimanche à 11h30. Elle n’est accessible qu’aux professionnels. La criée de Malines fonctionne selon les mêmes principes. La ville est au cœur d’une région de culture maraîchère et la criée de Malines traite jusqu’à trois mille tonnes de légumes par jour !

Poissons plats

Comme ce pays si cher à Jacques Brel, les vedettes de la pêche belge sont deux poissons plats : la plie et la sole qui constituent les deux espèces les plus importantes et qui ensemble, représentent quasiment 50% du total de la pêche belge. Parmi la grande diversité de poissons pêchés, la criée de Nieuport est spécialisée dans la vente de poissons côtiers et de produits de niche, comme les fameuses crevettes grises flamandes. Quelque 90% de la pêche issus de la flotte belge sont vendus sur la criée flamande de Zeebruges-Ostende. Son cadran est connecté avec les cadrans des pays limitrophes et ce système permet une formation du prix tout à fait transparente. Grâce à la situation centrale de la Belgique au sein de l’Europe, quelque trois millions de consommateurs peuvent être livrés au plus tard dans les douze heures. Des contrôles stricts effectués par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire garantissent les standards sanitaires et d’hygiène les plus élevés en Europe.

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VLAM

Le VLAM, l’Office Flamand d’Agro-Marketing, est un organisme qui assure la promotion, en Belgique et à l’étranger, des ventes, de la valeur ajoutée, de la consommation et de l’image des produits et services issus de l’agriculture, de l’horticulture, de la pêche et du secteur agro-alimentaire flamands. Le VLAM opère à la demande des entreprises et autorités flamandes, en collaboration active avec un maximum de maillons de la chaîne. Il participe à de nombreux événements, salons et manifestations et entretient des liens étroits avec la France.

 

La capitale pour origine

La capitale pour origine

Le chou de Bruxelles mérite bien son nom puisqu’il vient effectivement de la capitale. Après la construction de la seconde enceinte de Bruxelles au XIVe siècle, la culture maraîchère se développa dans l’actuelle commune de Saint-Gilles. Face à la démographie galopante de la ville, les maraîchers durent trouver des moyens d’augmenter leur rendement. Et c’est vers le milieu du XVIIe siècle que les Saint-Gillois créèrent un nouvel hybride de chou qui se cultivait verticalement, facilement et occupait donc moins d’espace. Cette culture très rentable occupa rapidement de grands espaces et valut aux Saint-Gillois le surnom de « Kuulkappers » (coupeurs de choux).

 

Franco belge

Franco belge

59 % de l’importation française totale de pommes de terre de consommation provient de Belgique. D’autres produits belges sont très présents sur le marché français, tels que les azalées gantoises et les rhododendrons pour 70%, les endives (71%), les pommes de terre (51%), les poireaux (47%), le lait (43%) et la crème fraîche (39%).

Au patrimoine de l’Unesco

Impossible de parler de Belgique sans évoquer la bière dont la culture a été sacrée, en novembre 2016, au « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » par une décision de l’Unesco. Pour défendre l’inscription de sa boisson nationale, Bruxelles avait fait valoir qu’avec près de mille cinq cents types différents, plus de deux cent cinquante brasseurs, sa fabrication et son appréciation faisaient « partie du patrimoine vivant de plusieurs communautés réparties dans l’ensemble de la Belgique ». L’Unesco lui a donné raison en rappelant dans un communiqué que « cette culture » jouait « un rôle dans la vie quotidienne » des Belges et « lors des événements festifs ». Et c’est cette diversité des modes de fermentation, des Pils de soif aux lambics et aux Gueuzes les plus élaborées, en tonneaux, avec des assemblages, qui a est récompensée par l’Unesco. Il est vrai que la bière est une institution en Belgique. Si on la boit en soirée ou à l’apéritif, elle se consomme de plus en plus à table. Du coup, les restaurateurs belges (et français) essaient de développer le beer-pairing (l’accord bière-plat). Elle peut être servie avec le fromage, une habitude dont les Français commencent tout juste à s’emparer. Les Belges militent également depuis 2014 pour faire inscrire la frite sur cette même liste. Espérons qu’ils y arrivent car outre-Quiévrain, l’une ne va pas sans l’autre !

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