Commandes en ligne :  le grand bond en avantCommandes en ligne :  le grand bond en avant

Commandes en ligne : le grand bond en avant

Avec les mesures sanitaires liées au Covid-19, les précommandes et le retrait en magasin se sont développés à grande vitesse, donnant un coup d’accélérateur à la digitalisation du petit commerce.

En quelques semaines, la pandémie de Covid-19 a donné un coup d’accélérateur sans précédent à la digitalisation des commerces alimentaires de proximité. Un phénomène bien sûr lié au confinement et aux mesures sanitaires imposées aux commerces, qu’ils soient sédentaires ou ambulants. Pour ces derniers, le e-commerce est apparu parfois comme la seule solution pour maintenir une activité, compte tenu de la fermeture de nombreux marchés. Le souhait des consommateurs d’éviter au maximum les contacts lors de leurs achats a aussi profité à plein aux magasins drive des supermarchés, avec des croissances à deux chiffres.

Pressés par leurs clients de leur proposer de nouveaux modes de vente, les détaillants se sont massivement tournés vers la livraison* mais aussi vers la vente en ligne et autres marketplaces. Dans ce domaine, un large choix s’ouvrait à eux. Les géants du commerce en ligne n’ont pas tardé à sentir le vent tourner en proposant des solutions adaptées aux commerçants de proximité. C Discount, par exemple, a mis en place un dispositif spécial pour leur permettre de vendre en ligne sur Cdiscount Marketplace, avec une procédure d’adhésion, un accompagnement pas à pas ou encore des abonnements standard offerts.

Mais la phase de confinement a surtout sonné l’heure de gloire des plates-formes spécialisées dans l’interface entre les commerces de proximité et leurs clients. Créée en octobre 2016 par Elsa Hermal et Edouard Morhange, Epicery.com a vu arriver depuis le 13 mars quantité de nouveaux commerçants et artisans alimentaires désireux de vendre en ligne. L’application, qui géolocalise les commerçants accessibles autour des utilisateurs, permet de commander en ligne auprès des commerçants, voire dans certaines communes comme Paris, de se faire livrer. Pour favoriser son développement, le service a offert tous les nouveaux abonnements durant le confinement aux petits commerces pendant trois mois. Le 24 mars dernier, l’application (qui épaule plus de 400 commerces de bouche de quartier à Paris et à Lyon) a lancé son service sur la France entière. « Les commandes pourront être livrées sans contact au domicile du client sur des créneaux de 2 h, dans plus de 40 villes françaises ou disponibles en click & collect partout ailleurs, directement chez le commerçant », précise-t-on chez Epicery. Le site accueille dans ses pages de nombreux usagers fidèles de Rungis, comme La Ferme de Longchamp (Paris 16e), la poissonnerie Narval (15e) ou encore… la boucherie Metzger à Neuilly-sur-Seine.

Epicery, Rapidle, Monpetitcommerce.fr…

Commandes en ligne : le grand bond en avant 3Autre application qui a fait parler d’elle ces dernières semaines, Rapidle, une solution de click & collect et de livraison également dédiée aux commerces de proximité. Dans les jours suivant la mise en place du confinement, la plate-forme annonçait une flambée du nombre d’inscriptions en tête desquelles figuraient les boucheries et les boulangeries, juste derrière les pharmacies. Une hausse qui s’est poursuivie dans les semaines suivantes au rythme de + 50 % par semaine. Le nombre de commandes sur la plate-forme était multiplié par deux et le montant des paniers moyens par quatre pour les boucheries et par huit pour les boulangeries.

« Si notre solution n’est pas nouvelle, elle est particulièrement adaptée à la situation présente », expliquait son fondateur Steeve Broutin sur France 3 le 9 avril dernier. « Le consommateur commande, choisit l’heure de retrait ou de livraison et va chercher ou attend chez lui ses produits sans contact avec les autres acheteurs ni avec de la monnaie ». À ce jour, plus de 1 000 commerçants ont choisi de digitaliser leur activité via Rapidle, qui dispose de son appli mobile et met en place une plate-forme pour chaque commerce qui est propriétaire de son site, moyennant un abonnement mensuel. La solution a, elle aussi, séduit des détaillants habitués de Rungis, comme le primeuriste Rémi Langlois (lire également portrait d’acheteur p.19) ou les Fleurs de Marie-Antoinette.

Commandes en ligne : le grand bond en avant 4Si tous les commerces ont intégré le service de manière différente, Rapidle assure que son service peut représenter jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires des ventes concernées. « Il est important au départ de faire connaître le service au plus grand nombre. C’est pour cela que nous proposons un kit de communication », précise-t-on chez Rapidle. « Un responsable de clientèle accompagne les artisans avec des programmes de communication commerciale en boutique, sur google et sur les réseaux sociaux ». Pour ne pas décevoir les clients, une fonction de l’application permet de verrouiller la commande si les stocks d’un produit sont épuisés.

Epicery et Rapidle ne sont pas les seules sur le créneau de la mise en relation entre détaillants et acheteurs. On recense également monpetit-ecommerce.fr, sur lequel les commerçants de bouche peuvent également vendre leurs produits en ligne, Ollca (anagramme de Local), puyp.fr, une plate-forme de commande en ligne, puis de drive piéton ou de livraison pour les restaurants et commerces de proximité.

Les CCI à la manœuvre

Commandes en ligne : le grand bond en avant 2Les plates-formes de e-commerce ne sont pas les seules à s’être portées au secours des détaillants soucieux de consolider leur clientèle via le Web. Les collectivités locales ont apporté leur pierre à l’édifice en fléchant auprès de leurs concitoyens les commerçants locaux proposant commande en ligne et livraison.

La CCI Paris Île-de-France a ainsi mis en place en urgence un dispositif gratuit baptisé « J’aime mes commerces à domicile », en partenariat avec de nombreuses villes d’Île-de-France. Partie d’une expérience déployée par la CCI du Val-de-Marne, « J’aime mes commerces à domicile » est un outil de référencement et d’information sur les commerçants en capacité de livrer et d’assurer la vente à emporter dans chaque commune. Les organismes consulaires fournissent les outils d’information (bannières, formulaires d’inscription, affiches) aux villes partenaires et prennent contact avec leurs commerçants.

La CCI de Seine-et-Marne est allée encore un peu plus loin en partenariat avec Rapidle. Ensemble, ils ont mis sur pied une plate-forme départementale de commande en ligne et de livraison de produits alimentaires www.vivonslocal.org. Tous les commerçants, les artisans et les agriculteurs de Seine-et-Marne peuvent bénéficier de ce service pour proposer leurs produits en ligne à leurs clients. Enfin, la mairie de Paris a mis en ligne une carte interactive de tous les commerces de bouche proposant la livraison.

Bruno Carlhian

Par exemple, via Stuart une plate-forme numérique de course urgente (dans l’heure) qui met en contact un commerçant avec un livreur professionnel ; ou coursierprive.com qui propose un service de livraison à la demande pour les commerçants parisiens.

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Comment se former ?

Pour aider les TPE et PME à maintenir une activité économique dans des conditions irréprochables de sécurité sanitaire, la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’Économie et des Finances a mis à disposition des artisans, des commerçants et des indépendants différents guides accessibles en ligne sur www.francenum.gouv.fr. Deux guides sont particulièrement utiles : l’un sur les bonnes pratiques relatives à la livraison de colis ; l’autre sur la livraison de repas à domicile. Le site fourmille également de conseils sur les outils numériques existants, les plates-formes, mais aussi sur les mesures immédiates de soutien aux entreprises.