La crise a confirmé l’attachement des Français aux végétaux

Enquête

Les ventes de végétaux ont subi les conséquences l’année dernière de la crise sanitaire, et notamment des deux périodes de confinement, souligne une étude détaillée réalisée par l’institut Kantar pour FranceAgriMer et l’interprofession Val’Hor auprès d’un panel de 7 000 foyers. « 2020 aura été une année éprouvante marquée par des montagnes russes en matière de consommation », a commenté Mikaël Mercier, le président de Val’Hor. « Le bilan confirme cependant l’attachement des Français aux végétaux et leur envie de nature, ce qui me rend optimiste pour l’avenir. » Selon le pépiniériste, l’année 2021 pourrait même être « exceptionnelle », « la demande dépassant actuellement l’offre disponible ». L’étude montre en effet qu’en dépit des restrictions au commerce des végétaux subies par le secteur l’année dernière, 75 % des foyers ont continué à acheter au moins une fois des végétaux dans l’année, une proportion comparable aux années précédentes. En revanche, les quantités achetées sont en chute de près de 10 % (672 millions d’unités, contre 747 l’année précédente), une chute cependant moins marquée en valeur : - 6 % pour 2,6 Md€. « Le marché des végétaux a subi un recul généralisé, surtout en volumes achetés, sauf pour le marché des obsèques, qui est en progression, et celui des végétaux d’extérieur (ornement et potager), qui reste plutôt stable en valeur », a précisé Béatrice Guilbert, directrice conseil de Kantar.

Les ventes des producteurs en hausse

Particulièrement pénalisées par les deux confinements (et notamment le premier, au cours duquel les fleuristes étaient fermés), les ventes de végétaux d’intérieur n’ont pu rattraper leur retard au cours du deuxième semestre. « En revanche, les végétaux à destination du potager n’ont pas souffert des périodes de confinement du fait de leur plus grande disponibilité, notamment en grandes surfaces et jardineries lors du premier confinement et chez les producteurs », a poursuivi Béatrice Guilbert. Des chiffres qui confirment également « l’effet jardin » lié aux confinements, les foyers ayant consacré plus de temps au jardinage l’année dernière.
La perturbation des circuits de commercialisation a également provoqué une redistribution des cartes en matière de points de vente. Les volumes et dépenses de végétaux ont baissé dans pratiquement tous les circuits : grande distribution, jardineries, libres-services agricoles, marchés et magasin de bricolage ou de décoration. Seules deux catégories ont vu leurs ventes progresser : les producteurs, bénéficiant de l’effet « proximité », et la vente par correspondance, la crise ayant accéléré la digitalisation du secteur.

Le digital se développe dans la vente

Une autre étude qualitative, également menée par Kantar cette fois sur les rapports qu’entretiennent les Français avec le végétal, témoigne de la curiosité des Français pour les achats en ligne, 19 % se déclarant intéressés pour acheter de végétaux sur Internet, 9 % ayant déjà franchi le pas. « La montée en puissance des achats en ligne pourrait faire doubler la part des Français qui achètent des végétaux sur internet, actuellement limité à un foyer sur 10 », précise l’étude.

La crise a confirmé l’attachement des Français aux végétaux
En bref

Muguet : retour à la normale

Après un 1er mai 2020 où le muguet s’était vendu partout, sauf chez les fleuristes, le 1er mai 2021 a marqué un retour à la normale, en dépit des mesures de restriction. Une normalisation bienvenue, puisqu’il se vend, essentiellement sur une journée, près d’un brin de muguet par Français, soit 60 millions. Pour manifester leur solidarité, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Alain Griset, ministre délégué chargé des PME se sont déplacés à la rencontre de la filière, le 27 avril dernier, en pays nantais, où se concentre 80 % de la production.