À Rungis, la chaîne de l’hygiène aussi a tenu bonÀ Rungis, la chaîne de l’hygiène aussi a tenu bon

À Rungis, la chaîne de l’hygiène aussi a tenu bon

La pandémie a dopé la demande en produits d’hygiène et de désinfection
et stimulé l’innovation, sous le regard attentif des autorités de santé.
Certaines catégories devraient s’ancrer durablement dans le paysage.

Depuis l’annonce des premières mesures sanitaires contre la Covid-19 en début d’année, les magasins de matériel de Rungis ont dû répondre aux sollicitations pressantes et croissantes des professions concernées : grossistes, détaillants, restaurateurs, collectivités, etc. « La demande de notre clientèle traditionnelle (bouchers, charcutiers, restaurateurs, etc.) s’est accrue considérablement et a été rejointe par une nouvelle, à la recherche de produits qui devenaient rares sur le marché », explique Laurent Felten, directeur des opérations de La Corpo, qui dispose d’un magasin de 1 000 m2 dans le secteur de la gastronomie. « Les ventes ont flambé sur certaines catégories, comme les gants, à tel point qu’on a dû limiter les gros achats unitaires de la part de clients qui entendaient stocker. »

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Pour le magasin La Corpo, répondre à la demande en produits d’hygiène aura été un challenge de tous les instants cette année. « Nous avons eu la chance de pouvoir nous appuyer sur la capacité de notre maison mère, le groupe international ECF, à s’approvisionner, y compris directement en Asie, pour éviter les ruptures. Globalement, nous avons été plutôt performants et réactifs dans des circonstances exceptionnelles », estime le dirigeant. L’explosion de la demande mondiale a en effet provoqué à plusieurs reprises des pénuries sur le marché. « Il y a d’abord eu celle des masques, puis celle des gants, des lingettes, du gel ou encore celle des contenants ou encore des pistolets de désinfectants », rappelle Laurent Felten. « La demande a été telle à certains moments que la matière première elle-même a manqué aux fabricants ! »

Des gammes en extension

« La plupart des produits que nous vendons aujourd’hui appartenaient déjà à notre fond de rayons », détaille le responsable du magasin rungissois Karim Miri. « Mais les gammes se sont considérablement étendues, pour représenter plus d’une trentaine de références. »

On retrouve dans cette catégorie hygiène « spéciale Covid-19 » : les liquides désinfectants, les lingettes, les masques, les gants, les gels, les tabliers, mais aussi les charlottes, les sur-chaussures ou encore les kits visiteurs, « très demandés par les collectivités », précise Karim Miri.

Depuis mars dernier, les produits d’hygiène « Spécial Covid » n’ont pas quitté un îlot central à l’entrée du magasin La Corpo de Rungis, explique Karim Miri, son responsable.

Malgré les difficultés d’approvisionnement, La Corpo s’est évertuée à mettre en avant les produits à la fois les plus performants et les plus « propres ». « C’est le cas, par exemple, de notre gamme Kleaning Essentials, une collection de produits d’hygiène sans étiquetage de risque, 100 % naturelle et biodégradable », illustre Karim Miri. Le responsable du magasin est également fier de ses lingettes DRF, sans rinçage et à contact alimentaire ou encore de ses serviettes individuelles de désinfection destinées notamment aux restaurateurs. « Cela évite que toute la clientèle mette ses mains sur la bouteille de gel hydroalcoolique. En plus, elles sont présentées dans un étui biodégradable », argumente-t-il. De son côté, Laurent Felten insiste sur l’origine nationale de certaines gammes. « Notre gel est français, et nous en proposons à 70 °, un taux élevé particulièrement efficace contre le virus. » L’enseigne s’approvisionne aussi en gants, quand il y a la disponibilité, auprès de Safetouch, une marque fabriquée dans le Maine-et-Loire.

Près d’un an après l’apparition du virus en Europe, un îlot de produits d’hygiène et de désinfection trône toujours à l’entrée du magasin. « La demande reste encore très supérieure à ce qu’elle était avant la crise », insiste Laurent Felten. « Dans notre catalogue 2021, on a d’ores et déjà prévu une page produits d’hygiène Covid. De nouveaux comportements se sont mis en place dans nos métiers. »

Bruno Carlhian

Des produits sous surveillance

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L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a mis en garde en novembre les entreprises et les salariés contre les nouveaux dispositifs ou procédés dits anti-Covid-19 « qui non seulement ne réduisent pas le risque de transmission du virus, mais peuvent en engendrer de nouveaux ». L’association dédiée à la santé et à la sécurité au travail appelle notamment à s’assurer de l’efficacité des revêtements biocides, de celle des purificateurs d’air ou encore de celle des appareils de désinfection des surfaces par l’ozone gazeux. Elle attire également l’attention sur les précautions à prendre en cas de désinfection par UV. Pour en savoir plus : www.inrs.fr