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L’élevage a de beaux jours en France

Si le temps des petits élevages en étang n’est pas révolu, l’aquaculture s’est considérablement modernisée ces vingt dernières années tout en parvenant à augmenter ses standards de qualité.
En face, la demande des consommateurs est au rendez-vous.

La filière française de l’aquaculture affiche une grande diversité de production. Poissons d’eau douce, de mer ou encore écloserie : la chaîne est aujourd’hui parfaitement structurée. Si la qualité des élevages tricolores est au rendez-vous, le secteur de l’écloserie fait figure de référence. « À titre d’exemple, la moitié des œufs de truites embryonnés sont destinés à l’exportation. Si l’on considère les poissons marins, la part de l’export est de 90 % », dévoile Marine Levadoux, directrice générale du Comité interprofessionnel des produits de l’aquaculture (CIPA). Ces chiffres mettent en lumière la longue expertise française en matière de pisciculture, avec notamment une pratique ancestrale de l’élevage de carpes en étang. Au cours des XIXe et XXe siècles, c’est l’élevage de truites qui s’est développé grâce au concours indispensable des écloseries. Mais le véritable essor intervient à partir des années 1970 avec le développement d’imposants élevages de truites.
Aquaculture 1Quant aux espèces marines, elles n’ont connu qu’une réelle activité d’élevage dans les années 1980. « Là encore, les écloseries françaises ont été pionnières sur des poissons comme le bar ou la daurade », commente Marine Levadoux. Le CIPA (à noter que d’autres professionnels de l’aquaculture sont représentés par le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins) réunit aujourd’hui 300 entreprises, dont cinq fabricants d’aliments, mais aussi des transformateurs de truites, soit une quarantaine d’ateliers à l’échelle de la France. Marine Levadoux constate une diminution du nombre de pisciculteurs au profit d’une polarisation de l’activité et la constitution, par rachats, de différents gros intervenants. « Au sein du CIPA par exemple, trois entreprises indépendantes se sont finalement rassemblées en un seul groupe », explique-t-elle.

 

Une activité qui coule de source

Avec ses 5 500 km de littoral, ses milliers de rivières et de plans d’eau, la France est un territoire naturellement propice à l’élevage de poissons, en eau douce comme en eau de mer. 52 880 t de poissons y ont ainsi été produites en 2018, avec une surreprésentation de la truite : 41 109 t de cette espèce ont été commercialisées en 2018. Suivent la daurade (1 879 t), le bar (1 433 t) et le saumon, le maigre et la sole (851 t), selon le CIPA. La truite, omniprésente dans les rayonnages de France et de Navarre, s’est imposée depuis de nombreuses années comme l’alternative au saumon et ses écarts abyssaux de qualité d’un pays producteur à l’autre. Aquaculture 2La truite fumée à destination des ménages a ainsi vu son chiffre d’affaires faire un bond de 120 % entre 2012 et 2018. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de la filière truite dépasse allègrement les 120 millions d’euros. Les professionnels surfent aujourd’hui sur la vague de la transformation et proposent de plus en plus de produits préparés. Outre la sempiternelle truite fumée, des ateliers de filetage proposent des morceaux prêts à l’emploi, y compris au Marché de Rungis. « Depuis une vingtaine d’années, on élève les poissons plus longtemps. Jusqu’à trois ans pour la truite. Cela demande bien sûr plus de technique et le savoir-faire des pisciculteurs a évolué tandis que la production est soumise à un cahier des charges strict », détaille la directrice du CIPA. L’activité est donc soumise à de nombreuses considérations, à l’instar de l’alimentation, de la densité et de différents objectifs environnementaux. La nourriture apportée aux poissons répond ainsi à des critères précis. Elle est constituée de 60 à 80 % de matières premières végétales, et de 20 à 40 % de farines et d’huiles de poisson. On y trouve également des minéraux et des vitamines. Les dernières avancées vont dans le sens d’une intégration croissante de farines d’insectes et d’huiles de micro-algues dans le régime alimentaire du poisson.
« Les poissons d’aquaculture de mer ou d’eau douce répondent à une demande sociétale », estime Marie Levadoux, qui souligne l’alternative proposée par l’aquaculture « face à des ressources halieutiques stables ou sous pression ».
Mickaël Rolland

 

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Pure Salmon s’invite dans le Nord

L’annonce était quelque peu tombée aux oubliettes avec la crise sanitaire, mais le projet est loin d’être enterré. En janvier dernier, lors du salon Choose France à Versailles, l’entreprise spécialisée dans l’élevage de saumon en circuit fermé, Pure Salmon a annoncé l’ouverture d’une ferme aquacole à Boulogne-sur-Mer. Pure Salmon a en effet l’ambition d’investir 175 millions d’euros et de créer 160 emplois pour mener à bien ce projet. La construction du site a débuté le mois dernier et une première salve de commercialisation de saumons pourrait intervenir en 2023. La Société d’exploitation des ports du détroit (SEPD), qui régit le site, estime que 15 000 tonnes de poissons pourraient être produits chaque année.