Une filière qui marche sur des œufsUne filière qui marche sur des œufs

Une filière qui marche sur des œufs

Les Français sont de gros consommateurs d’œufs

En 2016, la consommation des ménages s’élevait à 5,6 milliards d’unités.

Les Français sont de gros consommateurs d’œufs. En 2016, la consommation des ménages s’élevait à 5,6 milliards d’unités. Malgré des exigences croissantes des acheteurs en matière de respect du bien-être animal, cette consommation reste stable et devrait être du même niveau en 2017. La demande s’est même envolée pour les œufs d’origine France, épargnés par la contamination au Fipronil.

Près d’un œuf sur deux est acheté en magasin. Les achats d’œufs par les ménages représentent 47 % de la consommation globale. Le reste des œufs est essentiellement consommé sous forme d’ovoproduits en restauration et par l’industrie agroalimentaire (40 %) où ils sont utilisés en tant qu’ingrédients dans les pâtes, les biscuits, les sauces… La restauration utilise également des œufs coquille (9 % des œufs consommés en France). Les œufs « standard » (issus de poules élevées en cage) restent majoritaires (53 % des achats des ménages) mais sont en recul de 7,5 % entre début septembre 2016 et début septembre 2017 par rapport à la même période de l’année précédente. En revanche, les œufs « alternatifs » (élevages de plein air, bio…) continuent de gagner du terrain. Les ventes d’œufs label Rouge enregistrent une hausse de 13,5 % sur la période, une évolution quasi égale à celle des œufs bio (+ 13,2 %). Les achats des autres œufs de plein air, hors label Rouge, augmentent de 6,7 %.

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Les Français plébiscitent majoritairement la production nationale. Pour plus de huit Français sur dix, l’origine française des œufs permet de garantir leur qualité et leur fraîcheur. De plus, pour plus de neuf Français sur dix, les œufs pondus en France permettent de contribuer à la préservation des élevages en France et de participer au maintien du « made in France ». Pour répondre à cette demande, la filière a mis en place le logo « Œufs de France ». La crise du Fipronil (été 2017), qui a touché des éleveurs de poules pondeuses notamment en Belgique et aux Pays-Bas, a majoritairement orienté les utilisateurs européens et français d’œufs et d’ovoproduits vers les produits d’origine France, les éleveurs français n’ayant en effet jamais été concernés par la contamination. Un contexte tendu qui a entraîné un manque de disponibilité des œufs en France et en Europe et une augmentation brutale des cours des œufs. Début décembre, le Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo) redoutait un début de pénurie face à la demande et à l’explosion des cours. « Le marché est désormais en total déséquilibre, avec une offre inférieure à la demande de l’ordre de 4 à 5 %, tous types d’élevages confondus : bio, plein air, sol et standard », indique le syndicat. La filière tente de répondre à cette situation en augmentant encore la production. Toutes destinations confondues, la production française (numéro un en Europe avec 14,3 milliards d’œufs produits en 2016) devrait terminer l’année 2017 avec des volumes en hausse de 5 %.
Olivier Masbou

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Vers la fin des cages à poules ?

Une filière qui marche sur des œufs 3Poussée par les associations de consommateurs et les organisations de protection des animaux, la filière avicole française est en train de faire sa grande mutation. Elle s’est fixé pour objectif de passer à 50 % de poules en système d’élevages alternatifs (plein air, bio…) d’ici à 2022 (contre 32 % aujourd’hui). Ce plan est à la fois ambitieux et coûteux. Il représente des investissements de près de 500 millions d’euros. « Cette nouvelle étape arrive seulement cinq ans après la mise aux normes européennes qui a déjà coûté près d’un milliard d’euros à la filière », rappelle le Comité national pour la promotion de l’œuf.

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