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Une réforme à concrétiser en 2019

Les branches professionnelles ont constitué, et pour la plupart désigné, leurs nouveaux opérateurs de compétence (Opco) en matière de formation professionnelle. Une étape importante d’une réforme ambitieuse.

La réforme de la formation professionnelle a connu un coup d’accélérateur depuis le début de l’année avec l’obligation faite aux branches de constituer, avant le 1er janvier 2019, leurs nouveaux « opérateurs de compétence ». La loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel de septembre 2018 a en effet engagé la mutation des organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) en opérateurs de compétences (Opco), avec pour ambition d’améliorer l’efficacité et la cohérence de ces organismes chargés d’organiser la formation professionnelle en en réduisant le nombre et en privilégiant la réflexion de filières.
Aux termes de la loi, les Opco (qui n’auront pas un rôle de collecte, les Urssaf devant prendre le relais) auront notamment pour mission d’assurer le financement des contrats d’apprentissage, d’apporter un appui technique aux branches pour les accompagner dans la mise en œuvre des certifications et d’accompagner les petites et moyennes entreprises dans la formation. Ils auront également pour rôle de favoriser la transition professionnelle des salariés, notamment par la mise en œuvre du compte personnel de formation dans le cadre de projets de transition professionnelle.
La réforme a rebattu les cartes en matière d’affiliation des différents secteurs à leurs organismes de référence. Les recommandations du rapport commandé l’année dernière par le ministère du Travail à deux experts, Jean-Marie Marx et René Bagorski (qui suggéraient de passer de 20 Opca à 11 Opco) ont été en partie suivies. Les dossiers d’agrément d’un total de 13 Opco ont été déposés. Le ministère du Travail devait rendre son avis fin janvier afin de laisser le temps aux branches de s’organiser, avant une entrée en vigueur de la réforme prévue au 1er avril.

La CGI choisit l’Opco des services

Formation professionnelleS’il reste encore des incertitudes sur la désignation de leur Opco par certaines branches de l’alimentaire, la Confédération française du commerce de gros et international a fait le choix d’une Opco interfilière des services, baptisée Welcomm, qui correspond au rapprochement opérationnel des actuels Opca Inter-gros et Opcalia. Le nouvel ensemble, qui agglomère de très nombreux métiers de la sphère des services, pèserait pour près de 2 millions de salariés. « Ce choix est la conséquence d’une réflexion au cours de laquelle nous nous sommes réinterrogés sur notre métier, explique Philippe Barbier, président de la CGI. Elle a fait ressortir que nous étions certes des acteurs du commerce et de la logistique, mais que nous étions aussi fondamentalement des sociétés de services “apporteuses de solutions” de proximité. » Certaines fédé-rations engagées dans la transformation (comme Fedev pour l’industrie et le commerce en gros de la viande) se sont ralliées à Ocapiat pour « Opérateur de compétences agriculture, pêche, industries agroalimentaires et territoires ». Ce nouvel Opco est issu du rapprochement de l’ensemble des industriels de l’alimentaire et de la coopération agricole (jusque-là rassemblés dans Opcalim) avec le secteur de l’agriculture (Fafsea). Ocapiat couvrirait ainsi 41 branches professionnelles représentant 1,4 million de salariés.
Enfin, les professions du commerce alimentaire de proximité rejoindraient deux Opco. Les artisans (bouchers, boulangers, charcutiers, chocolatiers, confiseurs, glaciers, pâtissiers et poissonniers) ont constitué et choisi l’Opco Pepss. Celui-ci a été désigné par l’ensemble des métiers de l’artisanat et des professions libérales, soit 46 000 entreprises et 233 000 salariés. « L’ambition de l’Opco sera notamment d’apporter un service aux très petites entreprises de l’artisanat en matière de formation professionnelle et de les épauler financièrement », commente Pierre Burban, secrétaire général de l’Union des entreprises de proximité (U2P). Les détaillants en fruits et légumes, épicerie et produits laitiers devraient rejoindre l’Opco du commerce, issu du Forco.

Bruno Carlhian