Des freins à l’embauche persistent

La 25e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) se déroulera du 15 novembre au 21 novembre prochain. L’occasion de se pencher sur la relation que les jeunes en situation de handicap entretiennent avec l’emploi dans un contexte où les barrières sont encore difficiles à lever.

Si l’inclusion des personnes en situation de handicap s’améliore dans nos sociétés contemporaines, les jeunes handicapés peinent à réaliser leurs projets professionnels. Une vaste enquête menée par l’Ifop, à la demande de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et de plusieurs entités œuvrant en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap (le FIPHFP, LADAPT, l’UNML, le CNCPH, les associations Droit au savoir et 100 % Handinamique), démontre leur motivation et les difficultés qu’ils rencontrent.

Tout d’abord, les jeunes perçoivent le travail comme une condition de la réussite personnelle (85 % pour l’ensemble des jeunes et 84 % pour les jeunes handicapés). Ainsi, les deux publics interrogés se voient salariés d’une entreprise privée (68 % pour l’ensemble des jeunes et 70 % pour les jeunes handicapés) ou dans la fonction publique (42 % pour l’ensemble des jeunes et 48 % pour les jeunes handicapés) d’ici à dix ans. Le critère de la rémunération est moins déterminant chez les jeunes en situation de handicap en comparaison à la jeunesse (43 % et 36 %) et ils privilégient davantage l’engagement éthique de l’entreprise (42 % et 28 %) pour choisir un employeur.

La recherche d’emploi est plus longue et compliquée chez les jeunes en situation de handicap : 7,6 mois en moyenne, soit presque deux fois plus longtemps que l’ensemble des jeunes (4,2 mois en moyenne). Si ces derniers jugent cette étape simple (69 %), ils ne sont que 42 % du côté des jeunes en situation de handicap. Ces difficultés s’expliquent notamment par des problèmes d’accessibilité, figurant au premier plan des préoccupations des jeunes en situation de handicap à la recherche d’un emploi. 82 % d’entre eux estiment que le manque d’offres d’emploi dans un environnement de travail accessible et adapté à leur handicap est une contrainte majeure. Par ailleurs, des craintes sont plus prégnantes chez les jeunes en situation de handicap : 72 % d’entre eux craignent de devoir déménager ou travailler loin de chez eux (contre 63 % pour les jeunes en général). Ils sont aussi 80 % à craindre de devoir accepter un poste avec une charge de travail trop importante (+ 20 points par rapport à l’ensemble des jeunes) et 71 % à rencontrer des difficultés d’intégration lors de l’arrivée dans l’entreprise (+ 13 points). Devant ces difficultés auxquelles ils sont confrontés, les jeunes en situation de handicap sont enclins à faire des concessions, notamment financières : 44 % d’entre eux jugent le niveau des rémunérations proposées comme un obstacle, soit 12 points de moins que l’ensemble de la jeunesse. Bien que conscients des besoins spécifiques liés à leur handicap (57 %), certains ont tendance à ne pas l’évoquer : seuls 39 % indiquent leur situation dans leur CV.

M. R.

Le salon CIAMT-Les Ateliers de la prévention s’expose à Rungis…

Le 12 octobre dernier (8 h-18 h) s’est déroulé le salon CIAMT-Les Ateliers de la prévention, à proximité du rond-point des Halles, dans le cadre des « Rencontres Santé-Travail 2021 » avec comme fil rouge « Agir au cœur des entreprises pour la santé de demain » et sur le thème « La santé et la prévention 4.0 », une première à Rungis. Ouvert au public, cet espace dédié à la prévention pour les entreprises et leurs salariés a permis aux nombreux visiteurs de rencontrer les professionnels de la santé au travail (médecins, techniciens, préventeurs, acteurs sociaux…) et leurs partenaires experts et spécialistes de la médecine préventive. Sous un grand chapiteau blanc, étaient rassemblés neuf stands représentant neuf thèmes consacrés à la santé globale, la prévention, l’innovation et les solutions connectées. Après l’ouverture de ce salon exceptionnel par Philippe Goj (président du CIAMT), Alain Morin (président d’Efficience santé au travail) et Didier Marques (président du CIHSCT), conférences et tables rondes se sont succédé toute la journée, dont notamment celle sur « la santé est aussi dans l’assiette », réunissant Stéphane Layani, président du Marché international de Rungis qui a rappelé « le rôle essentiel des Marchés de gros pour une alimentation saine, de qualité et accessible à tous… », Sarah Mony, experte nutritionniste du PNNS, et animée par le docteur Vinh Ngo, directeur général du CIAMT (Centre interentreprises artisanal de médecine du travail représentant quelque 27 000 entreprises adhérentes et 410 000 salariés et regroupant 360 collaborateurs médecins, infirmiers, techniciens, assistants administratifs…). Il fut le « metteur en scène » de cette opération. Par ailleurs, de nombreuses animations ont également ponctué ce salon au travers de « serious games » et de démonstrations multiples (exosquelettes, escape game, simulation de risques routiers, objets innovants et connectés, outils de télémédecine et téléconsultation, séances de relaxation et activités physiques…).Des freins à l’embauche persistent 1

Francis Duriez