Régaler nos millions de touristesRégaler nos millions de touristes

Régaler nos millions de touristes

La France reste en tête des pays les plus visités au monde avec 83 millions de visiteurs accueillis en 2016, avides de découvrir notre qualité de vie et de bouche. Accueil entre saveurs et gastronomie.

Bonne nouvelle. Depuis 2013, les dépenses en cafés et restaurants de nos visiteurs  progressent de 3,7 % chaque année, qui s’explique par une hausse des prix de 2,2 % mais aussi par une forte croissance hors-prix de leurs appétences de gourmandises : ils dépensent vingt milliards dans les restaurants et les cafés. En effet, ils se rendent plus dans les restaurants ou à l’hôtel en pension complète qu’ils n’achètent en direct des boissons et des aliments : la découverte de la gastronomie made in France prévaut encore largement

 

20 milliards d'€

dépensés par les touristes dans nos cafés et restaurants chaque année

35 € /jour/pers.

dépensés par les touristes dans la restauration parisienne

Gastronomie et attrait de la table

L’élément déclencheur principal du choix de venir en France est sans surprise : l’art de la table. Si les Anglais nous qualifient encore de bouffeurs de cuisses de grenouille, la vitrine française est bien plus élaborée et ses spécialités largement appréciées, selon les différentes sensibilités des pays d’origine. Quelques grands chefs étrangers révèlent leurs préférences, largement suivies par le grand public car ils sont de véritables ambassadeurs. En premier, le foie gras : pour  Massimo Bottura, italien, chef de L’Osteria Francescana à Modène (3 étoiles Michelin) :  « Bien fait, il n’y a rien d’aussi délicieusement Français ». Pour Daniel Achilles. 39 ans, allemand, chef de Reinstoff à Berlin (2 étoiles Michelin) : « Les deux plats qui me viennent immédiatement à l’esprit sont la ratatouille et le coq au vin ». Et l’on pourrait aussi citer Heinz Beck. 51ans, allemand, chef de La Pergola à Rome (3 étoiles Michelin)qui plébiscite la  bouillabaisse ou notre ami japonais Taku Sekine. 34 ans, japonais, chef du Dersou à Paris XIIe qui ne jure que par la soupe à l’oignon.

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Un marché de vingt milliards

Lʼalimentation est au cœur du phénomène touristique non seulement parce quʼelle est une nécessité biologique pour les touristes (trois repas par jour à minima) , mais surtout parce quʼelle constitue une voie dʼaccès privilégiée à la culture et à lʼhistoire du pays visité. Ils dépensent plus dʼun quart de leur “budget vacances” pour lʼalimentation quotidienne dans des hôtels, des restaurants, des tables dʼhôtes ou en sʼapprovisionnant sur le marché domestique local lorsquʼils séjournent en location ou dans des campings. A cela, il faut ajouter les achats de souvenirs dans lesquels certains produits alimentaires tiennent une place de premier plan. Ainsi “lʼalimentation touristique” représente, en France, un marché de plus de vingt milliards dʼeuros. Au delà de l’assiette, les vacanciers découvrent les produits alimentaires dans leurs univers naturels et culturels dʼorigine, en sʼapprovisionnant sur le marché domestique local. De plus, qui ne ramène pas dans ses bagages de retour des palets bretons, une terrine de pâté, un nougat et pour les plus téméraires, un maroilles ou un munster de caractère ?

Et lʼimpact du tourisme sur la filière agro-alimentaire va bien au-delà, car il est un puissant levier à lʼexportation. On estime ainsi que près de 10 % des produits consommés régulièrement à l’étranger le sont sur les recommandations de touristes les ayant découverts en France.

Belle découverte mais vraie réserve

Manger est une authentique “machine à voyage” et pour les touristes, une manière de sʼapprocher au plus près de la culture de notre pays. Mais lʼalimentation touristique entraîne aussi pour le voyageur un bouleversement de ses propres habitudes dont il convient de prendre la mesure. Le visiteur arrive avec son propre modèle alimentaire, ses habitudes, ses rythmes, ses aversions, parfois ses interdits quʼil faut connaître pour pouvoir à la fois mieux lʼaccueillir et mieux le guider dans la découverte de nos propres traditions gastronomiques. Rien ne sert alors à imposer ce que nous estimons être le meilleur. Si notre notoriété gastronomique nʼest plus à faire, inutile de forcer le trait. Laissons chaque nationalité nous découvrir, au gré de sa culture, de son rythme et de ses préférences. Il convient de faire comprendre que le patrimoine gastronomique français est lʼensemble des cuisines régionales, bourgeoises, populaires, des spécialités locales, des plats de terroir… bref lʼalimentation des Français. Prise dans un sens élargi qui inclut sa diversité sociale et régionale, la gastronomie française offre ainsi une multitude de voies dʼaccès pour un visiteur étranger.

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Proposer, sans imposer

Tout l’art de recevoir est de savoir proposer notre savoir-faire, notre richesse, notre diversité tout en acceptant que notre merveilleuse gastronomie ne soit pas la nourriture habituelle de nos hôtes qui repartent vite à la recherche de leurs habitudes traditionnelles. D’après l’étude réalisée par l’office national du tourisme, chassez le naturel et il revient au galop : passé trois jours de séjour, chaque visiteur aspire à retrouver sa cuisine nationale, au moins pour un repas : nouilles pour les Chinois, saucisses pour les Allemands, fritures pour les Espagnols, … Une tendance confirmée par les exploitants de résidences de tourisme qui sont rapidement sollicités par leur clientèle familiale qui demande où ils peuvent  trouver leurs produits locaux.

A nous alors d’imaginer un mix des goûts, d’être inventifs en accommodant les saveurs .. et en mettant en sourdine nos velléités de champions du monde gastronomiques et nos tempéraments belliqueux!

TOP 10 des mets français pour nos amis étrangers

  1. La baguette
  2. Le camembert
  3. Le coq au vin
  4. Le foie gras
  5. Le bœuf bourguignon
  6. La quiche lorraine
  7. Les macarons
  8. Les crêpes bretonnes
  9. La tarte tatin
  10. La fondue savoyarde

 

Qualité, savoir faire inégalé et gastronomie mondialement réputée sont nos meilleurs atouts, puisque c’est ce qui nous rend attrayants au regard du monde,  juste avant la richesse de notre patrimoine.

Qui mange quoi ?

Au-delà de l’unanimité autour de notre cuisine d’excellence, impossible de séduire un Chinois comme on ravit un Américain ou un Italien, un Norvégien ou un Anglais. Chaque année, quatre millions de touristes américains viennent en France et aiment manger dans des lieux traditionnels où les produits locaux sont mis en valeur. Ils aiment découvrir

et visiter les régions riches en histoire. Ce sont des personnes très ouvertes et passionnées, qui apprécient la convivialité et le service personnalisé. Ils sont particulièrement sensibles à notre norme de repas français : entrée, plat, fromage, dessert, arrosée d’un grand vin. Et le restaurant est considéré comme un métier reconnu en France, à tel point qu’ils aiment rester un long moment à table.

A l’opposé, les Chinois veulent se nourrir vite, économique et n’apprécient que le temps du midi la découverte de la cuisine française, encore faut-il qu’elle soit rapide et peu onéreuse.  Matin et soir sont sans surprise des repas (rapides encore) de leur contrée.

Les Britanniques, souvent vilipendés pour leurs sandwichs au concombre outre-manche, savent devenir de fins gourmets en France, même si l’abandon du tea-time n’est pas envisageable. Passé cette pause, ils apprécient le raffinement du service, les grands crus, les plats raffinés et raffolent des fromages.

Nos voisins espagnols consomment leurs repas plus tardivement que les autres Européens et mangent dehors. Grignoter (tapas) est un art de vivre et les grands repas sophistiqués et longs ne leur conviennent pas. En revanche, ce sont de grands connaisseurs de vins et amateurs de plateaux de fromage.

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Food trucks et burgers

Les jeunes ont tous été élevés dans cette restauration, dont ils apprécient les goûts et textures, sans surprise pour eux quel que soit le pays où ils sont. La France a su bannir cette uniformité en proposant, via des chaines comme Bieh ou Big Fernand des frenchy « Embourgueurs » au pain frais, foie gras, comté savoyard et roquette devenus également la coqueluche des moins jeunes de nos touristes. Rapport qualité/prix, rapidité du service et l’impression d’avoir cependant goûté au « french raffinement » sont la recette du succès.

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Et demain ?

«Accueillir quelqu’un, c’est se soucier de son bonheur tout le temps qu’il reste sous son toit», affirmait Brillat-Savarin. Si la France reste toujours attractive par ses sites renommés (géographie, histoire, produits de luxe, …), son tourisme doit évoluer avec la modernité du monde en offrant une diversification des pistes (gastronomie, œnologie, visites à thèmes, découvertes des savoir-faire, ateliers de chefs, rencontres avec les producteurs .. ). Un « chaud devant » à ne pas laisser passer.