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L’an passé, le marché du bio a battu tous les records. Alors que les surfaces d’exploitation en bio ne cessent de croître, les produits issus de ce mode de production sont de plus en plus plébiscités. Si la viande tire son épingle du jeu, le marché est surtout porté par les productions céréalières, viticoles et maraîchères.

Les chiffres du bio pour l’année 2018 sont sans appel et devraient, selon l’Agence Bio (Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique), se confirmer en 2019. Avec 5 000 exploitations supplémentaires en 2018, on compte aujourd’hui un total de 41 600 fermes engagées en agriculture biologique, soit près de 9,5 % des exploitations françaises. Concrètement, la production bio dans l’Hexagone a doublé en cinq ans. C’est la plus forte progression jamais enregistrée : les agriculteurs et les entreprises liées à la filière ont ainsi relevé le défi de la demande. Le cap symbolique des deux millions d’hectares cultivés en bio a été franchi, ce qui correspond à 7,5 % de la surface agricole française, contre 6,5 % en 2017.
« Une croissance spectaculaire due notamment au développement des productions céréalières, viticoles et de fruits et légumes », décrypte une étude menée par l’Agence Bio. D’environ 54 000 en 2017 à près de 62 000 en 2018, le nombre total d’opérateurs engagés en bio (exploitations, entreprises de préparation ou de distribution) a progressé de 14,3 %. Parmi ces opérateurs, 42 000 sont certifiés pour la production agricole (+ 13 %) et près de 17 000 pour la transformation (+ 12 %). Viennent enfin la distribution, avec plus de 7 000 opérateurs (+ 41 %), et l’importation, avec 550 intervenants (+ 30 %). Seuls 3 % des exploitations engagées en 2017 ont arrêté ce mode de production.

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Des surfaces en croissance

Logiquement, l’ensemble des cultures enregistre une croissance des surfaces cultivées en bio, à une allure plus rapide qu’en 2017. Les grandes cultures (oléagineuses et protéagineuses, notamment) poursuivent ainsi leur expansion, tandis que les fruits et légumes et la vigne intensifient un mouvement initié en 2017. En dix ans, les surfaces dédiées aux fruits et aux grandes cultures ont quadruplé, les surfaces fourragères et les surfaces de légumes ont triplé. « Les grandes cultures connaissent un développement sans précèdent de 31 % entre 2017 et 2018, avec une répartition plus équilibrée sur l’ensemble du territoire par rapport aux années précédentes », constate l’Agence Bio. Cette progression, on la retrouve aussi pour la production de légumes, fruits et vigne bio (respectivement + 24 %, + 20 % et + 20 %). Dans l’arboriculture fruitière, les surfaces de fruits à noyau progressent de façon spectaculaire, soit une hausse de 40 %, notamment pour les prunes et les pêches.

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Les bio en mouvement
Évolution de la surface agricole bio entre 2015 et 2018

Pour l’ensemble des productions, la part des surfaces cultivées en bio croît et atteint 7,5 % de la surface agricole utilisée de l’ensemble des exploitations. Et les perspectives sont bonnes : eu égard aux zones encore en conversion l’an passé, « les surfaces certifiées bio devraient continuer d’augmenter dans les prochaines années, de l’ordre de 250 000 à 300 000 hectares par an », pointe l’agence. Et d’ajouter que « cette augmentation des surfaces produites en bio permettra de répondre à la demande croissante des consommateurs en produits bio français ».« Qu’elle soit bovine, porcine ou ovine, la consommation de viande bio est en hausse. En moyenne, la croissance se chiffre à + 10 % chaque année », prévient Jean-François Deglorie, animateur technique de la commission bio d’Interbev. En effet, le volume de viande bio commercialisée en 2017 atteignait 37 552 tonnes : il a grimpé à 46 238 tonnes l’an passé (bovins laitiers : 9 465 tonnes ; bovins et veaux : 20 076 tonnes ; ovins : 1 680 tonnes ; porcins : 15 016 tonnes), soit 2 % de la production française de viandes. La viande porcine bio présente une belle évolution, selon Interbev, avec une hausse de 37 % des volumes en 2018. Toutefois, élever des porcs selon le cahier des charges bio coûte cher : la surface dédiée par animal est trois fois supérieure et l’alimentation doit bien sûr être variée et issue de l’agriculture biologique. Là encore, l’évolution des volumes permet de répondre à un marché très demandeur en matière de viande bio. « Dans les années 2000, l’agriculture biologique était marginalisée,estime Jean-François Deglorie. Il n’y avait pas de demande particulière en la matière, donc le marché ne représentait pas grand-chose. La mise en œuvre de contrats territoriaux d’exploitation, de 1999 à 2002, a poussé à l’incitation, même si le marché n’était pas encore en place : ce dernier n’absorbait pas l’augmentation de la production. À partir de 2004, la demande a explosé et, depuis, l’intérêt pour le bio n’a cessé de grandir. » Portés par des valeurs environnementales et le bien-être animal, les consommateurs sont de plus en plus friands de produits carnés bio (notamment dans le secteur de la charcuterie). La GMS accapare logiquement 75 % des volumes de viande bio commercialisés en France chaque année.

Où s’arrêtera le raz de marée ? 7La consommation de produits biologiques en France a connu une croissance annuelle inégalée en valeur, de plus d’1,2 milliard d’euros. Les produits et les circuits de distribution qui progressent le plus reflètent une démocratisation de la consommation des produits alimentaires bio, qui représente désormais 5 % des achats alimentaires des ménages. La valeur des achats des produits alimentaires biologiques est estimée à 9,7 milliards d’euros, soit une croissance de 15,7 % par rapport à 2017. L’année dernière, 555 millions d’euros HT d’achats de produits bio ont été réalisés par la restauration commerciale, dont 319 millions d’euros en restauration collective. Cette dernière affiche un dynamisme record (+ 28 % depuis 2017), en écho aux annonces de la loi dite Égalim, qui fixe un objectif de 20 % de produits bio dans les achats en restauration collective.
M. R.

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Le bio a son salon

Natexpo, le rendez-vous des professionnels du bio, est devenu le lieu où naît le futur du bio dans tous les secteurs : alimentation, cosmétique et hygiène, diététique et compléments alimentaires, ingrédients et matières premières, produits et services pour la maison et la personne, ou encore services et équipements pour les magasins. Ainsi, du 20 au 22 octobre prochains à Paris Nord Villepinte, plus de 1 000 exposants représentant l’ensemble des acteurs du marché feront le déplacement. Pas moins de 600 fournisseurs (alimentaires et vins bio) seront présents, ce qui positionne Natexpo comme le premier salon français sur l’alimentation bio. Un véritable vivier qui permettra aux professionnels de la restauration commerciale et collective de découvrir, en un seul et même lieu, toutes les dernières tendances et innovations. Pour guider les professionnels des métiers de bouche, Natexpo propose un parcours entièrement dédié à la restauration. Ce parcours, qui regroupe près de 400 exposants, est une véritable immersion dans le monde de la restauration commerciale et collective bio. Déjà en 2017, le marché est estimé à 452 millions d’euros HT d’achats de produits bio servis en restauration hors domicile, dont 246 millions d’euros en restauration collective (+ 7 % par rapport à 2016) et 206 millions d’euros en restauration commerciale (+ 13 % par rapport à 2016).

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