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la vitrine des tendances

Du 21 au 25 octobre prochain, tous les acteurs du secteur alimentaire mondial ont rendez-vous au Sial Paris, qui se tiendra au Parc des expositions de Paris Villepinte. Une vitrine de l’innovation et des tendances mondiales où certaines entreprises du marché de Rungis ont choisi d’exposer leur savoir-faire.

Le Sial Paris va s’installer sur 250 000 m2 et accueillir plus de 7 200 exposants provenant de plus de 165 pays. Pour l’édition 2018, le salon espère accueillir quelque 160 000 visiteurs du monde entier. Comme l’a souhaité Nicolas Trenteseaux, directeur général du Sial, l’événement sera placé sous l’influence de trois grands thèmes faisant leur come-back : le goût, le vrai et le sens.

Le renouveau du goût

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Selon les trois experts qui travaille pour le Sial, Pascale Grelot-Girard, directrice expertise Market Intelligence Kantar TNS, Xavier Terlet, président-fondateur du cabinet XTC World Innovation, et Bernard Boutboul, président de Gira Conseil, on constate un véritable retour en force de l’intérêt pour le goût auquel les consommateurs accordent désormais une importance accrue. « Les attentes du consommateur, au niveau du goût, semblent nettement plus fortes et, je dirais plus élaborées qu’avant », explique Pascale Grelot-Girard. « Aujourd’hui, on constate un retour des goûts puissants pour répondre aux envies de nouvelles sensations exprimées par le consommateur, estime Xavier Terlet, approuvé par Bernard Boutboul, en restauration nous arrivons au même constat : le goût avait perdu de sa force et de son intensité – je dirais aussi de son originalité – dans nos assiettes. Il effectue aujourd’hui un grand retour en force dans la plupart des pays développés ! » Les nouvelles attentes qui se cachent derrière cet engouement sont le plaisir, la qualité et la découverte. « 62 % des consommateurs aiment découvrir de nouveaux produits, avec des scores assez similaires entre les pays que nous avons étudiés », note Pascale Grelot- Girard.

SIAL 3Les consommateurs sont avides de nouveautés, de goûts renouvelés, que « l’industrie agroalimentaire a parfaitement compris et anticipé, en créant en permanence de nouveaux plaisirs culinaires, souligne Xavier Terlet. L’habitude tue le plaisir – c’est bien connu. Un peu partout dans le monde, artisans et industriels rivalisent donc d’innovations pour affirmer un plaisir basique et brut, pour retrouver le goût dans toute sa naturalité et toute sa vérité… à travers un goût simple. Le goût simple, c’est le produit d’abord. » Et de citer pour exemple le succès de la nouvelle confiture Bonne Maman fruits intenses, une recette avec une promesse de goût de fruit plus affirmé. Même chose en restauration pour Bernard Boutboul, qui confirme que « la notion de plaisir passe avant toute chose par une réaffirmation du goût et par la découverte de nouveaux goûts. L’offre ethnique, avant de gagner l’industrie agroalimentaire, a pris naissance dans le secteur de la restauration, avec l’émergence d’une multitude d’établissements proposant une cuisine exotique ».

SIAL 4Un appétit pour les saveurs exotiques qui ne se concrétise que si les produits possèdent des vertus de « naturalité et d’équilibre », parce que de plus en plus de consommateurs associent aujourd’hui « goût » à « bien manger ». D’où l’émergence du snacking sain, chips de légumes, barres de fruits… de l’intérêt croissant pour les produits « sans » (gluten, lactose, conservateurs, colorants…) et d’applications pour smartphone recensant les produits alimentaires contenant des substances controversées. « Une premiumisation du quotidien » serait en marche, d’après Xavier Terlet.

La nouvelle ère du vrai

SIAL 6Qui dit vrai dans le secteur de l’alimentation pense naturel, sain, authentique… et plus sûr. D’où la nouvelle soif de transparence des consommateurs pour les process, les ingrédients utilisés et les conditions de production. Selon l’étude Food 360 réalisée tous les deux ans depuis 2012 pour le Sial par Kantar TNS, 92 % des consommateurs mondiaux aspirent cette année à davantage de transparence et 64 % affirment faire de plus en plus attention à l’origine des produits qu’ils achètent. En Europe et en Russie, le besoin de transparence porte prioritairement sur la composition des produits et la liste des ingrédients, l’origine des produits. Un peu plus de quatre consommateurs sur dix en France et en Allemagne expriment un besoin de transparence sur les conditions de production et d’élevage. Ce qui incite naturellement ces personnes à se tourner vers le bio, un marché qui ne cesse de gagner du terrain. Quand ils en ont la possibilité, un peu moins de 50 % des consommateurs européens sont de plus en plus enclins à faire le choix de produits bio, même si on note un tassement année après année au Royaume-Uni, et en Allemagne dans une moindre mesure. En Chine et en Asie du Sud-Est, on attend plus qu’ailleurs une plus grande transparence, prioritairement sur la composition et l’origine des produits pour les consommateurs d’Asie du Sud-Est, sur la sécurité alimentaire et les conditions de stockage pour les consommateurs chinois. Ils accordent toujours davantage d’importance aux labels qualité pour respectivement 61 % et 72 % d’entre eux. C’est aussi dans ces deux zones que l’intérêt pour le bio paraît le plus élevé, puisque 66 % des consommateurs chinois et 78 % des habitants de l’Asie du Sud-Est déclarent en 2018 consommer du bio quand ils en ont la possibilité. Une transparence qui doit porter prioritairement sur la composition des produits et la liste des ingrédients pour 50 % des personnes interrogées mais aussi sur la sécurité alimentaire (pour 43 %). Aux États-Unis, les consommateurs font nettement moins attention qu’ailleurs à l’origine des produits qu’ils achètent et à la présence ou pas de labels qualité. En revanche, ils sont 51 % à préférer manger des produits 100 % naturels sans colorants artificiels, sans conservateurs, pour mieux en apprécier le goût. Enfin, au Moyen-Orient, la demande de transparence porte prioritairement sur la composition des produits et la liste des ingrédients pour 68 % des personnes interrogées. 51 % des consommateurs du Moyen-Orient achètent des produits comportant au moins un label qualité et 77 % préfèrent manger des produits 100 % naturels pour mieux en apprécier le goût. Les produits bio ont le vent en poupe avec 66 % des consommateurs qui déclarent en consommer quand ils en ont la possibilité.

SIAL 5Aujourd’hui plus que jamais, le consommateur a de plus en plus besoin de donner du sens à son alimentation. Au supermarché, il va choisir des produits naturellement fonctionnels, clean label, antigaspillage, équitables, écologiques… Il diminue sa consommation de viande et de produits laitiers au profit des fruits et légumes, et autres produits végétaux, surtout s’ils sont respectueux de l’environnement. Le consommateur change sa façon de faire les courses en se tournant progressivement vers les circuits courts et locaux, les magasins de vente en vrac. Quand il va au restaurant, il apprécie de déguster des produits frais, cuisinés sur place, d’où le grand retour de l’auberge, un « havre de paix et de cuisine », principalement en France, au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis et en Chine, où de nouveaux concepts de restaurant se rapprochent de celui de l’auberge avec des établissements qui mettent l’accent sur le décor, l’ambiance, l’accueil, une cuisine fraîche et de qualité.

Caroline Maréchal

 

Les opérateurs de Rungis exposent au Sial

SIAL 7Tous les deux ans, le Sial Paris constitue l’opportunité pour certaines entreprises du marché de Rungis de rencontrer clients et partenaires du monde entier, capter les dernières tendances et engager de nouvelles relations commerciales. Certains sont de véritables habitués, d’autres vont exposer pour la première fois.

Sur le marché de Rungis, les entreprises importent, exportent, sourcent dans le monde entier les produits innovants et tendance pour se différencier auprès de leurs clients, cherchent des leviers à l’export pour nos produits de terroir… Le Sial constitue un terrain de jeu des plus propices pour ces activités. La planète alimentaire se retrouve pendant quelques jours au même endroit et échange, partage et noue de nouveaux liens. C’est pourquoi plus d’une dizaine d’entreprises de Rungis ont choisi d’être exposants cette année. Algo Foods, Faye Gastronomie, Prodilac… Chacun estime que le Sial est un accélérateur de business, et qu’il ne faut en aucun cas manquer ce rendez-vous.

SIAL 8Chez Algo Foods (hall 6, stand D166), négociant en viandes, avoir un stand sur le Sial est devenu une habitude. « Notre stand est un endroit convivial, dédié à la rencontre de nouveaux clients, mais il constitue également l’occasion de voir, de revoir et d’échanger avec une grande partie des partenaires que nous avons habituellement au téléphone toute l’année », déclare Antoine Gautier, dirigeant associé. Algo Foods, installé dans le pavillon des viandes à Rungis, commercialise de la viande de porc (70 % des volumes), de bœuf, d’agneau et de volaille et s’est spécialisé dans les morceaux peu ou pas consommés en France, comme les pieds, les oreilles… Le chiffre d’affaires, de 20 millions d’euros en 2017, est réalisé à 80 % à l’export, dont 50 % en Asie. Pour Algo Foods qui expose également à l’Anuga et au Sial Shanghai, le Sial à Paris c’est l’occasion « de découvrir de nouvelles destinations pour nos produits, et l’opportunité de nouer des relations avec de nouveaux clients ».
Faye Gastronomie (hall 6, stand H104), qui exporte des produits gastronomiques, volailles, truffes, foies gras, et répond présent sur le salon depuis trente ans, « le Sial permet de rencontrer acheteurs et importateurs du monde entier, mais aussi nos partenaires », explique Carole Indjeian, directrice administrative et financière de Faye Gastronomie, dont l’activité est déjà orientée à 90 % à l’export.

SIAL 9Pour Prodilac, filiale du groupe Savencia (hall 7, stand A83), l’année 2018 est une première. « Nous avons déjà participé au Sirha de Lyon, au Mondial du fromage de Tours et à l’étranger nous avons déjà fait deux fois le Gulfood de Dubaï », précise Marie-Pier Correia, en charge de la communication et de l’export. Pour cette première présence au Sial, Prodilac, grossiste en produits laitiers et avicoles, présentera sa gamme Haute Fromagerie, produits d’origine de traditions et de terroirs. « Rodolphe Le Meunier, meilleur ouvrier de France, nous accompagnera pour faire découvrir et déguster les produits. » Grâce à ce stand, chez Prodilac, on ambitionne de « faire de nouvelles approches commerciales et renforcer nos positions. Faire connaître et déguster nos fromages à de nouveaux distributeurs ». Les pays où l’entreprise souhaite se développer : l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud.

Caroline Maréchal

 

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Le mot de Nicolas Trenteseaux, directeur général du SIAL

D’après Nicolas Trenteseaux, sur la planète food, « quelque chose de fort est en train de se passer ». Il s’agit d’une agitation fertile et productive autour de trois grands thèmes : le goût, le vrai et le sens. « Des notions repensées, réinventées, remises au goût du jour, et finalement tellement dans l’air du temps ! » Apparemment, ce n’est pas qu’une simple tendance passagère. D’après le directeur du Sial, « c’est une révolution qui touche à l’ADN de notre secteur et qui nous fait passer, en un laps de temps très court, du monde d’avant vers celui de demain ». C’est pourquoi ces trois nouveaux piliers seront au cœur de l’édition 2018 du Sial, « afin d’accompagner tous les professionnels dans le formidable processus en cours et de leur offrir la visibilité dont ils ont besoin… pour s’épanouir et se développer en France, mais aussi, bien sûr, à l’international, grâce à l’attractivité de Paris, capitale mondiale de la gastronomie ». Pour cela, le Sial Paris proposera une nouvelle fois son concours Sial Innovation « toujours plus inspirant en termes d’inventivité et toujours aussi appétissant en termes de textures et de saveurs ». À découvrir également, Future Lab, « l’innovation alimentaire au stade du berceau, c’est-à-dire en phase d’invention, pour une immersion pleine de sensations et de surprises ». Et parce que le salon accorde une place prioritaire à ce nouveau monde en train de naître, il lance « en exclusivité l’Alter’Native Food Forum, un événement dans l’événement qui met à l’honneur l’alimentation saine et équilibrée ».

 

Les tendances globales, locomotives de l’alimentaire mondial

Il existe des tendances que l’on retrouve partout dans le monde, parmi lesquelles la mode de l’autoproduction et de la consommation locale. Aujourd’hui, on désire fabriquer sa bière, faire pousser ses herbes aromatiques, ses légumes. Des pratiques qui ne cessent de faire des adeptes en Europe et aux États-Unis, et qui sont déjà bien installées en Asie où les potagers d’appartement sont monnaie courante. Autre tendance globale, le bio qui se développe partout dans le monde, et particulièrement aux États-Unis, en France, en Allemagne et en Chine. Ce marché profite de la peur du risque alimentaire des consommateurs ainsi que de leurs préoccupations écologiques. Les consommateurs plébiscitent d’autant le mode de production biologique s’il est en harmonie avec des valeurs sociales, environnementales et complémentaires, comme la production locale, le bien-être animal, le respect des process traditionnels, la juste rémunération des producteurs, ou l’absence d’ingrédients controversés. Dernière tendance globale, particulièrement forte en Europe et en Chine, le végétal. Dans l’histoire du Sial, jamais le végétal n’avait fait l’objet d’une telle frénésie d’innovations. Depuis deux ans, le phénomène s’est considérablement accéléré, avec une offre qui ne s’adresse plus seulement aux végétariens mais à cette nouvelle catégorie de flexitariens, qui privilégie le végétal en cœur de repas sans pour autant abandonner la viande ou le poisson qu’ils consommeront plus rarement en misant sur une meilleure qualité. Conséquence, une offre qui comporte aujourd’hui une dimension plaisir et pratique qu’elle n’avait pas auparavant.