Reconfinement

Rungis répond à nouveau présent

«On est là et on tiendra!» C’est le message qu’a adressé Stéphane Layani, le 29 octobre dernier sur les réseaux sociaux, au lendemain de l’annonce du reconfinement. Tous les commerces autorisés, d’une manière ou d’une autre, à poursuivre leur activité, peuvent en effet compter sur le Marché de Rungis, dont tous les pavillons restent ouverts aux horaires traditionnels. Les grossistes s’attendaient, une nouvelle fois, à d’importants reports de consommation de la restauration hors domicile (dont la majorité des établissements a été contrainte à la fermeture) vers le commerce de détail. Forts de l’expérience du premier confinement, bon nombre de restaurants ont cependant mis en place, dès le lendemain des annonces gouvernementales, des offres de plats à emporter, permettant de maintenir un petit courant d’affaires. Autre différence de taille avec le premier confinement, les marchés – couverts ou en plein air – ont été autorisés à ouvrir partout en France. «C’était indispensable pour maintenir le bon fonctionnement de la chaîne alimentaire», commente-t-on chez Unigros.

Dans un communiqué commun, les Fédérations des marchés de gros, des marchés de France et des grossistes en fleurs coupées et plantes en pots ont appelé le Gouvernement à y maintenir les activités horticoles « à l’instar de la grande distribution », les fleuristes n’étant pas autorisés à ouvrir au-delà de la Toussaint. «Cette mesure pourrait avoir pour effet d’amortir le choc pour la filière horticole française durement touchée depuis mars dernier», écrivent les fédérations, qui estiment également que « l’activité en marchés de gros est primordiale pour permettre aux fleuristes de s’approvisionner en production française et d’organiser le click & collect auprès de leurs clients». L’évolution du comportement des consommateurs constitue à cet égard l’une des grandes inconnues du moment. Les experts et les panelistes avaient constaté, lors du premier confinement, la détermination des acheteurs de se tourner vers les produits frais, locaux et bio. En auront-ils, cette fois, la volonté et les moyens ?

En chiffres

Pendant le premier confinement, le comportement des acheteurs français  a changé, avec plus d’achats locaux et bio, dans de nouveaux circuits, selon l’Institut IRI. Mais depuis, les attentes économiques ont repris le dessus.  Cette fois quelle tendance l’emportera ?

* Enquête IRI/Made in Survey réalisée en trois temps (entre le 27 et le 29 mars 2020 pour la vague 1, entre le 30 avril et le 3 mai 2020 pour la vague 2, entre le 19 et le 22 juin 2020 pour la vague 3) auprès de 1 200 personnes.