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Les enfants, un public à éduquer

L’alimentation des jeunes Français doit être plus équilibrée, et pour cela mieux encadrée. La prise de conscience est générale.
Les pouvoirs publics et l’ensemble des filières agroalimentaires se sont emparés du sujet.

Même si le phénomène a tendance à se stabiliser, 17 % des enfants entre 6 et 17 ans seraient en surpoids et 4 % seraient obèses, selon un rapport publié par Santé Publique France en juin 2020*. Cette situation émane d’une consommation excessive de boissons sucrées et d’aliments ultratransformés, riches en énergie et à la teneur élevée en acides gras saturés, sucre et sel ajoutés. Avec le risque de produire des désordres métaboliques favorisant de futures maladies, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, les cancers…

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Toujours d’après cette publication, les enfants et les adolescents français seraient nettement plus nombreux que les adultes à dépasser les recommandations des pouvoirs publics pour la consommation des boissons et produits sucrés. Ces mauvaises habitudes étant attribuées à une méconnaissance nutritionnelle et à un certain laxisme de l’environnement familial ajouté aux stratégies promotionnelles et marketing d’une partie de l’industrie alimentaire, qui encourage à la consommation de produits gras, salés, sucrés, identifiés comme facteurs clés de l’obésité. Malgré les messages sanitaires qui accompagnent désormais ces publicités et la réduction drastique de leur nombre lors des émissions destinées aux enfants, l’obésité, si elle se stabilise, ne recule toujours pas. L’État et les interprofessions agroalimentaires ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour informer en multipliant les messages.

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Faire aimer les fruits et légumes frais, tout un programme

Publicité, campagnes d’information, Fête des fruits et légumes, animations dans la restauration scolaire, présence sur les salons : l’Interprofession des fruits et légumes frais, portée par les professionnels de la filière, met tout en œuvre pour redonner l’attractivité qu’ils méritent aux fruits et légumes auprès des enfants et de leurs parents. Pour les plus grands, Interfel fait campagne pour montrer qu’ils sont faciles et rapides à préparer, pas aussi chers que l’on croit et donnent toutes les astuces pour les choisir sur les étals, les conserver et les cuisiner grâce à des recettes simples et savoureuses. Pour cela, l’interprofession utilise aussi bien les réseaux sociaux que les grands médias, elle est également présente sur le terrain dans les points de vente, chez les grossistes et dans la restauration pour des opérations ponctuelles. Pour les enfants, Interfel a créé deux mascottes, Frutti et Veggi, qui, à travers des jeux et des animations, stimulent les enfants de façon ludique et pédagogique à la consommation des fruits et légumes. Un site internet dédié, frutti-veggi.fr est à leur disposition pour jouer, regarder une minisérie, découvrir des recettes, ainsi que toute l’actualité des mascottes et les prochains événements à leur agenda.

Manger-Bouger, l’information officielle sur la nutrition

Initié en 2001 et toujours d’actualité avec des objectifs jusqu’en 2022, le Programme national nutrition santé (PNNS) s’est intéressé à la nutrition des différents groupes humains, en fonction de leurs âges et de leurs situations. La plate-forme de communication Manger-Bouger met régulièrement à disposition des Français de nouvelles recommandations nutritionnelles, ainsi que des guides complets élaborés en partenariat avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Afssa). Ainsi, un « Guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents » de 143 pages est disponible sur www.mangerbouger.fr et téléchargeable gratuitement. Il distingue l’alimentation des petits jusqu’à 3 ans, des 3 à 11 ans, des ados et termine par une série de questions-réponses. « Entre votre bébé qui a du mal à passer du sein ou du biberon à la cuillère, votre plus grand qui refuse de toucher à sa purée de légumes ou encore votre ado qui ne boit que des sodas, l’éventail des problèmes est large ! L’enfance est un âge d’apprentissage et de découverte de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs. Mais c’est aussi une période de construction de la personnalité… et vous savez que les repas peuvent être source de plaisir, mais aussi de nombreux conflits ! », explique l’introduction. Le guide est simple et accessible, privilégiant l’illustration.

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La viande mise sur Youtube

À l’occasion du dernier Salon de l’agriculture de Paris en février dernier, Interbev, l’interprofession bétail & viande, a inauguré la mise en ligne de We Love Agri, une plate-forme d’échange avec le monde agricole où elle explique par la voix de certains Youtubers connus et appréciés des jeunes ce qu’est l’élevage, la viande et à quoi ça sert d’en consommer, avec un slogan conçu spécialement à destination des flexitariens « Aimez la viande, mangez en mieux ! ». Il y est également question d’écologie, de production durable et de bien-être animal, des sujets particulièrement sensibles pour nos ados et jeunes adultes, de plus en plus tentés par le régime vegan.

La restauration scolaire en question

En France, plus de six millions d’élèves fréquentent les restaurants scolaires où un milliard de repas sont servis chaque année de la maternelle au lycée. Or, évalués à plusieurs reprises depuis la fin des années 1990, l’équilibre alimentaire et la qualité des repas servis se révèlent préoccupants dans certains établissements.
Un plan d’amélioration est en route. Depuis 2001, les restaurants scolaires doivent être des lieux privilégiés d’éducation au goût, à la nutrition et à la culture alimentaire. Le temps du repas doit devenir un moment privilégié de découverte et de plaisir.
Un décret de septembre 2011 a défini quelques règles afin d’atteindre l’objectif d’équilibre nutritionnel des repas servis par les services de restauration scolaire. Sont requis quatre ou cinq plats proposés à chaque déjeuner ou dîner, dont nécessairement un plat principal comprenant une garniture, et un produit laitier, le respect d’exigences minimales de variété des plats servis, la mise à disposition de portions de taille adaptée, la définition de règles adaptées pour le service de l’eau, du pain, du sel et des sauces.
Les restaurants scolaires sont tenus d’apporter à l’enfant des aliments de bonne qualité et de saison, et veiller à ce que les repas servis soient équilibrés et variés. Enfin, la loi du 30 octobre 2018 impose, au plus tard au 1er janvier 2022, que 50 % des aliments servis dans les cantines prennent en compte différents critères de qualité (local, ou bio, ou en transition vers le bio, ou porteurs de différents labels ou certifications…). Mais au final, les repas devront obligatoirement être constitués de 20 % de produits bio, ou en transition vers le bio.
Brouillon auto 134La Semaine du goût, qui aura lieu cette année du 12 au 18 octobre, sera à nouveau l’occasion pour les professionnels de se mobiliser en se rendant dans les écoles pour y prodiguer des Leçons de goût. Pour la 31e édition de cette manifestation désormais orchestrée par l’agence Hopscotch, mais toujours sous le patronage du ministère de l’Agriculture, des producteurs, des artisans et des restaurateurs sont invités à consacrer quelques heures à faire découvrir aux enfants, dès leur plus jeune âge, les terroirs, la saisonnalité des produits, leurs variétés et comment bien les consommer pour adopter une alimentation variée et équilibrée. Si elles démarrent pendant cette semaine, les Leçons de goût sont amenées à se poursuivre tout au long de l’année scolaire. À la mi-septembre, les organisateurs annonçaient que plus de 3 500 enseignants candidats s’étaient déjà inscrits pour organiser des leçons, soit plus de 100 000 élèves concernés.
Depuis 1990, plus de 5,5 millions d’enfants en maternelle et en primaire ont assisté à des Leçons de goût dans leurs classes. Les professionnels intéressés sont invités à se rendre dans les classes de maternelle et primaires, déjà inscrites sur le site www.legout.com.
Caroline Maréchal


* Étude de santé sur l’environnement,
la biosurveillance, l’activité physique
et la nutrition (Esteban), 2019.
Résultats et protocoles téléchargeables sur
www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/esteban

 

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En lait, tout n’est pas parfait

Le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL), créé par les producteurs et les transformateurs, s’est donné pour mission de promouvoir l’image du lait et des produits laitiers auprès des différentes cibles de population, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées. Et tout n’est pas parfait pour les enfants. Le Crédoc constate, dans une étude parue en 2019, que la part des enfants qui ne couvrent pas leurs besoins en calcium est passée de 4 % à 20 % en six ans, conséquence d’une baisse de la consommation de lait lors du petit-déjeuner et de fromage en fin de repas.
Or, toujours selon cette étude, la recommandation actuelle de consommation de produits laitiers (lait, yaourts, fromage et fromage blanc) est de trois, voire quatre portions par jour chez les enfants. Si le message est connu grâce aux communications TV du CNIEL, son application n’est pas encore au point. Pourtant, « d’un point de vue nutritionnel, ces produits sont difficiles à remplacer par d’autres, car ils apportent en quantité importante du calcium, essentiel à la construction du squelette et à son entretien, et de la vitamine D qui assure la minéralisation des os en période de croissance », explique-t-on au Crédoc. D’où l’action indispensable du CNIEL qui va continuer, notamment avec sa rubrique Lait’quilibre sur Internet, à informer sur l’importance de la consommation des produits laitiers auprès des parents et des enfants.