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Le jardinage, une échappatoire pour les Français pendant la crise sanitaire

Décoration

Rester à la maison pendant les confinements a donné la main verte à beaucoup de Français qui se sont mis au jardinage. Cet engouement pour le végétal a permis aux acteurs du secteur de l’horticulture, fortement impacté par la crise, de remonter la pente tant bien que mal.

Nul n’était préparé à la fermeture sans précédent des restaurants et des commerces dits « non essentiels ». Les entreprises de la filière ont jeté des tonnes de marchandises invendues ; un manque à gagner énorme notamment pour les petits commerçants. Aurélie et Nicolas, fleuristes à Charenton-le-Pont, ont dû fermer boutique pendant un mois. Ils étaient tributaires de la réouverture du Marché de Rungis, comme beaucoup de commerces qui s’y fournissent. Courant avril 2020, Rungis rouvre enfin ses portes, en drive.

Les Français ont soif de vert

Contraint et forcé de rester chez lui sous un soleil radieux, le Français se réfugie dans l’entretien de son jardin, la création d’un potager ou le fleurissement de son balcon.
Avec la mise en place du click & collect par de nombreux fleuristes et jardineries, les Français s’arrachent les plants de légumes, les plantes aromatiques (persil, ciboulette) et fleuries (hortensias, géraniums…) mais aussi les arbustes (oliviers, citronniers, figuiers…), faciles à entretenir. « Les clients voulaient à tout prix fleurir leur balcon ou leur jardin. À ce moment-là, on a fait énormément de ventes de plantes en pot, plus que l’année précédente », évoque Antoine, fleuriste rue de Charonne à Paris. La fin du confinement à l’approche de la fête des Mères fait la part belle aux fleurs coupées délaissées pendant cette période où aucune interaction n’était possible. Antoine raconte : « Ils n’avaient jamais connu ça à Rungis. Les acheteurs revenaient le jour même de la fête des Mères pour réapprovisionner leurs étalages. »
Après un bel été en matière de vente, un deuxième confinement est annoncé à l’aube de la Toussaint. Le Gouvernement autorise les fleuristes à rester ouverts jusqu’au 1er novembre, par dérogation, afin d’écouler leur important stock de marchandises. La vente en ligne et le click & collect s’accélèrent afin de répondre à la demande. Les Français, pour beaucoup en télétravail, ont continué à entretenir leur jardin. Les arbres fruitiers se sont très bien vendus. Jusqu’au 15 décembre, la vente de sapins à emporter s’organise, avant une réouverture au public des jardineries, pépiniéristes et fleuristes.

Un bel été 2021

Lors du troisième – et dernier ? – confinement au printemps dernier, les commerces du secteur sont enfin restés ouverts. Une excellente nouvelle pour les acteurs de la profession qui commencent à avoir de belles perspectives d’avenir. « La filière n’est pas sereine, mais reste optimiste. Cette année de pause va de pair avec une relance imminente. La fête des Mères 2021 a encore été florissante. Nous allions 4 à 5 fois par semaine à Rungis, contre 3 fois habituellement », déclare Antoine. À la suite de nombreux reports, la saison des mariages reprendra cet été et devrait exploser en 2022.
La crise a permis aux acteurs du marché de se digitaliser : vente en ligne, click & collect, mise en place de leurs réseaux sociaux. « Facebook et Instagram ont été essentiels pour nos ventes pendant les confinements, affirme Nicolas. Selon l’étude PwC pour VAL’HOR et FranceAgriMer, les entreprises qui ont été capables de proposer des services en ligne auraient mieux résisté à la crise.
La crise sanitaire a accéléré la consommation locale et mis en lumière un évident engouement pour le végétal. Il est trop tôt pour affirmer que cette tendance va perdurer mais il semblerait que les ventes soient au rendez-vous avec ce retour imminent à une vie « normale ».

Laura Margis