L’agneau gallois se taille la part du lionL’agneau gallois se taille la part du lion

L’agneau gallois se taille la part du lion

En France, l’agneau gallois est plébiscité par les consommateurs. Si la concurrence avec les agneaux irlandais et néo-zélandais est rude, force est de constater que la mise en valeur des origines et des conditions d’élevage des ovidés gallois permet à ces derniers d’atteindre des prix moyens en hausse.

« Depuis trente ans, la France est pour nous un marché très important, dévoile RhysLlywelyn, marketdevelopment manager chez HCC Meat Promotion Wales. Dans un contexte de diminution de la consommation de viande rouge, le marché français est donc porteur pour notre agneau : les Français apprécient ce produit authentique ». Même si le Brexit, qu’il qualifie de « double edgesword »(à double tranchant, NDLR), l’inquiète, RhysLlywelyn peut encore compter sur ce fameux marché français.
Ce dernier est indispensable pour le pays de Galles, puisqu’il absorbe 20 % des volumes exportés. « 40 % de notre production part à l’export, dont la moitié en France », précise-t-il. Au fil des décennies, le pays est devenu le premier producteur européen d’ovins. Il n’y a pas que les carcasses qui sont exportées par la filière galloise : cette dernière affiche également une très belle valorisation de certains morceaux, à l’instar du carré d’agneau. « Les Français raffolent des carrés d’agneau ou des épaules ; or, ce sont des morceaux que nous parvenons à vendre plus cher qu’ailleurs », décrypte RhysLlywelyn. Situé dans l’ouest du Royaume-Uni, il compte ainsi près de 10 millions de moutons et brebis, soit trois fois plus que d’habitants. Élevés en totale liberté, les agneaux gallois respectent encore une saisonnalité et bénéficient du label d’indication géographique protégée (IGP) depuis 2003.

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« Nous avons beaucoup de montagnes ; c’est un environnement spécifique, avec du pâturage à perte de vue. Nos sols ne permettent pas vraiment de développer d’autres activités que l’élevage. Une grande partie de l’année, les agneaux vivent à l’extérieur. Les plus jeunes restent aux côtés de leurs mères avant de gagner les montagnes à partir du printemps. Ils redescendent ensuite pour continuer à paître de l’herbe grasse et des fleurs », détaille-t-il. Ces conditions d’élevage, que l’on peut retrouver également en Irlande, confèrent une saveur délicate à la viande. Les animaux sont abattus entre trois et douze mois, selon leur gabarit. On ne distingue pas de race propre au pays de Galles, mais des animaux issus de croisement : Texel, Suffolk, Beltex, etc. Plus on s’enfonce dans l’intérieur des terres, moins on trouvera de races similaires aux littoraux gallois.
Aujourd’hui, la filière redoute particulièrement le Brexit : « L’ Europe est un marché capital pour nous ; or, en Angleterre, nous commercialisons des morceaux à moindre valeur ajoutée, comme les pattes. » Les éleveurs demeurent optimistes, espérant que la très bonne image de marque de leurs agneaux garantisse encore des débouchés à l’avenir, même en cas de Brexit dur. « Les consommateurs sont prêts à payer le prix, mais nous redoutons effectivement les contraintes d’acheminement ou les taxes qui pourraient découler du Brexit », conclut RhysLlywelyn.

Mickaël Rolland