L’asperge veut se refaire une jeunesseL’asperge veut se refaire une jeunesse

L’asperge veut se refaire une jeunesse

Le consommateur d’asperges a tendance à vieillir. La filière veut conquérir un public plus jeune.

Le profil du consommateur moyen d’asperges est aujourd’hui celui d’un senior. Et les seniors de demain seront différents de ceux d’aujourd’hui : ils ressembleront dans leurs comportements d’achat aux jeunes d’aujourd’hui !
D’où l’importance pour la filière d’anticiper dès à présent comment se comporteront les futurs consommateurs d’asperges*. C’est dans ce but qu’Asperges de France (voir encadré) a mandaté le CTIFL** afin de mieux comprendre la consommation, actuelle et à venir, de l’asperge par les moins de 35 ans. Premier obstacle à surmonter : les raisons de non-consommation des asperges chez les jeunes (voir figure 1). « Je n’aime pas » arrive largement en tête (48 %), devant « Je n’y pense pas » (28 %), et « Ça ne me fait pas envie » (22 %). Si les consommateurs changent, les circuits de distribution aussi : mode de présentation, communication sur le point de vente, lieux d’achat… Les nouvelles tendances en termes de consommation et de lieux d’achat présentent une opportunité réelle pour développer la consommation d’asperges chez les moins de 35 ans. Pour acheter de l’asperge, le consommateur de moins de 35 ans a besoin de la visualiser ! Les achats d’asperges sont avant tout spontanés, alors beaucoup de choses se jouent sur le point de vente ! Disposer d’une gamme diversifiée en rayon, mettre en avant l’origine, garder un rayon asperge attractif toute la journée, autant de pistes à explorer pour stimuler les achats.
Le consommateur souhaite également mieux connaître la famille des asperges et les mille et une manières de la préparer. L’asperge doit sortir de son image de « crudité » et investir pleinement l’univers des légumes en s’invitant plus souvent dans les repas. Pour y arriver, elle dispose de nombreux atouts : des couleurs variées (vertes, blanches, violettes), des modes de préparation et de cuisson diversifiés, des recettes froides ou chaudes, en crudité, en légume… 
Enfin, l’origine de l’asperge (voir figure 2) est importante pour plus de 80 % du public ciblé.
Comment séduire le jeune consommateur ? Les auteurs proposent de développer la présence de l’asperge sur la carte des restaurants, secteur fréquenté par cette génération, d’améliorer sa visibilité dans les points de vente, en connectant l’asperge au Web 2.0.
Olivier Masbou


En 2018, Asperges de France regroupe sept organisations de producteurs, représentant près de 160 producteurs d’asperges :

• dans le Sud-Ouest, les coopératives Capel (marque Capel 4 saisons), SCV Les Vignerons de Tutiac (IGP Asperges du Blayais), Copadax et Maisadour (marque Primeale, IGP Asperges des Sables des Landes) ;
• dans le Sud-Est, les coopératives Arterris (marque Primeale) et Cofruidoc (asperge de Camargue blanche sous la marque Célestine et asperges vertes sous la marque Sauvageonne) ;
• dans le Val de Loire, la coopérative Fleuron d’Anjou (asperges blanches et vertes sous la marque Fleuron d’Anjou).

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Campagne 2018 : premières tendances

La récolte d’asperges a démarré dans les Landes, premier bassin à entrer en production, fin février, avec une montée en puissance attendue pour la mi-mars. Dans les vallées du Lot et de la Dordogne, une météo plus clémente devait permettre de commencer les récoltes fin mars. Dans le Sud-Est, en Camargue, les premières asperges ont été récoltées la première quinzaine de mars. Dans le Lauragais (entre Toulouse et Carcassonne), les récoltes devraient avoir lieu fin mars, si la météo le permet. Enfin, dans le Val de Loire, les premières récoltes sous tunnel sont arrivées mi-mars et celles de plein champ, début avril. 
Pour la campagne 2018, les objectifs de production de l’association Asperges de France sont de 5 235 tonnes d’asperges pour une surface en production de 1 015 hectares. En France, la production moyenne d’asperges s’établit à 19 000 tonnes environ : 33 % en Nouvelle-Aquitaine, 25 % en Occitanie, 13 % dans le Grand Est et 6 % en Centre-Val de Loire.