Pomme de terre :Pomme de terre :

Pomme de terre :

Les stocks s’accumulent

La crise sanitaire engendre d’importantes perturbations pour les producteurs français de tubercules. Alors que le marché de la restauration hors domicile est à l’arrêt, les pommes de terre s’entassent.

La restauration hors domicile est le principal débouché pour les producteurs de pommes de terre. Dans la mesure où les restaurants sont fermés ou qu’ils se cantonnent à la livraison, les ventes de tubercules sont en chute libre. En raison de la pandémie, il n’y a guère de demande de la part de l’industrie de la transformation de la pomme de terre et les prix sont à un niveau extrêmement bas. L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) est aussi confrontée aux germinations actuelles «signalées par les cinq principaux pays producteurs de pommes de terre», ce qui devrait impacter l’offre dans les mois à venir. L’année 2020 semblait pourtant être un bon cru pour la filière ; c’était sans compter l’apparition de la Covid-19. Ainsi, la production française de pommes de terre de conservation s’élève à 6 758 800 t l’an passé, contre 6 535 900 t en 2019, soit une hausse de 3,4 % en un an, et de 15,3 % par rapport à la moyenne sur cinq ans (2015 à 2019). Les surfaces de 2020, qui couvrent 154 900 ha, avaient de nouveau augmenté de 1,4 % sur un an avec un rendement brut moyen s’établissant environ à 43,6 t/ ha. «Il est meilleur que l’an passé, et légèrement supérieur à la moyenne pluriannuelle. Une forte hétérogénéité est observée dans les rendements, selon les conditions météorologiques locales et la présence d’irrigation. Compte tenu du contexte de la pandémie, cette campagne 2020 est encore caractérisée par des restrictions de débouchés, notamment vers la RHD et ceci aura également un impact sur la campagne suivante», constate Loïc Le Meur, de l’UNPT. Au début de l’année, les producteurs et les transformateurs européens ont négocié les contrats pour la saison 2021-2022. Moins de contrats sont logiquement proposés et la filière appelle ainsi à réduire les superficies de 15 % à 20 % à l’échelle de l’UE. Dans l’Hexagone et plus particulièrement dans les Hauts-de-France, la situation est préoccupante. «Notre spécialité, c’est de vendre des pommes de terre haut de gamme à des restaurants étoilés, donc la situation est très moyenne. Les pommes de terre, ça ne vit pas éternellement», explique la production Françoise Bayard à France 3. Son chiffre d’affaires a dévissé de 30 %. Or, comme le rappelle l’UNPT, en France, pour dix frites consommées, huit le sont au restaurant. Les frites de table, commercialisées dans la grande distribution ou à destination des restaurants, représentent environ 55 % de la production de pommes de terre et, en 2020, 200 000 t de tubercules n’ont pas encore trouvé preneur. 

Mickaël Rolland

Pomme de terre : 1

52kg sont consommés par Français chaque année versus 95kg en 1960

 

62% des Français consomment des pommes de terre au moins une fois par semaine

 

8frites sur 10 sont consommées au restaurant