La volaille française défend son pré carré

La volaille française défend son pré carré

En dépit d’un engouement croissant des Français pour la volaille, la filière française ne cesse de perdre du terrain sur son propre sol, a déclaré l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair (ANVOL) lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le 7 octobre dernier à Paris. «Nous importions une volaille sur dix dans les années 1990, une sur quatre en 2000, quatre sur dix en 2010. En 2020, nous sommes à un sur deux !», s’est inquiété Gilles Huttepain, directeur adjoint du pôle amont du groupe LDC, et vice-président de la Fédération des industries avicoles (FIA). La situation est particulièrement difficile pour certaines « petites filières » typiquement françaises, comme celles du canard maigre, des pintades, cailles et pigeons. « On constate en moyenne, depuis le début de l’année, une perte de 30 % du chiffre d’affaires chez les éleveurs de canards à rôtir», déplore Jean-Yves Ménard, le président de l’interprofession du poulet de chair. Les pintades suscitent aussi l’inquiétude de l’ANVOL au point de s’interroger sur la pérennité de la filière.

La situation a enclin  la  filière à lancer, en début d’année, « Pacte  Ambition  ANVOL  2025  », qui  vise  à offrir des volailles françaises répondant aux différentes  attentes des consommateurs. L’Interprofession  demande  un  étiquetage  généralisé  de l’origine des volailles pour tous les circuits et, dans le cadre du plan de relance, un soutien financier pour accélérer le rythme de rénovation des poulaillers, des couvoirs et des abattoirs afin de répondre aux nouvelles attentes sociétales. Elle estime en effet ne pas pouvoir faire face seule au besoin annuel d’investissement, qui s’élève désormais à 600  millions d’euros par an.