Fleurs et plantes se projettent dans le futur

Fleurs et plantes se projettent dans le futur 1

Une vaste réorganisation du secteur des fleurs a été entamée avec l’intégration des producteurs de plantes en pot dans le pavillon C1. La rénovation en profondeur de ce bâtiment et l’édification du B1 vont donner un élan nouveau à la filière.

D’ici trois ans, le pavillon C1, bâtiment historique du marché de Rungis et pavillon amiral du secteur des fleurs avec ses 22 000 m2, offrira un nouveau visage. Sa rénovation d’ampleur, fruit d’une intense concertation entre la Semmaris et les professionnels, constituera la dernière étape d’une restructuration globale du secteur balisé en rose, visant à moderniser l’outil à disposition des producteurs et grossistes du marché, et à en améliorer la fonctionnalité et la commercialité.
La première étape de la réorganisation du secteur a eu lieu en septembre 2016 avec l’ouverture au sein du pavillon C1 d’un carreau des producteurs de plantes en pot de 3 000m2, géré par l’association APHUMR. Une diversification de l’offre qui a d’ores et déjà contribué à redonner de l’attractivité au pavillon. L’évolution du secteur s’est poursuivie début 2018 avec la rénovation de la zone des producteurs de fleurs coupées (RFP). Les visiteurs du C1 ont désormais accès en un même lieu à l’ensemble de la production horticole francilienne, mais aussi à celle d’un producteur d’orchidées de Provence.
En mai dernier, la Semmaris a acté en concertation avec les locataires du bâtiment le principe de la restructuration en profondeur du bâtiment principal du secteur, qui va permettre de pérenniser son existence. L’évolution majeure concerne la mise sous froid individuelle des magasins de vente. Aujourd’hui, l’ensemble du pavillon est en effet maintenu à un point de consigne de 15°, rendant obligatoire une lourde manutention des fleurs et plantes invendues pour les maintenir au froid à 5° ou 6°, soit dans des frigos de plain-pied, soit parfois dans des installations réfrigérées situées en sous-sol. Un fonctionnement qui induit de lourdes charges communes liées à la nécessité de climatiser en été et de chauffer en hiver un édifice de grand volume.

Des ouvertures amovibles

Fleurs et plantes se projettent dans le futur 4

À l’issue de la restructuration, les ouvertures des magasins seront amovibles. Les magasins seront fermés en dehors des heures d’ouverture de manière à permettre le stockage sous froid individuel de la marchandise sans manutention lourde et d’en accroître les capacités, et ouverts pendant les heures de marché de façon à faciliter l’accès aux produits et à améliorer la commercialité. Les vendeurs moduleront à leur guise la température de leurs postes, la température des parties communes étant quant à elle maintenue entre 18° et 20°. Deux magasins aux nouvelles normes sont en cours de montage, en étroite collaboration entre les grossistes April Fleurs, Leclerc et la Semmaris. Ces postes, qui seront livrés au début du printemps, serviront d’installations témoins pour l’ensemble des opérateurs du C1, chaque entreprise gardant bien évidemment une totale liberté dans ses aménagements intérieurs.

Des surfaces commerciales en croissance

Fleurs et plantes se projettent dans le futurL’objectif de la restructuration est de doter les acteurs du pavillon d’un outil plus fonctionnel et plus attractif. Les surfaces mises à la disposition des opérateurs, qui ne sont pas totalement occupées aujourd’hui, vont être augmentées de près de 50 %, sans pour autant affecter la circulation et la commercialité du bâtiment. L’accessibilité du bâtiment, tant en matière d’approvisionnement du côté du quai du Val-de-Loire que pour les usagers via les douze portes d’accès, sera en effet préservée et même renforcée.
La densification commerciale permettra à des entreprises d’étendre leurs capacités commerciales et de stockage, mais aussi à de nouveaux acteurs de s’installer. C’est le cas d’Emova Group (ex-groupe Monceau Fleurs) qui dispose de quatre marques d’enseignes (Monceau Fleurs, Cœur de Fleurs, Happy et Au nom de la rose) et de plus de 400 points de vente en France et à l’international. Le leader de la vente de fleurs au détail s’est implanté en janvier dernier dans le secteur des fleurs au sein du bâtiment F0B. Mais il s’agit d’une installation provisoire, Emova Group ayant prévu d’installer durablement son activité de préparation de bouquets et de compositions dans un entrepôt situé au sein du pavillon C1.

Un sous-sol à réaffecter

Fleurs et plantes se projettent dans le futur 3

La restructuration intérieure du C1 s’inscrit au sein d’un vaste plan de modernisation du bâtiment et de son environnement : reprise de la production de froid, de l’étanchéité du bâtiment, traitement des éclairages intérieurs comme extérieurs, etc. Le sous-sol du pavillon, aujourd’hui en partie occupé par des équipements frigorifiques de grossistes, sera réaffecté. Sa destination fait encore l’objet de discussions entre la Semmaris et les grossistes. Plusieurs projets sont examinés actuellement : la reconversion en local de stockage des chariots vides avec la création éventuelle d’un service de récupération ; ou encore la construction d’un parking pour véhicules légers destiné aux salariés des entreprises. En matière de calendrier, les travaux devraient durer trois ans, avec le traitement en 2020 et 2021 des magasins périphériques disposant d’accès sur l’extérieur du bâtiment, puis celui des îlots centraux en 2021 et 2022.
Enfin, un autre chantier en cours va modifier l’aspect et le fonctionnement du secteur des fleurs dans les prochaines années. Il s’agit de la construction du bâtiment B1, de l’autre côté du quai du Val-de-Loire, en lieu et place des anciens bâtiments B1a et B1b. L’édifice d’environ 5 000 m2, dont l’exécution devrait être achevée mi-2020, rassemblera un certain nombre d’acteurs du secteur de la fleur naturelle, de la fleur artificielle, de la plante ou de la décoration en lien avec les activités du pavillon C1. Parmi les acteurs ayant prévu d’intégrer le B1 figurent des historiques du marché de Rungis comme Fleurs d’Auteuil, Limeil Fleurs (spécialiste des pièces funéraires), Horticash (grossiste en plantes, fournitures et décorations pour les professionnels) ou encore Fournicash (spécialiste des accessoires de décoration et de fourniture destinés aux fleuristes, décorateurs, paysagistes et jardineries). Le fleuriste parisien René Veyrat a également prévu de faire des préparations florales au sein de ce nouvel entrepôt divisé en cellules individuelles.

La proximité du bâtiment B1, qui abritera des acteurs de l’agroalimentaire, devrait naturellement profiter à l’activité du C1, avec lequel les interactions sont nombreuses. Au final, la logique de rassemblement et de modernisation, qui a présidé au projet de réorganisation du secteur des fleurs, devrait bénéficier à l’ensemble de la filière, des producteurs aux grossistes des pavillons B1 et C1, mais aussi aux acteurs de la plante en pot situés en périphérie immédiate ; et, bien sûr, aux acheteurs, à commencer par les fleuristes, qui figurent parmi les clients les plus fidèles du marché de Rungis. Les acheteurs du secteur horticulture et déco-ration sont en effet ceux qui fréquentent le plus souvent le marché après ceux du secteur fruits et légumes. En 2017, près de 190 000 passages d’acheteurs liés au secteur horticulture et décoration avaient été enregistrés.

Bruno Carlhian