Le Marché au fil du temps : des Halles de Paris au Marché de Rungis

Le Marché de Rungis plonge ses racines dans l’histoire de Paris et de la région parisienne. Petit voyage dans le temps, des origines des Halles de Paris au Marché de Rungis d’aujourd’hui.

Antiquité

Ve siècle

Un marché parisien, “le marché Palu” (ou Palud), est implanté sur l’Ile de la Cité. Le marché d’origine sera par la suite transféré sur la rive droite de la Seine, place de Grève (actuelle place de l’Hôtel de Ville).

 

Moyen-Age

1135

Louis VI ordonne le transfert du marché au centre de Paris, au lieu-dit Les Champeaux (« Petits Champs »), au croisement de trois grands axes de circulation, la rue Saint-Denis, la rue Montmartre et la rue Saint-Honoré.

1181

Philippe Auguste déménage la foire “Saint Lazare” des faubourgs Nord de la ville, à l’emplacement aux Champeaux. Deux premières bâtisses en bois sont érigées pour accueillir les activités marchandes (surtout non alimentaires à l’époque) et le marché couvert prend le nom «Les Halles».

Croquis de Philippe Auguste et Louis Le Gros

1190

Philippe Auguste fait construire une enceinte, intégrant le marché à la ville.

 

Milieu du XIIIe siècle

Louis IX fait construire trois nouveaux bâtiments dont un pour la vente à la criée du poisson. Les Halles deviennent le plus important marché de la capitale et assure une fonction de gros alimentaire pour alimenter Paris.

1368

Le Marché se tient trois fois par semaine.

 

Époque moderne

1543

François Ier fait démolir les bâtiments existants et en reconstruit de nouveaux selon un plan ordonné. L’activité devient quotidienne et s’ouvre à un marché aux pains, un marché aux fromages, aux oeufs et au beurre.

1720

Pour faire de la place, le marché aux plantes est déplacé sur le quai de la Mégisserie ; seules restent les fleurs coupées. La halle au blé est transférée et construite sur son emplacement définitif ; elle deviendra la bourse du commerce.

1785

Le cimetière des Innocents est déplacé au sud de Paris, laissant place au marché aux herbes et aux légumes (gros légumes, aulx, oignons, lauriers).

 

Époque contemporaine

1811

Après un incendie, Napoléon Ier lance le projet d’une Halle centrale en dur entre le marché des Innocents et la Halle aux blés, qui restera inachevé.

1818

Une nouvelle Halle à la viande est créée, baptisée le Marché des Prouvaires.

Une illustration d’archive en noir et blanc du Marché des Prouvaires

1848

Le projet de création d’une grande halle centrale pour desservir la capitale est relancé.

Le projet des architectes Victor Baltard et Félix Callet est retenu.
Croquis de Victor Baltard et des abattoirs de La Villette

1853-1870

Dix pavillons couverts de vitrage et des colonnettes en fonte et séparés par une allée sous verrière sont érigés, chaque pavillon ayant sa spécialité (le numéro 3 pour la viande, numéro 9 pour le poisson…).

 

  • Le quartiers de Halles pendant les heures de Marché

1900

17 000 tonnes de fruits et légumes transitent par les Halles.

1949

678 000 Tonnes de fruits et légumes sont désormais commercialisés aux Halles.

 

  • Le Marché de Rungis au fil du temps

1953

Les difficultés de circulation et d’approche s’aggravant, un comité interministériel décide de bâtir un réseau de marchés dit d’intérêt national visant à fluidifier les transactions et assurer la transparence des opérations commerciales.

 

  • Nettoyage des trottoirs après les heures de Marché dans le quartier des Halles

1959

Le transfert des Halles à l’extérieur de Paris est décidé. En fin d’année, le choix s’arrête sur Rungis.

1961

Nomination de Libert Bou comme commissaire à l’aménagement du marché d’intérêt national de la région parisienne.

1962

Création de la Semmaris, futur aménageur et gestionnaire du site.

Construction du Marché International de Rungis

1969

Le déménagement historique des Halles de Paris au Marché d’intérêt national de Rungis, se déroule du 28 février au 2 mars.

3 mars 1969

Le Marché de Rungis ouvre ses portes aux acheteurs pour la première fois.

1973

Dans la foulée de l’abandon des abattoirs de la Villette, l’activité viande, restée aux Halles, rejoint le Marché de Rungis.


 

Histoire des Halles de Paris

Les Halles centrales furent construites par l’architecte Victor Baltard entre 1852 et 1878 sur l’emplacement du marché des Innocents. Douze pavillons à charpente en fer, éclairés par de grandes verrières étaient reliés par une rue centrale à ciel ouvert située près du chevet de l’église Saint-Eustache.Les Halles deviennent le plus important marché de la capitale et assurent une fonction de gros alimentaire pour alimenter Paris.

Mais un siècle plus tard, le marché des Halles, qui fournit chaque jour plus de 5 000 tonnes d’aliments frais à près de 8 millions de Parisiens, est beaucoup trop à l’étroit dans les ruelles du vieux centre. C’est un gigantesque labyrinthe, évoqué par Emile Zola dans « Le ventre de Paris » (1873). Pour des raisons d’hygiène et d’acheminement des marchandises, Charles de Gaulle décide, en 1960, de transférer le vaste marché à 12 km au sud de Paris, à Rungis, dans le Val-de-Marne. C’est le “Le déménagement du siècle”. Le transfert, décidé en 1959 par le général de Gaulle, fut confié à Libert Bou, vice-président du Comité permanent des MIN qui devint le premier président de Rungis et de ses zones annexes. Les travaux débutèrent en 1964 avec la réalisation du pavillon de la Marée, des neuf pavillons des fruits et légumes, des quatre pavillons des produits laitiers et avicoles, du pavillon des fleurs coupées et du centre administratif.

C’est dans la nuit du 2 au 3 mars 1969 que près de 30 000 personnes qui participèrent au « déménagement du siècle », le transfert des Halles de Paris à Rungis, après près de huit siècles passés dans le fameux « ventre de Paris ». La presse en parle même comme du «déménagement du siècle» ou de «l’équivalent du débarquement de Normandie». Au total, 1 000 entreprises, 10 000 m3 de matériel et 5 000 tonnes de marchandises entassés à l’arrière de 1 500 camions, qui prennent la route de Rungis. 3 mars 1969, le Marché de Rungis ouvre ses portes aux acheteurs pour la première fois!

Si les forts des Halles ont aujourd’hui disparu, beaucoup de symboles sont toujours très présents et des dynasties de grossistes continuent leur activité à Rungis. L’amour du produit se transmet ainsi de génération en génération, avec un maître mot : la qualité pour tous. Le Marché de Rungis, c’est cette France traditionnelle, des terroirs, des marchés, des bistrots. C’est la simplicité, la convivialité, l’authenticité, la solidarité, l’énergie d’entreprendre qui animent chefs d’entreprises et salariés. C’est ce savoir-faire unique qui a permis à Rungis de devenir le plus grand marché de produits frais du monde !