LES MARCHES REVIENNENT AU GOUT DU JOUR 2LES MARCHES REVIENNENT AU GOUT DU JOUR 2

LES MARCHES REVIENNENT AU GOUT DU JOUR

Une centaine de nouveaux marchés verraient le jour chaque année dans l’Hexagone.
8 000 villes se partagent aujourd’hui des marchés hebdomadaires ou bihebdomadaires.
Le secteur alimentaire a le vent en poupe avec une progression de 2 % par an.

Si les halles sont particulièrement plébiscitées car elles permettent de redynamiser les centres-villes, les Français demeurent très attirés par les marchés de plein air. On dénombre plus de 10 000 marchés
sur tout le territoire, dont un tiers au sein de communes de moins de 2 000 habitants. Selon les estimations de la Fédération nationale des marchés de France, il s’agit là d’un vaste secteur animé par 38 000 entreprises. Sans surprise, ce sont les fruits et les légumes que les Français achètent en priorité sur les marchés, soit près de 35 % des ventes. Vient ensuite la viande, avec 18 % des ventes, et les produits laitiers, 13 %. Avec la création d’une centaine de nouveaux marchés chaque année (un chiffre nettement supérieur aux fermetures, selon la fédération), le locavorisme est particulièrement mis en avant et apparaît comme l’un des moteurs de l’engouement pour les marchés et les halles. Passer commande auprès de son producteur ou via un seul intermédiaire n’est pas nouveau, mais il s’agit d’un mode de distribution qui s’est développé ces dernières années avec la tendance des circuits courts.
Les jours de marché, les centres-villes sont drainés par un flux de clientèle qui, à l’heure de la désertification des centres, représente un atout majeur pour les économies locales : c’est toute la vie du centre-ville et les commerces environnants qui en bénéficient et, parfois, en dépendent. Les marchés et halles sont ainsi complémentaires des commerces sédentaires et constituent un bon moyen de rééquilibrage entre les centres-villes et les périphéries. À Firminy (42) par exemple, une ville de 19 500 habitants environ en périphérie de Saint-Étienne, pas moins de 19 000 personnes du bassin de population environnant sont chaque semaine attirés par le grand marché de la ville.

Une économie propre

À Paris, où la majorité des marchés de plein air ou halles sont gérés par l’intermédiaire de délégations de service public (DSP), la plupart des marchés municipaux sont en gestion directe. Les droits de place oscillent fortement d’un endroit à l’autre, pouvant s’étirer de 40 centimes à 15 € le mètre linéaire. Les tarifs des emplacements sont en hausse depuis l’introduction du tri sélectif, qui a augmenté les coûts de fonctionnement pour les municipalités. Mais certaines sociétés, à l’instar du groupe Géraud, peuvent jouer les intermédiaires et organiser les marchés. Aujourd’hui, le groupe Géraud intervient pour le compte de plus de 300 communes réparties dans une trentaine de départements, avec une forte présence en Île-de-France. Le groupe assure la gestion du commerce non sédentaire, sur tout ou partie, selon le choix de la collectivité. Géraud se charge ainsi du recrutement
et du placement des commerçants, de la perception des droits de place, de la prise en charge des opérations de manutention, du montage d’abris mobiles. Ce spécialiste est aussi en mesure d’assurer la conception de marchés de plein air et de halles, tout en nettoyant et en entretenant les différents sites. Du côté des commerçants, même si les marchés
se portent au mieux, le principal souci reste de trouver une place. En effet, une autorisation d’occupation temporaire est octroyée, contre une redevance, pour une durée de cinq ans. Or, il faut parfois patienter des années durant avant d’obtenir le précieux sésame. Lorsqu’une place est finalement attribuée, elle peut être retirée en cas de manquement aux règles
du marché concerné. Le commerçant non sédentaire doit notamment être fidèle et occuper son stand entre 38 et 42 fois par an. L’objectif des municipalités est de conserver des commerçants ouverts même l’hiver, notamment dans les zones touristiques, alors que les marchands assurent principalement leur chiffre d’affaires l’été.
M. R.

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La loi Pacte favorise la transmission des fonds de commerce

Au mois de mars, l’Assemblée nationale a adopté, en deuxième lecture du projet de loi Pacte, deux articles introduits au Sénat visant à faciliter les transmissions de fonds de commerce dans les halles et marchés. Cette évolution était notamment portée par Saveurs Commerce, la Fédération nationale des commerces alimentaires spécialisés de proximité. À travers ses deux syndicats nationaux et son syndicat régional, cette organisation représente et défend 12 000 primeurs, dont 6 000 sur les marchés. Le premier article simplifie ainsi le dispositif existant, en précisant que la durée minimale d’ancienneté, pour qu’un commerçant dans une halle ou un marché puisse céder son fonds et présenter au maire son successeur, doit être supérieure ou égale à trois ans. Le second établit qu’en cas de décès ou retraite d’un commerçant exerçant dans une halle ou un marché, son conjoint conserve, à titre exclusif, l’ancienneté de celui-ci en cas de cession du fonds de commerce.
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3 QUESTIONS À : JEAN-PIERRE PERNAULT

Le célèbre animateur du JT de 13 heures de TF1 présente en ce moment la deuxième saison de « Votre plus beau marché », un concours visant à désigner le plus marché de France. Il revient pour Rungis Actualités sur la vitalité que connaissent les marchés français depuis quelques années.
« On parle souvent de la difficulté du commerce en milieu rural, mais les marchés, eux, sont épargnés »
Rungis Actualités : Comment expliquez-vous l’engouement retrouvé pour les marchés ?
L’an dernier, pour la première édition de « Votre plus beau marché », il y a eu trois millions de votes. La mobilisation a donc été très forte. L’an passé, c’est le marché de Sanary-sur-Mer (Var) qui a gagné. Au JT de 13 heures, qui est un journal de proximité, on parle souvent de la difficulté du commerce en milieu rural, mais les marchés, eux, sont épargnés. Ils ne se sont jamais aussi bien portés, on en trouve partout et il y a une vitalité des petits marchés en région qui est assez exceptionnelle. Dans la mesure où l’on trouve de moins en moins de commerces, les marchés sont devenus des lieux de convivialité où l’on rencontre des producteurs et des commerçants. C’est un phénomène amplifié par la mode des circuits courts.
Combien de marchés seront mis à l’honneur lors de la prochaine édition de « Votre plus beau marché » ?
Il y a deux étapes, comme l’an passé, et nous avons conservé l’ancien découpage des 22 régions métropolitaines, auxquelles nous avons ajouté la Réunion et les Antilles. Dans chacune de ces 24 régions, c’est la presse régionale qui a organisé la première phase de vote, pour présélectionner les 900 marchés qui ont candidaté. Enfin, chaque région choisit le marché qui la représentera. Au final, ce sont donc 24 marchés qui sont actuellement en compétition.
Êtes-vous un amateur de marché ?
Oui, je me rends d’ailleurs dans un marché de l’Ouest parisien, régulièrement, le dimanche. J’aime ces endroits, car on peut être conseillé sur les produits. Par exemple, mon poissonnier me conseille au mieux, en fonction de ses arrivages, des saisons, etc. Idem pour les légumes… J’aime être orienté. D’ailleurs, on le voit, les marchés sont des lieux de discussion et d’échanges autour des produits et de leur choix. On peut aussi comparer les prix… J’aime beaucoup ce lien de proximité et je pense que c’est aussi pour cela que les Français aiment les marchés. C’est à cette affection des Français pour les marchés que l’on doit le succès de « Votre plus beau marché ». Les votes ont débuté le 12 avril et vont durer deux mois. Durant cette période, je présenterai à l’antenne les 24 lauréats régionaux. Le vainqueur sera désigné mi-juin.
Propos recueillis parMickaël Rolland