Commerce de gros alimentaire

Les entreprises partenaires du CHR durement éprouvées par la crise sanitaire

La CGI a publié récemment une note de conjoncture sur l’activité du commerce de gros en 2020, une année marquée par la crise sanitaire.

Les entreprises du commerce de gros alimentaire et en boissons, spécialisées dans l’approvisionnement des CHR, sont durement éprouvées depuis le mois de mars 2020. « La situation devient très inquiétante pour ces entreprises sans aucune perspective de retour à la normale, écrit la CGI*. Les entreprises du secteur des produits réfrigérés, laitiers, surgelés et épicerie enregistrent une perte de chiffre d’affaires moyen de 30 à 40 % par rapport à 2019. On peut déplorer des situations où la perte peut monter jusqu’à - 90 %. » En plus de l’effondrement du chiffre d’affaires dans la durée, ces entreprises ont été confrontées à la perte d’une partie des stocks de denrées périssables destinées aux CHR et qui n’ont pu être réorientés vers d’autres types de commerces, comme la grande distribution. Pour certaines entreprises, il a fallu par ailleurs assurer un service minimum auprès de certains segments de la restauration collective scolaire et sociale (EHPAD, restauration hospitalière, pénitencière…). Mais cette activité partielle ne permettait pas de couvrir les coûts de fonctionnement.

Cette situation se retrouve peu ou prou dans les autres secteurs du commerce de gros alimentaire. Ainsi, pour les grossistes spécialisés dans les produits avicoles et de gibier destinés aux CHR, la baisse de chiffre d’affaires en 2020 se situe entre -30 et – 40 % en moyenne, avec de forts écarts en fonction de leur degré de spécialisation. Pour les grossistes en boissons, la situation a évolué au fil des fermetures, ouvertures, refermetures des cafés et restaurants. À la fin du premier confinement, la baisse du chiffre d’affaires est comprise entre -90 et -100 % par rapport à 2019. Entre les deux confinements, l’activité connaît une baisse globale de 10 %. Les situations sont contrastées selon les régions. L’activité est en hausse dans certaines régions touristiques notamment dans l’ouest, en baisse dans d’autres, comme en région parisienne, avec - 25 %. Le second confinement s’est traduit par une baisse moyenne de 95 % du CA « avec une augmentation du risque d’impayés des clients », constate la CGI.

« L’ampleur des défaillances d’établissements à venir, indépendamment des annonces faites le 14 janvier dernier, demeure un sujet de préoccupation majeur », ajoute la confédération. Enfin, pour le commerce de gros en fruits et légumes frais, deux situations opposées se présentent. Pour les grossistes spécialisés dans les marchés ouverts, le commerce de détail spécialisé et la grande distribution, l’activité a nettement rebondi après le premier confinement. En revanche, l’impact a été beaucoup plus lourd pour les grossistes spécialisés en CHR, mais moindre cependant pour les fruits et légumes, contrairement à d’autres segments de produits, du fait d’une plus grande capacité de report sur les autres canaux de distribution.

Dans le non-alimentaire, l’activité du commerce de gros en plantes en pots et en fleurs coupées a baissé de 26 % entre mars et juin 2020.

« D’une manière générale, le climat est néanmoins à la dégradation en ce début d’année en raison de l’absence de visibilité côté restauration commerciale et commande publique, notamment scolaire, collèges, lycées et universités », conclut la CGI.

 

* Confédération du commerce de gros et international.

 

EN CHIFFRE

La situation devient très inquiétante pour les entreprises du commerce de gros alimentaire sans aucune perspective de retour à la normale.

 

6,5  millionsd’euros, c’est le montant total des destructions massives de fleurs et plantes par les grossistes.

Avec 56de factures en retard, les grossistes alimentaires sont les plus touchés par les retards de paiements.

106 360 milliards d’euros, c’est le chiffre d’affaires réalisé par les 17 739 entreprises du commerce de gros de produits alimentaires, de boissons et de tabac en 2017 (Insee).