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LABELS, LES GARDIENS DE LA QUALITE

Ils sont très nombreux en France à garantir des provenances, des fabrications respectueuses de chartes de qualité draconiennes et de bonnes pratiques. Mais la loi du nombre n’est pas forcément la meilleure car derrière cette étiquette » labellisée », se cachent des appellations souvent disparates. Comment trier le bon grain de l’ivraie.

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UNE GARANTIE D’ETAT

Les signes officiels de la qualité, comme on les appelle, sont délivrés par les pouvoirs publics, l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) ou un organisme certificateur qui est accrédité par le Comité Français d’Accréditation (COFRAC) et agréé par les pouvoirs publics.

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Et ça ne plaisante pas : la bonne utilisation des signes est garantie par les organismes de contrôle (organismes certificateurs qui contrôlent le bon respect des règles définissant une qualité particulière dans un cahier des charges le plus souvent homologué par les pouvoirs publics), l’INAO qui agrée les organismes de contrôle dans le domaine alimentaire et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui exerce à la fois un contrôle sur les organismes certificateurs pour s’assurer de la qualité et de la réalité de leur prestation (compétence, impartialité, efficacité) et sur les produits pour vérifier leur conformité aux règles qui leur sont applicables et la loyauté de la communication.LABELS, LES GARDIENS DE LA QUALITE 17

 

SIX ELUS OFFICIELS

Il n’y a que six labels officiels, définis par le Code rural et de la pêche maritime, avec des étiquettes voulues volontairement facilement identifiables:

– l’appellation d’origine protégée  (AOP) : créée en 1992, l’appellation d’origine protégée (AOP) est régie par le règlement communautaire n°1151/2012 du 21 novembre 2012 et  garantit un lien très fort du produit avec son terroir. Pour la France, elle concerne des vins, des eaux-de-vie, des produits laitiers (45 fromages, 3 beurres, 2 crèmes) et beaucoup d’autres produits comme les « olives de Nyons », les « noix de Grenoble », le « foin de Crau », etc. Il existe aussi des AOP européennes (AOP « Gorgonzola » (Italie), AOP  « Feta » (Grèce), etc.) et des AOP de pays tiers (AOC  suisse « gruyère », AOP chinoise  « Pinggu Da Tao » (pêche), AOP vietnamienne  « Phú Quôc » (sauce de poisson). Depuis le 4 janvier 2016, les opérateurs doivent obligatoirement étiqueter leurs produits avec le logo européen, accompagné de la dénomination enregistrée placée dans le même champ visuel ;

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– l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), qui  désigne des produits répondant aux critères de l’AOP et protège la dénomination sur le territoire français. Elle constitue une étape vers l’AOP, désormais signe européen. Elle peut aussi concerner des produits non couverts par la réglementation européenne (cas des produits de la forêt par exemple).

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– l’indication géographique protégée (l’IGP) qui est régie également par le règlement communautaire du 21 novembre 2012. La relation entre le produit et son origine est moins forte que pour l’AOP mais suffisante pour conférer une caractéristique ou une réputation à un produit et le faire ainsi bénéficier de l’IGP. (Ex. « jambon de Bayonne », « foie gras du Sud-ouest », « mogette de Vendée », « pruneau d’Agen », etc.) ;

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– Le label rouge, qui  atteste qu’une denrée alimentaire ou un produit agricole non alimentaire et non transformé possède des caractéristiques spécifiques, préalablement fixées dans un cahier des charges établissant un niveau de qualité supérieure par rapport au produit courant. Trônant sur les étiquettes depuis plus de cinquante ans, le consommateur reconnait facilement le produit « label rouge » grâce à la présence obligatoire d’un logo spécifique accompagné d’un numéro d’homologation et des principales caractéristiques certifiées. Il existe aujourd’hui plus de quatre cents labels rouges homologués par les pouvoirs publics, qui concernent des volailles, des viandes, des charcuteries, des produits laitiers, des produits de la mer, des fruits et légumes, des boissons, du miel et même du sel ainsi que quelques produits non alimentaires et non transformés (gazon, fleurs) ;

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– La spécialité traditionnelle garantie (STG) qui atteste qu’un produit alimentaire a été fabriqué selon une recette considérée comme traditionnelle. Un tel produit ne se réfère pas à une origine géographique particulière mais consacre une recette. Une cinquantaine de produits ont été enregistrés au niveau communautaire. Par exemple, la « Mozzarella » (Italie) et le « Jambon Serrano » (Espagne) bénéficient d’une STG tout comme les « Moules de Bouchot », première STG française ;

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– L’agriculture biologique (AB) est définie par le règlement communautaire du 28 juin 2007 et vise à établir un système de gestion durable de l’agriculture, notamment au travers d’une amélioration de la qualité du sol, de l’eau, des végétaux et des animaux et d’un développement de la biodiversité. Ainsi, il n’est pas permis de recourir aux OGM et aux pesticides et engrais chimiques de synthèse dans le cadre de la production biologique. Tous les opérateurs (producteurs, transformateurs, grossistes, importateurs, etc.)  doivent notifier leur activité à l’Agence BIO qui tient un annuaire des professionnels du BIO et passer un contrat avec un organisme certificateur agréée par l’INAO qui contrôle leur activité au moins une fois par an. Seuls les produits contenant au moins 95% d’ingrédients agricoles certifiés biologiques peuvent comporter les termes « biologique » ou « bio » dans leur dénomination de vente (exemples : purée biologique, compote bio).

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DES LABELS VALORISANTS

Parallèlement à ces labels officiels, des labels valorisants existent, attestant de la qualité de production, eux aussi énumérés par le Code rural et de la pêche maritime. Il s’agit notamment de la dénomination « montagne » ou du qualificatif « fermier » ou la mention « produit de la ferme » ou « produit à la ferme ».  Mais peu aisé de s’y retrouver, y compris pour les professionnels, car les règles européenne et française sont bien différentes. En effet, en l’absence d’un décret général,  ce qualificatif  et ces mentions ne peuvent être donc employés que dans les conditions prévues par la réglementation communautaire en ce qui concerne les normes de commercialisation pour la viande de volaille), nationale pour les fromages et spécialités fromagères et relevant du code des usages de la charcuterie, de la salaison et des conserves de viande et des conditions approuvées pour bénéficier d’un label agricole.

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DES LABELS METIERS

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En matière de commerce équitable, le plus reconnu est le label Max Havelaar, un label de commerce équitable qui garantit que le produit a été acheté à un prix « correct » aux producteurs et produit dans des conditions respectueuses des droits de l’Homme et de l’environnement. Tous les acteurs de la filière sont agréés et contrôlés par des organismes indépendants. Les principaux produits concernés sont le café, le thé, le chocolat, le jus d’orange, le sucre, le riz, les bananes…

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En matière biologique, on retrouve également le label Demeter, crée en 1927 qui  certifie les produits issus de l’agriculture biodynamique, c’est-à-dire une agriculture qui se base sur les rythmes des saisons et de la lune, du soleil ou encore des planètes. Ce label certifie que les engrais utilisés sont naturels et que les animaux sont nourris à 80 % avec les produits de l’exploitation agricole. Enfin, il s’assure que les déchets et sous-produits de l’activité agricole soient réutilisés. On retrouve ce label sur des yaourts, des tomates, du pain, des salades et des pommes. Ce logo reprend la base du cahier des charges de l’écolabel européen, en y ajoutant des mesures beaucoup plus rigoureuses. C’est donc un label très exigeant et facilement comparable au label AB.

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L’IMPLICATION DES PROFESSIONNELS

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D’après une étude réalisée par « Trusted Shops », plus de 50% des personnes interrogées considèrent les labels de qualité comme un aspect très important d’une boutique. En outre, les critères de la sécurité et de la confiance font partie des plus pertinents à leurs yeux. Leur reste cependant à s’y retrouver car de nombreuses appellations « fantaisistes » existent  et n’apportent aucune garantie réelle et sérieuse, sauf aux industriels qui se cachent derrière : saveur de l’année, saveur bio, médaille d’or …
Les professionnels l’ont bien compris et sans pouvoir prétendre à l’obtention de labels délivrés par l’Etat, ils créent des appellations attestant de bonnes pratiques, du respect des chartes de qualité et d’une rigueur professionnelle volontaire. C’est notamment le cas de Viandes de France dont la démarche est portée par des organisations professionnelles qui rassemblent tous les acteurs de la filière : Interbev pour les viandes bovine, ovine, chevaline et la viande de veau, Inaporc pour la viande de porc, Apvf pour la volaille et Clipp pour le lapin. C’est la certitude de consommer des viandes issues d’animaux nés, élevés, abattus puis découpées et transformées en France et le respect de démarches de traçabilité totale de la ferme jusqu’à l’étal, de normes sanitaires françaises et européennes rigoureuses, de contrôles officiels menés par les agents de la direction générale de  l’Alimentation (DGAL) et de la DGCCRF.
Cécile Oliveira

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