La tribune de Stéphane LAYANI, Président du Marché

Entretien avec Stéphane LAYANI, Président-Directeur Général du Marché International de Rungis et retour sur l’année 2017.

Comment a évolué l’activité du marché en 2017 ?

Pour la première fois, le chiffre d’affaires du Marché de Rungis a dépassé les 9 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires du marché physique a crû de 2 %, celui des entrepôts de 7 %. Les opérateurs ont investi près de 31 millions d’euros et la SEMMARIS 69 millions d’euros. Le Marché affiche un bilan robuste, avec un taux d’occupation de 96 % et une fréquentation globale de + 1 %. Au-delà des chiffres, la perception du Marché est, elle aussi, très positive. Un sondage Ifop le place en effet au 1er rang des distributeurs alimentaires français les plus utiles aux yeux de nos concitoyens.

Vue aérienne du Marché de Rungis

Stéphane Layani – Président-Directeur Général du Marché International de Rungis

+9Md€ : pour la première fois, le chiffre d’affaires du Marché de Rungis
a dépassé les 9 milliards d’euros.

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Stéphane Layani – Président-Directeur Général du Marché International de Rungis

Avec les opérateurs, nous nous préparons à intégrer les trois grands bouleversements
qui vont marquer les années 2020 : le goût pour le bio, l’attirance pour les produits locaux et la digitalisation des transactions commerciales. »

Autre tendance forte : la digitalisation. Avec quelles avancées ?

La principale avancée c’est la Marketplace Rungis, avec sa validation de principe par le conseil d’administration à l’unanimité. C’est le déménagement du siècle : au XXe siècle, les Halles sont venues s’installer à Rungis ; aujourd’hui j’emmène les grossistes dans le cloud ! Bien sûr, nous restons tous attachés au marché physique. Mais nous savons que la digitalisation est une tendance de fond. Le Marché se doit d’accompagner les grossistes à effectuer le plus facilement possible la mutation. Le marché physique ne disparaît pas, bien au contraire. La Marketplace sera simplement un moyen supplémentaire de toucher une clientèle existante qui se modernise, mais aussi de nouveaux clients partout dans le monde.

Quel rôle joue le marché par rapport aux évolutions de la consommation alimentaire ?

Rungis est un créateur de tendances, notamment avec le Bio, dont l’activité ne cesse de croître. Non seulement nous aménageons de nouveaux espaces pour répondre aux demandes des opérateurs, mais nous développons des activités connexes pour anticiper le besoin du consommateur. Par exemple, les ateliers de découpe : le client final veut consommer des fruits et légumes prédécoupés, alors nous proposons des barquettes. Il veut manger des bananes ou des fruits exotiques ? Nous avons des mûrisseries à la pointe de la technologie. Il y aurait bien d’autres exemples.

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Les objectifs de rungis 2025 ont-ils été atteints ?

Ils ont été atteints… et même dépassés ! La réalisation des travaux prévus en 2017 est en avance de 5 %. Nous avons réalisé 69 millions d’euros d’investissements, deux fois plus qu’en 2016. Parmi les grands chantiers livrés, il y a le bâtiment Foc et très prochainement le bâtiment O1c. Nous avons aussi entamé la construction du bâtiment de découpe du porc. En parallèle, nos équipes travaillent à l’élaboration de schémas directeurs pour donner une cohérence d’ensemble à l’aménagement du Marché.

Le Min de toulouse occitanie est-il le premier projet du genre ?

Absolument. Ce projet me tient particulièrement à coeur. Rungis en a repris la gestion, depuis juillet 2017, à travers le groupement LUMIN. Ce MIN dispose de nombreux atouts : bonne desserte,
implantation dans la première région agroalimentaire française, bassin de consommation important, démographie dynamique…Après une première phase consacrée notamment à l’audit, nous avons pour objectif, dès 2018, de reconquérir la clientèle du MIN Toulouse Occitanie et développer une stratégie de diversification et de services afin d’en faire le pôle agroalimentaire régional.
Parallèlement à Toulouse, la dimension internationale de notre développement « hors les murs » a fait ses preuves. Je me félicite notamment de la poursuite du contrat à Moscou et de la signature d’autres contrats, par exemple aux Philippines, au Kazakhstan et au Bénin. Ces développements marquent le rayonnement du modèle agroalimentaire et gastronomique français et en particulier du modèle moderne et qualitatif du marché de gros de Rungis.

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