La tribune de Stéphane LAYANI, Président du Marché

Entretien avec Stéphane LAYANI, Président-Directeur Général du Marché International de Rungis et retour sur l’année 2018.

Quel regard portez-vous sur l’activité du Marché de Rungis en 2018 ?

Le Marché a poursuivi sa transformation à tous les niveaux : spatial, bien sûr, à travers le marché physique, mais aussi numérique et « hors-murs », à l’international. La transformation physique de Rungis s’est poursuivie conformément au plan d’investissement Rungis 2025, ce qui s’est matérialisé par exemple par la construction du nouveau Pavillon du Porc qui ouvrira commercialement en 2019. En ce qui concerne le digital, l’année 2018 a été celle de la construction de notre marketplace, ouverte aux vendeurs en juillet. La SEMMARIS s’est organisée pour accompagner étroitement les opérateurs dans la prise en main de cette plateforme. Notre rôle est ici d’accompagner les grossistes à satisfaire les nouvelles attentes. Le même principe est en œuvre à l’international : notre mission d’assistance se concrétise aussi à travers le soutien que nous apportons aux opérateurs qui veulent se développer à l’export.

Vue aérienne du Marché de Rungis

Stéphane Layani – Président-Directeur Général du Marché International de Rungis

 Collectivement, les opérateurs et la SEMMARIS transforment le Marché de Rungis pour qu’il soit plus que jamais un accélérateur de commerce et qu’il anticipe les enjeux de demain. Collectivement, les opérateurs et la SEMMARIS transforment le Marché de Rungis pour qu’il soit plus que jamais un accélérateur de commerce et qu’il anticipe les enjeux de demain.

La tribune de Stéphane LAYANI, Président du Marché 15

L’évolution macro-économique de l’Hexagone a-t-elle eu une portée sur le Marché ?

Le modèle de Rungis a continué à montrer sa pertinence et à marquer des points malgré les perturbations de fin d’année. Nous évoluons dans un climat de concertation et de confiance. Les atouts du Marché de Rungis sont indéniables et nos fondamentaux sont excellents. Pour autant, il faut que nous continuions à nous transformer. Là encore, la mission de la SEMMARIS est d’aider les grossistes à se développer dans une vision de long terme. Tous les opérateurs, a fortiori ceux de petite taille, n’ont pas toujours le temps matériel de se projeter. Je crois beaucoup à l’idée de collectif, de fonctionnement en réseau des opérateurs et de la Semmaris, à travers une relation positive pour relever ensemble les défis à venir.

Quels sont ces défis ?

Le marché de gros doit créer une offre alternative en direct de ses clients professionnels et des consommateurs. Cette offre doit se tourner vers le bio, le local, le made in France. C’est toujours en définitive le consommateur qui choisit. Rungis représente déjà une myriade de PME et de producteurs. Or, la présence significative de producteurs ou d’opérateurs du Bio à Rungis permet de répondre à de nouveaux défis.

La tribune de Stéphane LAYANI, Président du Marché 9

Précisément, quels sont les enjeux des EGA pour les marchés de gros ?

L’une des missions de la SEMMARIS est d’être un porte-voix, parallèlement à la FMGF, des marchés de gros auprès des pouvoirs publics. C’est pourquoi nous avons fait en sorte que Rungis soit partie prenante des ateliers de travail des EGA et en particulier que le président de la République vienne conclure sur le Marché la première séquence des EGA. Notre mobilisation en faveur d’une meilleure représentation internationale passe aussi par la Fédération mondiale des marchés de gros (WUWM), dont j’assume la vice-présidence. Sur ma proposition, nous avons signé en juillet 2018 avec mes homologues européens une déclaration mettant en avant notre rôle dans la valorisation de la production agricole en vue de renforcer notre collaboration avec les instances européennes et internationales.

La tribune de Stéphane LAYANI, Président du Marché 10

2018 a aussi été le théâtre d’un changement de gouvernance pour la SEMMARIS. Pourquoi ?

En effet, à la suite de la décision d’Altarea-Cogedim de céder la majorité des parts de sa holding, nous avons accueilli en 2018 un nouvel actionnaire, Crédit Agricole Assurances. L’équilibre de notre actionnariat reste identique et se traduit par une bonne collaboration entre le public, le privé et les opérateurs. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’arrivée d’un tel acteur, qui défend depuis toujours la filière agricole française à travers une vision d’investisseur sur le long terme.