Le foie gras victime de la crise sanitaireLe foie gras victime de la crise sanitaire

Le foie gras victime de la crise sanitaire

En France, la filière du foie gras doit bien souvent composer avec des épisodes de croissance ou de chute du marché. C’est aujourd’hui la crise sanitaire
et la fermeture des CHR que redoutent les producteurs, malgré l’affection
des Français pour le foie gras.

En 2018, après deux années de pénurie, le foie gras avait opéré son retour sur le marché. Sur l’ensemble de l’année, ses ventes en grande distribution avaient augmenté de 2,8 % en volume et de 3,4 % en valeur. Durant la saison des fêtes de fin d’année, elles avaient progressé de 7,6 % en volume par rapport à la fin 2017. L’année 2019 était également un bon cru, avec une production qui s’est stabilisée au même niveau qu’en 2018, à près de 16 400 tonnes. Au total, l’offre proposée sur le marché français s’est élevée à plus de 17 400 tonnes en 2019, dont 2 950 tonnes de foie gras importé, tandis que 19 020 tonnes de foie gras cru ont été exportées.

En 2020, alors que les fêtes de Pâques sont traditionnellement une période de forte consommation de foie gras, mais aussi de magrets et de confits d’oie et de canard, les professionnels de la filière, réunis sous la bannière du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) ont été confrontés à une très forte chute des ventes liée au premier confinement, à la fermeture des restaurants, à une moindre mise en avant de leurs produits en grande distribution, aux fermetures des marchés et à l’arrêt des activités à l’exportation.

Le foie gras victime de la crise sanitaire 1

Ce choc a engendré la perte de 60 % des débouchés de la filière durant cette période, tandis que les ventes des PME et des producteurs du secteur ont reculé d’environ 30 %. La situation semble se compliquer davantage pour le foie gras français : les CHR représentent 60 % des ventes des producteurs pendant les fêtes. Ainsi, le maintien de leur fermeture durant le mois de décembre s’apparente à une catastrophe pour la filière, estime le Cifog. Ce dernier affirme que 75 % des ventes annuelles s’effectuent sur les mois de novembre et décembre. Or, le développement de la vente à emporter chez les restaurateurs ne devrait pas permettre de combler le manque à gagner.

M. R.

Que boire avec... le foie gras !

Qui dit bons produits, dit bon vin !