Epicery passe à la vitesse supérieureEpicery passe à la vitesse supérieure

Epicery passe à la vitesse supérieure

Avec la crise sanitaire, le site de e-commerce partenaire des commerçants de détail a connu un développement exponentiel. Epicery partage avec le Marché de Rungis le goût du frais et de la proximité.

Epicery passe à la vitesse supérieure 2L’année 2020 aura donné un grand coup d’accélérateur à epicery, le site de e-commerce ouvert en 2016 et permettant aux consommateurs de s’approvisionner en produits frais auprès de leurs commerçants de proximité. « En un an seulement, nous avons accueilli sur notre plateforme plus de 350 nouveaux commerçants, sur un total de 800 aujourd’hui », indique Édouard Morhange, le cofondateur de cette start-up. « Lors du premier confinement, le nombre de livraisons a été multiplié par 15 par rapport à l’année précédente », poursuit-il. « S’il y a eu une accalmie ensuite, le niveau d’activité reste très supérieur à celui d’avant la crise. » Au total, 50 000 familles ont commandé sur epicery en 2020.
La ruée des consommateurs sur les solutions de e-commerce ces derniers mois a notamment permis à la jeune entreprise d’étendre son maillage du territoire. « Outre la région parisienne, epicery couvre désormais les villes de Lyon, Bordeaux, Lille et Toulouse », précise Édouard Morhange. Un maillage du territoire qui va se poursuivre dans les prochains mois, annonce le fondateur. « Nous avons programmé des implantations dans une quarantaine de villes de plus de 50 000 habitants ou la livraison a du sens. En deçà de cette taille, nous réfléchissons à d’autres formes d’accompagnement à la digitalisation, sans livraison, mais avec du paiement à distance par exemple. »
L’accueil très favorable rencontré par epicery s’explique par la faveur donnée à la proximité, à la différence d’autres plateformes. « Nous avons conçu le service comme un prolongement des commerces, qui permette aux consommateurs d’avoir accès à une offre de produits frais et de qualité. La création de la e-boutique est
simple et rapide », indique Édouard Morhange. Concrètement, l’internaute se met en relation en quelques clics avec le commerçant de proximité de son choix (primeur, boucher, poissonnier, fromager, épicerie fine, etc.) et détermine son créneau de livraison (entre H + 1 et J + 3). « Selon la localisation, il est possible de panacher les paniers entre commerçants », précise l’entrepreneur. La livraison est assurée à pied, à vélo, en vélo-cargo, scooter électrique ou voiture électrique suivant la distance, le format et la fragilité des produits. « Les paniers, qui s’élèvent à 60 € en moyenne en province et à 70 € à Paris, répondent à des besoins quotidiens : du poulet, du steak haché, du camembert… », assure Édouard Morhange.

Des artisans renommés

Epicery passe à la vitesse supérieure 1Si epicery se développe sur l’ensemble du territoire, c’est à Paris et en banlieue parisienne que l’entreprise reste la mieux implantée, avec près des trois quarts des boutiques. Des artisans renommés ont rejoint la plateforme : la Ferme de Longchamp, le Coq Saint-Honoré, la Boucherie moderne, le Club du poisson (voir encadré), la fromagerie Taka & Vermot ou le pâtissier star Christophe Michalak. « Nous avons aussi noué des partenariats avec des marchés comme ceux d’Aligre ou des Batignolles, afin de regrouper les commandes sur une seule livraison », indique le patron de l’enseigne.
Le site ne fait pas mystère de sa proximité avec le Marché de Rungis, dont il partage la philosophie en faveur du frais et de la proximité. « Nous avons beaucoup échangé avec l’autorité du Marché lors du premier confinement afin d’aider au maintien de la chaîne alimentaire jusqu’au consommateur », souligne Édouard Morhange. « Un grand nombre de nos détaillants sont des usagers du marché et ont les grossistes pour fournisseurs », relève le fondateur, qui précise que les détaillants achetant à Rungis pourront faire apparaître leur macaron sur le site.
Stéphane Layani, le président du Marché de Rungis, est même intervenu auprès d’epicery au début de la crise, afin que la plateforme accueille des fleuristes dont les magasins physiques avaient été fermés. « Nous accueillons aujourd’hui une dizaine d’entre eux et je suis convaincu que leur nombre va progresser cette année », assure Édouard Morhange. Le site a également ouvert ses portes ces derniers mois à des traiteurs français, italiens et grecs et à une sélection de « cantines » comme le Bouillon Pigalle. « L’ambition n’est pas d’aller sur le terrain des grandes plateformes mais de proposer une restauration plus premium avec une livraison responsable ». Le projet est de sélectionner des flottes salariant leurs coursiers, avec une qualité de service supérieure.
L’e-boutique prendra-t-elle un jour la place des magasins physiques ? « Non, rien ne remplacera jamais la visite en magasin ou le passage au marché », répond le fondateur. « Mais epicery constitue une alternative à ceux qui ne peuvent se déplacer ou qui ne souhaitent pas se rendre régulièrement dans les magasins. C’est une possibilité qui entend valoriser le travail des indépendants », argumente Édouard Morhange, dont la plateforme travaille également avec les enseignes Monoprix et Naturalia. « L’e-commerce alimentaire est passé de 10 % à 15 % de part de marché pendant le confinement et à terme, devrait atteindre 25 %. C’est une perspective qu’il faut anticiper. » Bruno Carlhian

Le Club du poisson, du Carreau à la toile

Epicery passe à la vitesse supérieure 3La famille Bichard a été bien inspirée, quelques mois avant l’annonce du premier confinement, d’intégrer la plateforme epicery. « Depuis le début de la crise, c’est une activité à part entière, assez fluide, avec jusqu’à une dizaine de commandes par jour », observe Joy Gogaz, la fille de la patronne Nathalie Bichard et petite-fille du fondateur de l’enseigne, Maurice Bichard. « Nous n’étions pas cependant tout à fait novices en matière de e-commerce, explique la jeune poissonnière. Le commerce disposait déjà de son propre service de livraison et j’avais ouvert récemment des pages Facebook et Instagram. » Le Club du poisson, présent au Carreau de Neuilly-sur-Seine où il possède son atelier de cuisine et un vaste étal dessert également les marchés des Sablons à Neuilly et de Saint-Didier et Port Royal à Paris. Sur epicery, les grands classiques comme le saumon, le saumon fumé, le cabillaud et la sole sont les plus prisés, ainsi que les produits traiteurs « maison ». « On sent qu’il y a un effet apéro », sourit Joy. Le Club du poisson, qui n’achète « que du petit bateau », s’approvisionne en direct mais aussi auprès du pavillon de la marée de Rungis. « Je travaille avec Union Marée, Bassez et Cie, Muller et fils et Blanc », précise Jean-Michel Bichard, l’acheteur de la famille. Le partenariat avec epicery a permis au commerce d’élargir sa clientèle, mais aussi d’augmenter sa visibilité. « Nous avons dû demander d’élargir notre périmètre sur le site, car nous avions des demandes éloignées de notre zone de chalandise », observe Joy, convaincue qu’un nombre croissant de personnes se déplaceront moins à l’avenir pour faire leurs courses.