À Rungis, une ambitieuse politique RSEÀ Rungis, une ambitieuse politique RSE

À Rungis, une ambitieuse politique RSE

Le programme mis en place par la Semmaris
en matière de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE), pour la période 2021-2024, fixe des principes audacieux
pour parvenir à jouer un rôle proactif sur les questions sociales et environnementales. Zoom sur les différents chantiers en cours.

«Aménager et gérer durablement le Marché international de Rungis avec les opérateurs pour déployer un modèle de distribution responsable, en faveur d’une transition alimentaire durable, de la réduction des impacts environnementaux, et au service du développement des territoires », telles sont les ambitions que porte Stéphane Layani, président de la Semmaris, en matière de RSE sur le Marché. Si les jalons d’une politique durable ont été posés dès 2013, la démarche a pris un coup d’accélérateur l’an passé avec la création d’un pôle dédié au sein de la Semmaris et la nomination de Pauline Jacquemard, désormais chargée de chapeauter les différents travaux. Cette dernière travaille aujourd’hui sur trois grands axes articulés autour d’un aménagement et d’une gestion durable du Marché de Rungis aux côtés des opérateurs.

Il s’agit ainsi d’être un acteur de premier plan dans la transition vers une alimentation durable (le local, le bio, la résilience des filières, etc.), d’atteindre à terme la neutralité carbone et de préserver les ressources (eau, électricité, déchets), mais aussi d’affermir le rôle socio-économique du développement du territoire, avec des enjeux sur la qualité de vie au travail ou le cadre de vie. « Cela correspond par exemple à l’amélioration de la signalétique et de la circulation, mais aussi au développement des espaces végétalisés sur le site. On trouve aussi des enjeux liés à l’amélioration des conditions de travail. Il y a aussi d’autres volets comme le gaspillage alimentaire où nous travaillons au développement des dons aux associations », égraine-t-elle. Dans cette politique RSE qui revêt bien des aspects, les questions de formation et d’emploi occupent une place centrale, et la Rungis Académie en est le fer de lance.

Jusqu’à présent, bon nombre d’actions ont trouvé leur aboutissement. On peut citer, pêle-mêle, la création du Pavillon bio, la mise en place de bornes et d’une flotte de véhicules électriques, la valorisation des déchets et un réseau de chaleur qui s’améliore d’année en année. « C’est un moyen imparable de réduire son empreinte carbone en comparaison à un système électrique ou gaz naturel. Les déchets incinérés permettent de chauffer les bâtiments du Marché, l’aéroport d’Orly et quelques communes à proximité », se félicite la nouvelle directrice RSE de la Semmaris. Pauline Jacquemard entend également s’attaquer aux enjeux de ravitaillement du Marché. Une station GN vert a été installée au sein de Rungis, mais il s’agit d’aller plus loin avec la création de bornes électriques dédiées aux poids lourds et la conception de nouvelles stations hydrogène ; une « technologie qui va se développer en matière de mobilité douce », prédit-elle. Le fameux train des primeurs, qui relie habituellement Perpignan à Rungis, figure également au rang des principaux dossiers s’inscrivant dans la politique RSE du Marché de Rungis. Cette ligne ferroviaire permet l’économie d’un grand volume de frets par voie routière et occupe donc les préoccupations de la Semmaris, comme l’explique Stéphane Layani : « Les équipes internes sont très investies pour relancer le train et, plus largement, de développer un terminal ferroviaire permettant de mutualiser des flux que l’on trouve aujourd’hui sur la route. » Concernant les thématiques liées aux produits frais bio et locaux, là encore le Marché de Rungis n’est pas en reste. Outre la création d’un pavillon dédié, la Semmaris, qui n’a pas de levier d’action directe sur l’offre, souhaite accompagner les grossistes en lançant un label qui validera la politique RSE des différentes entreprises du Marché sensibles à cette démarche. « Un accompagnement en termes de communication et de visibilité pourrait ensuite être proposé », conclut Pauline Jacquemard. Cette dernière remarque d’ailleurs un engouement croissant de la part des grossistes sur ces différentes thématiques.

Mickaël Rolland

 

Les grands axes de la politique RSE

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Être moteur de la transition vers une alimentation durable

 

 

Préserver les ressources et viser la neutralité carbone

 

 

Accentuer le rôle de levier de développement socio-économique du territoire