La fédération des marchés de gros à l’offensiveLa fédération des marchés de gros à l’offensive

La fédération des marchés de gros à l’offensive

Les responsables de la Fédération des marchés de gros ont dévoilé le 13 février une stratégie et des actions destinées à conforter leur rôle au service de la production agricole française, des commerces de proximité et des territoires.

Nous avons la ferme volonté de donner une nouvelle impulsion aux marchés de gros », a expliqué Jean-Jacques Bolzan, président de la Fédération des marchés de gros de France (FMGF) à l’Assemblée nationale, lors d’une conférence de presse que la fédération souhaite désormais organiser annuellement pour plus de visibilité. Les états généraux de l’alimentation, dont les engagements doivent entrer en vigueur cette année, constituent une occasion de replacer les marchés de gros, structures d’intérêt général, au cœur de la politique publique, a estimé le président de la Fédération.
Les marchés de gros revendiquent en particulier leur rôle dans la valorisation des produits de l’agriculture française et leur diversité. « Les marchés de gros ont opté pour une stratégie de différenciation en matière d’offre agricole et agroalimentaire, contrairement à celle proposée par d’autres circuits qui recherchent le prix bas, a indiqué Stéphane Layani, président du marché international de Rungis et trésorier de la fédération. La variété des produits que nous proposons, mais aussi la diversité et le nombre de nos clients favorisent de meilleurs prix pour les producteurs. Nous constituons un système additif, et non soustractif », a-t-il insisté, en plein débat sur le caractère destructeur de certaines promotions.
À propos des velléités de création de plates-formes d’approvisionnement des villes par des agriculteurs et financées par les collectivités locales, Stéphane Layani a estimé « qu’il existait déjà une solution. Cela s’appelle tout simplement le marché de gros ou le marché d’intérêt national. Si des producteurs agricoles souhaitent vendre leurs produits aux professionnels, nous sommes prêts à les accueillir dans nos structures », a-t-il insisté. Les responsables de la fédération ont fait valoir ces arguments auprès du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, début février. Celui-ci a montré son intérêt en s’engageant à organiser les deux « comités de suivi » des états généraux de l’alimentation sur les marchés de gros.

Les marchés, ce sont leurs clients qui en parlent le mieux

Les 24 marchés du réseau savent pouvoir compter dans leur combat sur le soutien inconditionnel de leurs nombreux et fidèles clients. Sandrine Choux, déléguée générale de la fédération UNFD, a insisté « sur le rôle structurant » des marchés de gros pour l’activité des détaillants en fruits et légumes. Éric Lepêcheur, président de Restau’Co, dont les adhérents fournissent chaque année 3,6 milliards de repas en restauration collective, s’est quant à lui félicité du dynamisme des marchés de gros « que nous avons vocation à soutenir ». Enfin Didier Chenet, président du GNI-Synhorcat, le principal syndicat de l’hôtellerie-restauration, a salué « l’esprit de filière » véhiculé par les marchés de gros et insisté sur l’intérêt des consommateurs pour la promotion de l’origine des produits. Une unanimité sur laquelle la fédération compte capitaliser. La FMGF va proposer, avec la confédération générale de l’alimentation de détail (CGAD) et la confédération du commerce de gros et international (CGI) une « charte d’engagement » réunissant les organisations agricoles, les interprofessions et la restauration commerciale et collective.
Forts de ces soutiens, Jean-Jacques Bolzan et son équipe entendent poursuivre cette année leur travail de pédagogie auprès des collectivités locales, et notamment des départements et des régions, « qui s’impliquent de plus en plus en faveur d’une distribution alimentaire de proximité, a relevé le président de la FMGF. « Nous sommes tout disposés à travailler en réseau dans le cadre des plans (ou projets, NDLR) alimentaires territoriaux, avec les acteurs de l’amont et de l’aval, et de les réunir sur les différents marchés de gros. Toutes les questions sont ouvertes, depuis l’organisation du ramassage de la production dans les bassins agricoles jusqu’à la desserte des centres-villes », a-t-il indiqué.
Le président de la fédération entend mettre lui-même la main à la pâte. « Début avril, j’ai prévu d’aller avec Maguelone Pontier, la directrice du MIN de Toulouse, à la rencontre des différentes filières agricoles du département du Gers, afin de les sensibiliser au rôle positif que jouent les marchés de gros dans la distribution de leurs produits », a indiqué le membre du comité de pilotage du Grand Marché Toulouse Occitanie et maire adjoint au commerce, à l’artisanat à Toulouse. Ces rencontres seront étendues à d’autres départements et régions dans les mois qui viennent, a-t-il promis.

Bruno Carlhian