Manutention et Logistique : les clés de la réussiteManutention et Logistique : les clés de la réussite
Par Claire Debreuil

Manutention et Logistique

les clés de la réussite

Le coût de la logistique peut représenter aujourd’hui jusqu’à 20% à 25% du prix de vente d’un produit et le coût de détention annuel du stock peut être égal à 20% de sa valeur. La chaîne logistique est donc un élément déterminant dans le résultat et la rentabilité de l’entreprise.

La chaîne logistique : un enjeu majeur

L’optimisation des fonctions liées au stockage et à la distribution implique une réflexion globale autour des éléments suivants :

Quel que soit le domaine d’activité (alimentaire, industrie, distribution, santé, transports, ..) la performance de l’entreprise a une influence sur la satisfaction de ses clients et sur ses résultats. Une stratégie logistique pertinente  permettra d’établir les synergies nécessaires avec des partenaires éloignés : une approche particulièrement efficace où aujourd’hui, tout doit aller très vite.

L’un des facteurs majeurs d’optimisation et de  mutation de l’organisation logistique des entreprises est l’utilisation croissante des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) qui conduit au développement de nouvelles organisations logistiques et modifie en profondeur l’organisation des entreprises (achats, production, stockage, distribution).
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement de fond lié à des causes multiples telles que l’évolution des produits fabriqués, la tendance des entreprises à externaliser les activités qui n’appartiennent pas à leur « cœur de métier » et les exigences croissantes des consommateurs en matière de délais et de qualité de service.

Des sociétés spécialisées ont réalisé des logiciels spécifiques pour calculer les meilleures configurations logistiques. Les entreprises ne sont pas dans l’obligation d’acquérir les outils et peuvent faire réaliser  une étude d’optimisation qui leur permettra de faire des gains non négligeables. Les évolutions récentes du coût du pétrole renforcent la nécessité de procéder assez régulièrement (au moins une fois l’an) à une démarche de ce type. Le coût de l’étude est très souvent faible en regard des économies et des améliorations apportées.

 

Une Supply Chain réussie

Pour que la distribution fonctionne au mieux, il faut agir sur quatre critères :

 

Le point clé, l’entrepôt

Il est bien plus aisé d’optimiser un entrepôt spécialisé sur un produit unique avec des quantités expédiées très importantes, plutôt qu’un entrepôt stockant par exemple cinquante mille  références, de dimensions très hétérogènes ! Il faut donc dès le départ anticiper ces moyens de stockage qui doivent être spécifiques aux différents types de familles logistiques (palettier classique, palettier dynamique, étagères, casiers,  bacs,  tiroirs….). L’optimisation d’un entrepôt peut aussi être effectuée grâce à des projets menés bien en amont de la chaîne logistique. Le Supply Chain management, concept récent, permet d’apporter une vision plus globale de la chaîne logistique, de bout en bout. Cette anticipation permet notamment d’éviter d’avoir des pics de charge, déstabilisant complètement le fonctionnement de l’entrepôt. Cette analyse permet également d’éviter les actions menées bien en amont de l’entrepôt sans en avoir mesuré les conséquences : par exemple, de nouveaux conditionnements des produits qui ne sont pas des sous-multiples de la palette. Cela engendre une grande instabilité des palettes, des risques de perte, des produits endommagés et des temps de préparation plus importants.

Manutention et Logistique : les clés de la réussite

« Goods to Man »

Les marchandises vont à l’homme et non l’inverse. Ce concept repose sur un déplacement des articles vers les zones de préparation. Le second « Mans to goods » repose sur un déplacement des hommes vers les articles. Dans la pratique, deux systèmes peuvent être mis en place :

 

L’homme, capital humain clé

Le constat est sévère : un salarié sur dix est victime d’un accident de travail avec arrêt, immobilisant 3% des effectifs sur l’année. Les manutentions manuelles sont à l’origine de 50% de ces accidents et 90% des maladies professionnelles, les préparateurs de commandes étant particulièrement touchés. Outre un absentéisme important, la profession logistique  rencontre des difficultés de recrutement liées à la pénibilité du travail et à la précarité des emplois.

Depuis 2010, la pénibilité est caractérisée par deux conditions cumulatives (L4121-3-1 et D4121-5 du Code du Travail) :

Pour chaque travailleur exposé à un ou plusieurs facteurs de pénibilité, l’employeur consigne dans une fiche les conditions de cette exposition.

Pour lutter contre ce « fléau », l‘entreprise doit procéder à une évaluation de la pénibilité de ses postes et réfléchir à mettre en place des solutions alternatives ,telles que la manutention des palettes qui peut être supprimée par la mise en place de dispositifs du type distributeurs de palettes mobiles ou fixes, chariots élévateurs, distributeur de palettes, sol égalisé pour le poussé/tiré des rolls, … Au-delà des mesures techniques nécessaires pour réduire les manutentions manuelles, il est possible d’apporter des améliorations organisationnelles : suppression des reprises de charges, diminution des circuits d’approvisionnement et d’évacuation des palettes, réflexion sur les implantations des produits et flux de circulation…

 Il faut savoir que la hauteur de prise devient pénalisante :

La profondeur de prise (distance entre le corps et la zone de préhension de la charge) devient pénalisante au-delà de 0,40 m et critique au-delà de 0,80 m.

L’industrie agro-alimentaire concentre la plus importante part d’effectifs exposés (11% contre 2% dans l’industrie verrière par exemple) et recèle également les plus forts volumes manutentionnés (jusqu’à 30 tonnes portées par salarié et par jour dans des cas extrêmes).

 

Manutention et Logistique : les clés de la réussite 2

Productivité, compétitivité, maîtrise des coûts, délais, qualité…

Une optimisation de la chaîne logistique peut permettre non seulement d’améliorer la performance économique et écologique mais aussi être bien souvent une source de gains de productivité et d’efficacité pour les entreprises concernées. Il s’agit d’optimiser tous les composants de la supply chain  qui permettent à une entreprise de gérer efficacement le cycle qui conduit de la conception à la commande et à la livraison. Un seul objectif : livrer aux clients, en temps et en heure, des produits de qualité au meilleur prix.

Automatisation et Robotisation

La France est loin d’être en avance sur ce sujet car les bâtiments de stockage sont souvent beaucoup plus longs que hauts, faible valeur du foncier expliquant cela, alliée à nos habitudes culturelles. Alors aujourd’hui, c’est encore un  peu la guerre entre chariot et transtockeur, le premier étant plébiscité pour sa souplesse, sa capacité à  s’adapter facilement à toute modification de l’entrepôt et un faible cout, principalement dans des entrepôts aux allées larges, qui utilisent du matériel standard. Mais force est de reconnaître que le second dispose lui aussi de nombreux atouts grâce à sa productivité et son flux horaire supérieur, puisqu’il travaille 24 heures sur 24, qu’il est fiable, ne ressent ni le chaud ni le froid, ignore les accrochages et permet une vision du stock en temps réel, grâce à une solution informatique sophistiquée.  Il est en revanche beaucoup plus couteux, le retour sur investissement prend entre six et sept ans et il n’est (mais jusqu’à quand ?) pas encore très à l’aise avec les conditionnements non standardisés.

De toute façon, la nouvelle révolution arrive avec les objets connectés. Si les géants de le-commerce ont déjà des robots qui s’agitent dans toutes les allées et courent de rayonnage en rayonnage, ces derniers risquent d’être remplacés par des drônes intérieurs d’inventaire, capables de voir, de lire et de compter, des tablettes et des vêtements de travail  connectés. La « cobotisation », alliance entre l’homme et le robot, arrive à grand pas comme ce « chariot toutou»  qui est capable de suivre le préparateur de commandes, et de se déplacer dans son environnement, grâce à un système détection au laser. Le chariot suit le cariste comme son ombre malgré la présence d’autres caristes dans les parages, celui-ci disposant tout de même d’un brassard par lequel il peut communiquer avec son chariot et lui demander de le suivre de plus ou moins près ou de s’arrêter pour prendre une pause. Durant ses déplacements, cette machine « autonome » sait faire la différence entre un obstacle statique et un obstacle mobile, sait les contourner seul, cède le passage aux autres chariots lorsqu’il traverse un couloir et sait ensuite rattraper son cariste rapidement mais sans à-coups. Ou bien ce système d’ouverture et de découpe automatique de caisse pour faciliter la prise manuelle des produits et réduire ainsi les risques de troubles musco-squelettiques (TMS) et de coupures ou ce châssis modulaire et transportable utilisant un bras robotisé équipé d’options et d’outils de préhension et qui peut fonctionner en mode collaboratif avec des opérateurs (cobotisation) pour des opérations de remplissage de présentoirs.

 

Une femme commande sa chaîne logistique sur une tablette

 

Stockage « Eco Friendly »

Nom de code : ICPE 1510. La nomenclature  des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) constitue le socle de la réglementation qui régit les exploitations industrielles au niveau national en France. Les entrepôts sont donc soumis à des normes environnementales, à respecter, selon leur classification, leurs surfaces et les matières entreposées. En matière d’engagements environnementaux, les lois du Grenelle rappellent que le bâtiment doit s’affranchir de sa dépendance énergétique et adopter une approche durable de la conception à la gestion. Sur ce principe, rénover le parc ancien selon ces critères d’excellence présente de nombreux avantages, même si le coût est élevé. Comme les BEPOS (bâtiments à énergie positive) en matière d’habitation qui seront obligatoirement construits à l’horizon 2020, les entrepôts doivent eux aussi faire peau neuve et devenir moins énergivores, conformes aux normes BREEAM et BBC.