Les grossistes au cœur des systèmes alimentaires

Egalim, état des lieux de la consommation, logistique urbaine : le programme de la Convention nationale de l’UNCGFL qui s’est tenue à Biarritz du 15 au 17 octobre était dense. Le rendez-vous a aussi été marqué par la joie des retrouvailles.

C’est dans le cadre des Halles de Biarritz que les quelque 200 participants à la Convention de l’Union nationale du commerce de gros en  fruits et légumes (UNCGFL) se sont retrouvés la veille de l’ouverture des travaux. Cela faisait près de trois ans que les grossistes ne s’étaient pas revus, la dernière Convention s’étant tenue en avril 2019 à Saint-Pétersbourg (Russie). Alors, les congressistes avaient des choses à se dire, des souvenirs à évoquer, des projets à raconter. Le lendemain, les travaux ont démarré par les traditionnels ateliers « carreau » et Gasc. Les grossistes sur carreau se sont intéressés notamment à la situation des marchés de gros en France. Vice-président de l’Union en charge du collège carreau et grossiste à Rungis, Jérôme Desmettre a rendu compte de la visite des différents marchés, dont de nombreux ont été rénovés, ou sont en cours de restructurations. Dans chaque marché de gros, les grossistes sont invités à prendre toute leur place, à se faire connaître et identifier par les pouvoirs publics. Président de la Fédération des marchés de gros de France, Jean-Jacques Bolzan a par ailleurs insisté sur le « rôle primordial des marchés de gros déjà implantés en bordure de métropole pour irriguer les centres-villes et effectuer de la redistribution alimentaire ». L’atelier dédié aux grossistes à service complet (Gasc), animé par Jean-Christophe Gras, vice-président de l’Union en charge de ce collège, s’est concentré sur les modalités de la prochaine mise en œuvre (le 1er janvier  2022) d’une mesure phare de la loi Egalim : il faudra servir 50 % de produits durables ou sous signes d’origine et de qualité (dont 20 % de produits bio) dans la restauration collective. Les représentants de ces établissements de restauration collective étaient présents pour dialoguer avec les grossistes sur ce sujet. Sylvie Dauriat, présidente de Restau’Co, et Philippe Pont-Nourat, président du SNRC, s’accordent à dire que l’objectif ne sera pas atteint tout de suite. Car si certaines structures sont déjà à 35 % de produits « Egalim », d’autres en sont très loin : 6 % pour les hôpitaux, 5 % pour le médico-social. Mais « l’essentiel est de montrer que l’on est en mouvement », ajoute Sylvie Dauriat.

Les tendances de la consommation ont été abordées ensuite par les deux ateliers réunis. Il en ressort que, si les fruits et légumes frais ont une bonne image, la consommation se développe modérément. L’objectif de cinq portions de fruits et légumes frais par jour est encore loin d’être atteint.

Enfin, l’assemblée plénière s’est attachée à faire le point sur les travaux concernant la logistique urbaine durable. Dans de nombreuses agglomérations, la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE) vient perturber, voire contrarier les schémas de livraison. Un rapport sur ce sujet a été présenté récemment. « On se doit de réagir, a conclu Didier Marques, président de l’UNCGFL. Nous avons déjà des compétences avec les Gasc qui sont des logisticiens sur tous les territoires urbains et ruraux. Ils sont déjà dans le verdissement, dans la logistique urbaine. Nous avons un modèle vertueux. Que l’on ne vienne pas nous apprendre à faire notre métier. »

            Olivier Masbou

Remise au Gouvernement du rapport « Logistique urbaine durable »

À l’occasion du 2e comité interministériel de la logistique (CILOG) qui s’est tenu le 21 octobre, Jean-Jacques Bolzan, président de la Fédération des marchés de gros de France, Anne-Marie Jean, présidente du port autonome de Strasbourg et membre du CA du MIN de Strasbourg, et Anne-Marie Idrac, présidente de France Logistique, ont remis le rapport commandé par le Gouvernement sur la logistique urbaine durable.

« La logistique urbaine est un enjeu majeur de chaque territoire qui doit s’articuler autour du partage des bonnes pratiques des différents acteurs et de leur mobilisation collective. Le GART est missionné à cet effet pour renforcer cette capacité d’échange et  de mobilisation entre les professionnels et les autorités locales. Les MIN, pour la première fois, ont été reconnus comme les acteurs incontournables de la logistique alimentaire, du premier mètre au dernier kilomètre », a déclaré Jean-Jacques Bolzan à cette occasion. Dans ses conclusions, le rapport préconise de renforcer l’implication des collectivités locales. Les élus sont invités à placer la logistique au cœur de la gouvernance locale ; d’agir sur l’aménagement et le foncier, pour rapprocher le stockage des lieux de consommation ; et enfin de faciliter les conditions de livraison (en agissant sur la circulation et le stationnement). Pour sa part, l’État est invité notamment à mettre en place un observatoire national de la logistique urbaine ; et à installer en lien avec les collectivités, des conférences logistiques territoriales.