Le bouton d'orLe bouton d'or

Le bouton d’or

ne peut pas plaire à tout le monde

Redouté par les agriculteurs et adoré des enfants !

On savait la nature capricieuse. On découvre qu’elle est également facétieuse. Il faut en effet une sacrée dose de malice pour donner le joli nom de bouton d’or à une variété de renoncule vivace et résistante qui exaspère le jardinier parce qu’elle prolifère comme une mauvaise herbe au pied de ses rosiers. Quant au paysan, il n’apprécie pas davantage ces petites fleurs jaunes, car il sait que les ranunculus repens et les ranunculus acris qui pullulent dans les prairies secrètent une substance toxique, l’anémonine particulièrement indigeste. Les vaches ne s’y trompent pas et évitent soigneusement de brouter le bouton d’or, parfois appelés « gobelet du diable » pour sa propriété toxique.

Avec l’innocence qui les caractérise, les enfants font fi de cette toxicité et n’hésitent pas à placer une fleur jaune sous le menton de leurs amis en s’exclamant « tu aimes le beurre ! » s’ils voient des reflets jaunes. Des physiciens et des botanistes de Cambridge ont découvert que l’exceptionnel rayonnement de cette fleur serait dû à la structure des pétales, formés de deux couches plates séparées par une fine couche d’air. C’est ce qui donnerait au bouton d’or un éclat qui attire les insectes pollinisateurs. Et c’est ainsi que la nature, non contente d’être capricieuse et facétieuse, devient également séductrice !