La mâche : hausse des coûts de productionLa mâche : hausse des coûts de production

La mâche : hausse des coûts de production

Le bannissement du métam-sodium fait grincer des dents les producteurs de mâche français. Ces derniers ont vu leurs coûts de production augmenter et doivent embaucher pour venir à bout des mauvaises herbes. Ils réclament ainsi une hausse des prix du kilo de mâche.

Le métam-sodium, un pesticide utilisé par de nombreux maraîchers français et, notamment, des producteurs du bassin nantais (à l’origine de 85 % des 35 000 tonnes de mâche produites chaque année dans l’Hexagone), est interdit depuis octobre 2018. Le métam-sodium est l’un de ces phytosanitaires liquides qui, lorsqu’ils rencontrent la terre, se décomposent en gaz et permettent aux maraîchers de « nettoyer » leurs sols. Le produit dégage en effet du soufre ainsi que du CO2 et agit comme herbicide, fongicide et pesticide, en étouffant les mauvaises herbes. On utilisait le métam-sodium pour les semis de mâches, mais aussi pour les fraises et autres fruits et légumes. Le département de Loire-Atlantique en était ainsi le plus gros consommateur. Problème : son interdiction a entraîné un important surcoût de production pour les maraîchers du bassin nantais.

À l’accoutumée, deux ou trois employés suffisent aux exploitants pour ramasser la mâche. Mais sur une zone du bassin nantais comprenant 130 hectares de parcelles exploitées par Bertrand Redureau et un pack d’associés, il a fallu embaucher une dizaine de personnes pour venir à bout des mauvaises herbes qui envahissent les plantations de mâche peu de temps avant que la récolte ne débute. La quête de bras supplémentaires représente logiquement un surcoût important pour les différents exploitants. Avec la fin du métam-sodium, qui pulvérisait les végétaux indésirables et endiguait les différentes maladies des sols avant les semis, les producteurs expliquent que le coût de production a grimpé de 30 ou 40 %. « On ne pourra pas continuer à produire autant sans revalorisation du prix. La barquette vendue 99 centimes, ce n’est plus tenable. Il faudrait une augmentation de 20 centimes, ce qui resterait raisonnable pour le consommateur », a confié Philippe Retière, président de la Fédération des maraîchers nantais, à un média local.

Si les producteurs sont à la peine, la mâche française, et plus particulièrement celle du bassin nantais, qui bénéficie d’une IGP, demeure d’excellente qualité cette année. Avant d’offrir son vert tendre, son goût unique et son croquant, elle a bénéficié d’un savoir-faire ancestral. De la plantation en pleins champs jusqu’aux assiettes, la mâche suit un parcours où producteurs, agronomes et distributeurs sont associés et contraints de respecter un cahier des charges ne laissant pas de place à l’approximation. En plein champ, les graines de mâche sont plantées dans du sable et placées sous des tunnels. Le sable présente l’avantage de maintenir la graine au sol, mais aussi de réchauffer les racines, tout en facilitant la récolte.
Les producteurs « cueillent » la précieuse salade entre trente et quatre-vingt-dix jours après les semis, selon la clémence du climat. Sous serres (les fameuses chapelles), la récolte se fait de la même façon que pour la mâche de pleine terre. Le légume bénéficie en outre d’un système d’irrigation pour compenser les aléas
de la météo et assurer une hygrométrie optimale.

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